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Liban - Les Archives Racontent...

Après nous la faillite

Dans « L'Orient » du 8 septembre 1938

Les ministres ont délibéré (...) des modalités du mouvement administratif.
Ce pourrait être la teneur du communiqué d'hier au Petit Sérail, si l'on savait, au Petit Sérail, rédiger des communiqués. Ce pourrait être celui d'aujourd'hui et de demain, comme c'eut pu être ceux de tous les jours, depuis 15 jours.
Notre gouvernement consacre, en effet, le plus clair de son temps à avancer – sur le papier – nos fonctionnaires. (...) À l'origine de l'histoire (...), il y a deux êtres. En l'espèce, deux Excellences, le président du Conseil et le ministre des Finances :
- Nous avons passé la promotion Médawar. Passez-nous (à chacun) une promotion à nous. Avancez et augmentez nos directeurs de frère et de beau-frère.
- Mais que diront leurs collègues ? rétorquent les autres ministres.
- Alors avancez tout le monde ! répondent, conciliants, les deux ministres khouristes.
Et voilà pourquoi il est soudain question, depuis quinze jours, d'avancer tous les fonctionnaires de la République.
(...) En 1930, on licenciait un bon tiers de l'administration (...), sensiblement plus réduite qu'aujourd'hui, et tout alla beaucoup mieux dans le plus étonné des sérails. (...) Le 12 avril dernier, on octroyait aux fonctionnaires l'allocation de vie chère à laquelle ils avaient droit. Après quatre mois de luttes et de réclamations, les employés de l'État obtenaient 200 livres au lieu des 305 demandées. (...) Les ministres, devant un budget en déséquilibre, s'arrachaient leurs derniers cheveux.
Alors quoi ? On ne pouvait pas disposer de 4 millions de francs, il y a cinq mois, et l'on serait prêts aujourd'hui – d'après les bruits qui courent – à en dépenser sans nécessité plusieurs autres ?
(...) Et l'on ne peut donc pas – ensuite – rendre à leurs mots croisés et leur travail d'approvisionnement des araignées, les quelque 40 ou 50 % des fonctionnaires dont l'inutilité est établie et dont le rôle se borne à empêcher leurs camarades de travailler ? (...) Si quelques ministres, en instance de vider leurs bureaux, veulent caser et avancer leurs frères, cousins, parents (...) sous prétexte qu'un ministre peut tout se permettre lorsqu'il sait qu'il ne sera bientôt pas là, le contribuable, lui, (...) sera toujours là. Pour régler, une fois de plus, la note.
Permettra-t-il (...) qu'une bande de parasites à tant par mois, poussés par quelques intrigants à tant par jour, arrondissent à ses dépens leur budget de poker ou des champs de courses ?

Les ministres ont délibéré (...) des modalités du mouvement administratif.Ce pourrait être la teneur du communiqué d'hier au Petit Sérail, si l'on savait, au Petit Sérail, rédiger des communiqués. Ce pourrait être celui d'aujourd'hui et de demain, comme c'eut pu être ceux de tous les jours, depuis 15 jours.Notre gouvernement consacre, en effet, le plus clair de son temps à avancer – sur le papier – nos fonctionnaires. (...) À l'origine de l'histoire (...), il y a deux êtres. En l'espèce, deux Excellences, le président du Conseil et le ministre des Finances :- Nous avons passé la promotion Médawar. Passez-nous (à chacun) une promotion à nous. Avancez et augmentez nos directeurs de frère et de beau-frère.- Mais que diront leurs collègues ? rétorquent les autres ministres.- Alors avancez tout le monde !...
commentaires (4)

de nos jours, l'auteur de ces lignes se serait pris une bastonnade maison. pour le fond rien n'a changé hélas...sauf peut-être le champs de course

Lebinlon

12 h 52, le 08 septembre 2015

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Commentaires (4)

  • de nos jours, l'auteur de ces lignes se serait pris une bastonnade maison. pour le fond rien n'a changé hélas...sauf peut-être le champs de course

    Lebinlon

    12 h 52, le 08 septembre 2015

  • Quelle classe cet "Orient" avec son "style" de 38 !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 52, le 08 septembre 2015

  • TOUTES LES INSTITUTIONS ÉTATIQUES... + LES MEDIAS ET GRANDES SOCIÉTÉS PRIVÉES FOURMILLENT DE FRÈRES, DE COUSINS, DE PARENTS ET D'AMIS DE NOS HÉBÉTÉS ! ILS MANGENT LE PAIN ET LA SUEUR DU PEUPLE ! IL SUFFIT DE LIRE LES NOMS ! QUE RESTE-T-IL AU COMMUN DU PEUPLE ??? DES MIETTES À RAMASSER... S'ILS LUI EN LAISSENT...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 31, le 08 septembre 2015

  • "Si quelques ministres veulent caser et avancer leurs frères, cousins, parents sous prétexte qu'un ministre peut tout se permettre lorsqu'il sait qu'il ne sera bientôt pas là, le contribuable lui sera toujours là pour régler, une fois de plus, la note. Permettra-t-il qu'une bande de parasites à tant par mois, poussés par quelques intrigants à tant par jour, arrondissent à ses dépens leur budget de poker ou des champs de courses ?" ! Yâ lattîîîf comme tout ceci est véridique, et colle si bien à la situation d'aujourd'hui !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 48, le 08 septembre 2015

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