Des soldats loyalistes prenant position dans la province de Marib. Reuters
Les forces progouvernementales yéménites et des troupes de la coalition arabe ont progressé hier face aux rebelles chiites pro-iraniens dans le centre du pays, au troisième jour de leur offensive destinée à reconquérir la capitale Sanaa.
Ainsi, des troupes au sol soutenues par des raids aériens de la coalition ont repris deux collines stratégiques autour de Sirwah, place forte des rebelles houthis sur la route de Sanaa, dans la province de Marib, selon des responsables militaires loyalistes. « Nous avons délogé les houthis de ces collines et nous avons pu pénétrer à al-Zour », une position située à quelque 8 km de Sirwah, a déclaré à l'AFP le capitaine Zaid al-Qaïsi. « Des forces terrestres de la coalition, notamment des Émirats arabes unis mais aussi d'Arabie saoudite, participent à l'offensive », a-t-il assuré. Elles « procèdent à des opérations de déminage, ouvrant la voie à nos forces qui poursuivent leur progression vers Sirwah », a précisé le capitaine yéménite.
Des colonnes de fumée s'élevaient de collines bombardées par intermittence par des avions de combat de la coalition et pilonnées à l'artillerie par les forces progouvernementales, a rapporté un correspondant de l'AFP. Une source militaire a fait état d'au moins 15 morts parmi les rebelles chiites et leurs alliés, des militaires restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.
Sur un autre front au sud-ouest de la ville de Marib, de violents affrontements opposaient les forces loyales au président en exil Abd Rabbo Mansour Hadi aux rebelles qui tiennent des positions notamment autour d'un barrage hydraulique, selon des sources militaires.
Cette offensive a pour objectif de mettre fin à un conflit au bilan humain de plus en plus lourd puisqu'il a fait 30 morts et 185 blessés par jour en moyenne depuis le début en mars de l'intervention de la coalition, selon des nouveaux chiffres de l'Onu. Au total, 21 des 25 millions d'habitants du pays sont directement affectés par la guerre au Yémen où « la destruction des infrastructures civiles, comme les hôpitaux, mosquées et écoles, continue sans répit », indique le Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha). « Le nombre de victimes est probablement beaucoup plus élevé que rapporté » en raison de la fermeture de nombreux services de santé pour les répertorier, précise l'agence de l'Onu.

