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Économie - Finance

Sous pression, les marchés sont suspendus aux chiffres de l’économie chinoise

Les marchés mondiaux, toujours plongés dans la crainte, vont passer leur semaine à scruter les différents chiffres de l'économie chinoise qui doivent être dévoilés.

Commerce extérieur, inflation, ventes de détail, les chiffres de l’économie chinoise qui sortent cette semaine constituent le centre d’intérêt des places financières mondiales. Johannes Eisele/AFP

Les places financières de la planète seront sur les dents cette semaine à mesure que la Chine égrénera une série de statistiques économiques qui seront passées au crible par des investisseurs à l'affût de signes patents de ralentissement. La deuxième économie mondiale doit publier dans les prochains jours les chiffres du commerce extérieur, de l'inflation, des ventes de détail, de la production industrielle et des investissements en capital fixe.
La semaine dernière, deux indices PMI des directeurs d'achat ont montré que l'activité manufacturière, pilier traditionnel de la croissance chinoise, s'était violemment contractée en août, ce qui a donné des sueurs froides aux marchés internationaux, les investisseurs se demandant si la Chine ne se préparait pas à un « atterrissage brutal ». « À chaque statistique défavorable, les investisseurs réagissent plus que ce qu'ils devraient », a jugé Jackson Wong, analyste pour le groupe Simsen International Financial à Hong Kong.

Croissance revue à la baisse
Pékin a déjà annoncé hier une révision à la baisse de la croissance de son PIB en 2014, réduite de 0,1 point à 7,3 %. Le chiffre de 7,4 % de croissance, annoncé en janvier dernier, représentait déjà un plus bas depuis presque un quart de siècle, ce qui demeure donc le cas après l'ajustement annoncé. Et la croissance a ralenti encore à 7 % aux deux premiers trimestres de 2015. Le géant asiatique représente 13 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, et les marchés s'inquiètent de la contagion du ralentissement chinois sur le reste du monde.
C'est la dévaluation soudaine du yuan face au dollar en août, largement perçue comme un effort désespéré de Pékin pour soutenir la compétitivité de ses exportations, qui a mis le feu aux poudres. Les autorités chinoises sont en train d'amorcer un douloureux virage vers un nouveau modèle de croissance, qui s'appuie davantage sur la consommation et moins sur les investissements publics. « Le pessimisme sur les perspectives à court terme de la Chine est exagéré, et un relèvement de la croissance au second semestre est déjà dans les tuyaux, a expliqué vendredi l'agence de notation Fitch. Mais les attentes concernant le potentiel de croissance économique à moyen terme sont revues à la baisse, à mesure que les défis posés par la restructuration deviennent plus palpables. »
Sous la pression du ralentissement et de la débâcle boursière, la Banque centrale chinoise (PBOC) a décidé fin août une nouvelle baisse des taux d'intérêt. Elle a également abaissé les ratios des réserves obligatoires imposées aux banques. Ces mesures équivalent à une injection massive de liquidités, en abaissant les coûts d'emprunt pour les agents économiques.

Menace de déflation
D'après la banque japonaise Nomura, les chiffres du commerce extérieur pour août seront « faibles », avec des exportations en recul de 7 % sur un an et des importations en baisse de 10 %. L'inflation devrait s'établir à 1,8 % sous l'effet d'une augmentation des cours du porc, mais la menace de déflation est toujours d'actualité, a prévenu Nomura.
De nombreux analystes estiment toutefois que Pékin réussira à éviter une transition trop douloureuse. « L'économie chinoise est sans aucun doute faible cette année et fera face à encore plus de pressions, mais nous pensons que les craintes d'atterrissage brutal provoqué par les hauts et les bas de la Bourse sont exagérées », estiment les économistes d'UBS Donna Kwok et Wang Tao. « La croissance n'est pas en train de partir en lambeaux, comme voudraient le faire croire certains pessimistes », ajoutent-ils.

Bill SAVADOVE/AFP

Un coupe-circuit pour « stabiliser » les Bourses

Les autorités de régulation des marchés financiers en Chine et les exploitants des Bourses de Shanghai et de Shenzhen vont instaurer un coupe-circuit sur l'un des principaux indices boursiers du pays pour « stabiliser le marché » en cas de variations trop importantes des cours, a annoncé lundi la Bourse de Shanghai. Elles proposent de suspendre les transactions pour le restant de la séance, si l'indice CSI300 varie d'au moins 7 % par rapport au cours de clôture de la veille. Les transactions seront suspendues une demi-heure si la variation est d'au moins 5 % avant 14h30. Elles seront suspendues jusqu'à la fin de la séance si le seuil de 5 % est atteint après 14h30.
Les autorités boursières demandent aux intervenants de marchés de leur soumettre leurs commentaires sur cette proposition avant le 21 septembre.
L'indice CSI300 regroupe les principales entreprises cotées sur les Bourses de Shanghai et de Shenzhen.

Les places financières de la planète seront sur les dents cette semaine à mesure que la Chine égrénera une série de statistiques économiques qui seront passées au crible par des investisseurs à l'affût de signes patents de ralentissement. La deuxième économie mondiale doit publier dans les prochains jours les chiffres du commerce extérieur, de l'inflation, des ventes de détail, de la production industrielle et des investissements en capital fixe.La semaine dernière, deux indices PMI des directeurs d'achat ont montré que l'activité manufacturière, pilier traditionnel de la croissance chinoise, s'était violemment contractée en août, ce qui a donné des sueurs froides aux marchés internationaux, les investisseurs se demandant si la Chine ne se préparait pas à un « atterrissage brutal ». « À chaque statistique...
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