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Liban - Les Archives Racontent...

Les faits du jour

Dans « L'Orient » du 14 septembre 1926

Scènes de la vie du Sérail
Faisons une irruption dans l'âme et le cabinet de M. Charles Debbas, président de la République libanaise. Mais faisons une irruption rétrospective : choisissons un instant dramatique. Le secrétaire du président vient de poser sur le bureau de Son Excellence un projet de décret confiant à Sélim Tacla, ex-directeur de l'Intérieur, l'intérim des services économiques. Le secrétaire (...) se retire, comme dans une pièce classique, avec l'air de s'évaporer.
Maintenant, le chef de l'État est seul. Nous savons aussi que le premier instant d'une solitude présidentielle est consacré au rituel renversement du buste sur le fauteuil à rotule. Le regard suit, vagabond, un dessin du tapis, se heurte (...) à la frange d'un fauteuil caduc, essaie en vain de glisser, s'obstine, renonce et soudain (...) rejoint le plafond par une perpendiculaire. Mais de là, il est aussitôt réfléchi (...), il rebondit doucement en arrière et vient se poser sur le document. « Arrêté personnel. » Alors, un choc : le réveil. (...)
Or, le choc a produit ceci : un dédoublement. Le président Debbas n'est plus seul. Un autre a surgi. Le président, pâlissant, l'a reconnu. Car cet autre n'est autre que M. Charles Debbas, ancien directeur de la Justice. Le dialogue s'engage. Pour notre commodité, nous appellerons Charles l'ancien directeur de la Justice et réserverons Debbas à M. Debbas.
Charles : Pourquoi ne signes-tu pas ? La proposition n'est-elle pas régulière ? (...)
Debbas : Elle est régulière. Je réfléchis. Il fait chaud.
Charles : (...) Voilà quatre mois que tu réfléchis et que tu as chaud. (...)
Debbas : Mais enfin qu'attendez-vous de moi (...) ?
Charles (familier et déjà sarcastique) : Je viens simplement rappeler à Ton Excellence que le môme Sélim, ton ex-collègue de l'Intérieur, se trouve toujours sans emploi. (...) Tu as contracté une dette (...) : qu'attends-tu pour payer ? (...)
Debbas : (...) Que me conseilles-tu ? (...)
Charles : (...) C'est si commode d'approuver...
Debbas : Alors, tu crois ?
Charles. Je crois. (Il lui tend le papier et, doucement, impératif) : Allons, signe, mon Président !...
(Dans le silence, une plume grince, deux secondes. Charles a triomphé.)

Scènes de la vie du SérailFaisons une irruption dans l'âme et le cabinet de M. Charles Debbas, président de la République libanaise. Mais faisons une irruption rétrospective : choisissons un instant dramatique. Le secrétaire du président vient de poser sur le bureau de Son Excellence un projet de décret confiant à Sélim Tacla, ex-directeur de l'Intérieur, l'intérim des services économiques. Le secrétaire (...) se retire, comme dans une pièce classique, avec l'air de s'évaporer.Maintenant, le chef de l'État est seul. Nous savons aussi que le premier instant d'une solitude présidentielle est consacré au rituel renversement du buste sur le fauteuil à rotule. Le regard suit, vagabond, un dessin du tapis, se heurte (...) à la frange d'un fauteuil caduc, essaie en vain de glisser, s'obstine, renonce et soudain (...)...
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Déjà, en ce temps-là, le népotisme et le favoritisme ?

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

07 h 57, le 14 septembre 2015

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Commentaires (1)

  • Déjà, en ce temps-là, le népotisme et le favoritisme ?

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 57, le 14 septembre 2015

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