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Moyen Orient et Monde - Espace Schengen

L’Allemagne réintroduit des contrôles frontaliers

Le ministre des Transports, Alexander Dobrindt, a dénoncé hier « l'échec complet » de l'UE à contrôler ses frontières extérieures face à l'afflux des demandeurs d'asile et réclamé des mesures « efficaces ».

L'Allemagne a décidé, hier, de réintroduire des contrôles à ses frontières pour « contenir » l'afflux de réfugiés qu'elle affirme ne plus être en mesure d'accueillir, après leur avoir ouvert grandes ses portes. Cette décision est intervenue à la veille d'une rencontre à Bruxelles des ministres de l'Intérieur des 28 pays sur la question hypersensible de la répartition des réfugiés entre pays membres voulue par l'Allemagne et la Commission, qui exhorte les pays européens à se répartir l'accueil de 160 000 réfugiés au total.
« L'Allemagne introduit provisoirement des contrôles à ses frontières, en particulier avec l'Autriche », a déclaré à la presse le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, à Berlin. Ces deux pays appartiennent à l'espace Schengen qui fonctionne comme un espace unique sans contrôle obligatoire des frontières internes. Les demandeurs d'asile doivent comprendre « qu'ils ne peuvent se choisir les États où ils chercheront protection », a encore dit le ministre allemand, alors que son pays attend un record de 800 000 demandeurs d'asile cette année.

« Valeurs de l'UE »
L'annonce de Berlin marque un net durcissement de la position allemande, qui avait décidé fin août de faire une entorse aux règles européennes au profit notamment des Syriens fuyant la guerre et qui, entrés illégalement, n'ont plus été renvoyés dans leur pays d'arrivée dans l'UE. Le ministre allemand des Transports, Alexander Dobrindt, a d'ailleurs dénoncé hier « l'échec complet » de l'Union européenne à contrôler ses frontières extérieures face à l'afflux des migrants. « Des mesures efficaces sont à présent nécessaires pour stopper l'afflux » face à « l'échec complet de l'UE », dont « la protection des frontières extérieures ne fonctionne plus », a-t-il écrit dans un communiqué. Selon lui, les « limites de capacité » d'accueil de l'Allemagne « sont atteintes » et « ce signal doit être compris sans ambiguité » par les autres pays européens, a-t-il ajouté. « L'Allemagne aide sur la question des réfugiés depuis des mois et avec une ampleur bien plus grande que tous les autres pays européens », a-t-il regretté. La principale porte d'entrée en Allemagne, Munich, arrive à saturation, avec 63 000 réfugiés arrivés en deux semaines par les Balkans et l'Europe centrale. La capitale de la Bavière est à « l'extrême limite » de ses capacités d'accueil, selon les autorités locales : quelque 13 000 nouvelles personnes sont arrivées samedi, soit autant que le record de la semaine précédente pour une seule journée. Ce week-end, quelques dizaines de demandeurs d'asile ont dû dormir dehors sur des matelas isothermes et avec des couvertures, faute de place dans les centres. Les autorités locales envisageaient de réquisitionner le stade olympique de la métropole, où ont eu lieu les JO d'été de 1972, pour des hébergements.
Réagissant au durcissement de la position de Berlin, la Commission européenne a jugé que cette annonce « soulignait l'urgence » de parvenir à un plan européen de répartition des nouveaux arrivants. À l'instar de la plupart des pays de l'Est de l'Europe, la Slovaquie a réitéré hier son opposition à un tel système, assurant qu'elle allait « faire tout (...) pour convaincre l'Europe que les quotas sont un non-sens ».
Après l'Autriche samedi, la France a fustigé la décision de la Hongrie de fermer sa frontière. « Avec ses barbelés, la Hongrie se met clairement hors des valeurs de l'Union européenne. Les valeurs de l'UE, ce n'est pas de dresser des murs, ce n'est pas d'ériger des barbelés », a lancé le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Harlem Désir. Des milliers de migrants rejoignent actuellement ce pays en train en passant par l'Autriche. La compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB a donc annoncé une suspension du trafic ferroviaire avec l'Allemagne. La République tchèque a elle aussi annoncé le renforcement des contrôles à sa frontière avec l'Autriche.
Le flux de migrants ne se tarit pas et continue de susciter des drames aux portes de l'Europe : trente-quatre personnes, dont quatre bébés et onze enfants, sont encore morts noyés, hier, en Méditerranée, dans le naufrage de leur embarcation surchargée au large de l'île grecque de Farmakonis, située à 15 km des côtes turques. Près de 70 personnes ont pu être secourues, et 30 autres ont réussi à nager jusqu'à la côte de cette île du sud-est de la mer Égée, ont précisé les gardes-côtes.

(Source : AFP)

L'Allemagne a décidé, hier, de réintroduire des contrôles à ses frontières pour « contenir » l'afflux de réfugiés qu'elle affirme ne plus être en mesure d'accueillir, après leur avoir ouvert grandes ses portes. Cette décision est intervenue à la veille d'une rencontre à Bruxelles des ministres de l'Intérieur des 28 pays sur la question hypersensible de la répartition des réfugiés entre pays membres voulue par l'Allemagne et la Commission, qui exhorte les pays européens à se répartir l'accueil de 160 000 réfugiés au total.« L'Allemagne introduit provisoirement des contrôles à ses frontières, en particulier avec l'Autriche », a déclaré à la presse le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, à Berlin. Ces deux pays appartiennent à l'espace Schengen qui fonctionne comme un espace unique...
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