Certains des participants à la première séance du nouveau round de dialogue sous l'égide du président de la Chambre, Nabih Berry, mettent en évidence les points positifs de la réunion, en dépit de son absence de résultats pratiques à même de pousser vers un début de solution à la crise présidentielle. Les points positifs sont bien plus nombreux que les points négatifs, soulignent ces participants, et le dialogue vaut mieux que toutes les ruptures.
À cet égard, le vice-président de la Chambre, Farid Makari, indique que la participation de son camp au dialogue découle d'une position de principe selon laquelle le dialogue reste la seule solution pour résoudre les conflits.
De son côté, M. Berry effectue devant ses hôtes un récapitulatif des résultats de cette première séance, soulignant qu'il existe une volonté commune chez tous les participants de dialoguer, de trouver une solution à la question des déchets et de discuter du dossier présidentiel. Pour M. Berry, ces trois premiers points, ainsi que la séance exceptionnelle du Conseil des ministres qui a permis l'adoption du plan Chehayeb sont à mettre sur le compte de la reprise du dialogue national. En dépit du fait que toutes les parties sont convaincues qu'il n'existe aucune perspective de solution pour donner des résultats concrets concernant l'élection d'un président de la République, toutes souhaitent poursuivre le dialogue. D'une part, parce qu'il sanctuarise la scène locale et consolide la stabilité politique et sécuritaire, et, de l'autre, parce qu'il retire les dossiers sociaux de la rue et les replace sur le chemin de l'institutionnalisation, notamment après la dernière série de manifestations. C'est pour cela d'ailleurs qu'il aurait reçu la bénédiction de la communauté internationale.
Selon des participants au dialogue, l'ordre du jour fixé par le président de la Chambre sera respecté. Il comporte sept clauses, la première étant la présidence de la République. Ces participants assurent que les parties au dialogue ne commenceront à discuter du second point, en l'occurrence la redynamisation de la Chambre, qu'après en avoir fini du dossier présidentiel. C'est d'ailleurs ce qu'avait déjà affirmé M. Berry devant ses hôtes. Ils soulignent que, parmi les points positifs apparus au cours de la première séance, figure la volonté des participants de discuter de la problématique des déchets, bien qu'elle ne soit pas à l'ordre du jour prévu par le président de la Chambre. La table de dialogue a ainsi assuré une couverture politique pour trouver une solution au problème, couverture qui faisait défaut jusqu'à présent au Conseil des ministres.
L'allocution prononcée par le représentant du Hezbollah, le député Mohammad Raad, a par ailleurs retenu l'attention de certains observateurs. Ce dernier y a proclamé l'attachement du Hezbollah à l'accord de Taëf, à la Constitution, aux lois et aux institutions, balayant d'un revers de la main les accusations dirigées par le 14 Mars à l'encontre du parti chiite concernant sa volonté de provoquer la chute de la formule politique libanaise. Le chef du bloc parlementaire a accusé, dans son intervention, le camp adverse de ne pas respecter Taëf et d'appliquer la Constitution de manière unilatérale, rappelant l'exemple du cabinet « illégitime » dirigé par Fouad Siniora en 2006, en l'absence du tandem chiite Amal-Hezbollah, en violation du préambule de la Constitution. M. Raad a également renouvelé son soutien à la candidature du général Michel Aoun à la présidence de la République si l'élection doit avoir lieu aujourd'hui, parce que le parti n'est pas prêt à discuter de cette question.
Le 14 Mars a estimé que l'allocution du député du Hezbollah était positive dans son ensemble, et pouvait constituer un point de départ pour le dialogue, d'autant qu'elle ne comportait aucune volonté manifeste d'aller vers la répartition par tiers ou vers une Assemblée constituante. Pour plus d'une partie au sein de la coalition souverainiste, les propos de M. Raad reflètent le changement qui se produit actuellement à l'échelle régionale. Il n'empêche que plusieurs des pôles du 14 Mars ont répondu aux critiques formulées par le député, évoquant notamment le rôle du mini-État du Hezbollah dans le torpillage de l'édification de l'État. Parmi les critiques du chef du bloc parlementaire du Hezbollah, la réponse la plus dure est venue du chef du bloc parlementaire du Futur, le député et ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui a réclamé l'élection sans plus tarder d'un nouveau président de la République.
Pour résumer la première séance, un pôle du 14 Mars estime que le Hezbollah a montré qu'il n'était pas prêt à débloquer la présidentielle, pour l'heure, et ouvrir le débat sur la recherche d'un candidat de compromis. En attendant l'heure du règlement régional, le Hezbollah continuera donc d'appuyer la candidature du général Aoun, sans lâcher du lest. D'où l'importance du dialogue, pour accompagner la solution régionale à venir, sans trop de turbulences.
Pour mémoire
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De son côté, M. Berry effectue devant ses hôtes un récapitulatif des résultats de cette première séance, soulignant qu'il existe une volonté...


OÙ SONT T-ILS CES PERCÉES POSITIVES ? RAAD RENOUVELLE SON SOUTIEN À AOUN À LA PRÉSIDENCE ET N'EST PAS PRÊT À DISCUTER DE CETTE QUESTION. !
13 h 32, le 12 septembre 2015