Liban

Geagea : Que quelqu’un m’explique le résultat de toutes les heures de dialogue

Réactions

Tout en dénonçant l'inutilité des discussions, le président des Forces libanaises, en visite à Doha, a appelé à les restreindre au dossier de la présidentielle.

OLJ
10/09/2015

Après la clôture de la première réunion de la table de dialogue hier au siège du Parlement, et l'annonce de la date de la prochaine séance, le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, s'est demandé, dans un tweet : « Quelqu'un peut-il m'expliquer quel a été le résultat de toutes les heures de dialogue ? »
En visite à Doha, M. Geagea avait déjà posé cette position lors d'un dîner organisé mardi soir en son honneur à l'hôtel Ritz Carlton par les Amis des FL au Qatar, en présence de la députée Sethrida Geagea, de l'ancien ministre Tony Karam, du responsable des relations extérieures des FL, Pierre Bou Assi, du coordinateur des FL dans le Golfe, Fadi Salamé, du chargé d'affaires de l'ambassade du Liban, Marwan Francis, de l'attaché militaire du Liban près le Qatar, le général Sadek Tleiss, ainsi que de nombreux hommes d'affaires et des figures de la colonie libanaise, issues de toutes les communautés.
Dans une allocution, Samir Geagea a souligné que le déblocage du Parlement passe d'abord par l'élection d'un nouveau président de la République. « Tant qu'un président n'est pas élu, le Parlement siège en collège électoral. Pour résoudre le problème du législatif, il est impératif d'élire un président », a-t-il déclaré.
Dans cet esprit, « au milieu de la crise de la présidentielle, d'aucuns nous demandent de participer au dialogue. Je suis certain que ceux qui ont appelé au dialogue (le président de la Chambre) sont bien intentionnés. Mais c'est dans une bonne intention que je dis que ce n'est pas le dialogue qui nous manque actuellement, ce dernier n'ayant pour effet que de détourner l'attention de notre problème de base, à savoir la présidentielle. Le dialogue ne résoudra rien ».
Évoquant la démission des ministres du Hezbollah et de leurs alliés du cabinet du Premier ministre Saad Hariri, en janvier 2011, sous le prétexte des faux témoins, il s'est demandé: « Où sont ces faux témoins aujourd'hui ? Vous me conviez à un dialogue, alors que ce qui est demandé est tout autre. »
La démarche à suivre, selon lui, serait de « restreindre le dialogue à la seule clause de la présidentielle : le Hezbollah doit prendre la décision de ne pas boycotter les séances électorales ».

« Le gouvernement est responsable »...
Il a souligné par ailleurs que « la crise des déchets a unifié les Libanais, de toutes les régions, de tous les partis et de toutes les appartenances autour d'une même catastrophe ». Même si « ce ne sont que les fléaux qui nous rapprochent malheureusement », il a appelé à « tirer des leçons de cet épisode » pour consolider l'unité. Il a appelé surtout tous les Libanais, y compris ceux de la diaspora, à « identifier la crise actuelle, afin d'en définir l'issue adéquate. Bien sûr, à chaque crise, c'est la même rengaine qui revient : c'est la faute aux politiciens. Mais cela n'est pas tout à fait vrai. Moi, personnellement, je n'ai jamais fui mes responsabilités, et j'ai présenté mes excuses, il y a cinq ans, devant le peuple libanais, pour les erreurs commises pendant la guerre civile », a-t-il déclaré.
Il a néanmoins reconnu que « la responsabilité incombe toujours à ceux qui sont aux commandes : on ne peut mettre sur un pied d'égalité le chauffeur et les passagers du bus ». Tout en exprimant son souci de ne pas se « dérober à (ses) responsabilités », il a dit : « Notre décision de ne pas prendre part au gouvernement n'était pas irréfléchie : tout parti politique souhaite accéder au pouvoir, mais pour autant que ce pouvoir soit capable d'accomplir le minimum requis. Or nous avions perçu à l'avance l'incapacité du cabinet à assumer ses fonctions. Nous avions décidé de renoncer à y participer, non par abstention gratuite – étant donné que nous faisons de la politique –, mais parce que nous ne nous engageons que dans un travail qui sert le peuple. »
« La responsabilité incombe aujourd'hui à ceux qui sont au pouvoir, pour leur incapacité à régler le plus minimal des problèmes, à savoir celui des ordures. » « Cette crise s'est amplifiée au point de menacer notre identité nationale », a-t-il même estimé. S'il s'est rallié à la grogne populaire, Samir Geagea a défendu en même temps le maintien de ce même gouvernement qu'il a tenu pour responsable de la crise. « Lorsque les manifestants civils ont réclamé la démission du Premier ministre, Tammam Salam, je l'ai exhorté à ne pas démissionner, afin de ne pas entraîner le pays dans un vide institutionnel », a-t-il confié.
Le président des FL a également critiqué l'attitude de ceux qui « invoquent le prétexte que les problèmes ne datent pas d'aujourd'hui, pour justifier leur incapacité à les résoudre ». « Mais alors, pourquoi avez-vous pris part au gouvernement, tant que vous ne pouvez rien changer à la situation ? » a-t-il demandé aux ministres.

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Le Faucon Pèlerin

Tant que le Hezbollah et le CPL écartent toute discussion sur l'élection présidentielle, le reste n'est qu'un plat de déchets.

Pierre Hadjigeorgiou

Merci Mr. Le President pour ces paroles sages et digne d'un chef d’état!

Bery tus

Rien a dire :) ... Si c'est pas digne d'un chef d'état !!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Wallâh yâ äamméh, ses paroles sont en OR, ce Samîr. Et tout à fait Hakîm, à vrai dire.

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