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Culture - Photographie

« Revolutus sur detritus »

L'infestant paysage urbain actuel est devenu, en quelques clics, la toile de fond de « Dancers Revolute », une série de photos réalisées par Jana G. Younès. Un geste à la fois esthétique et protestataire. Un cas réussi de « Revolutus sur detritus ».

Dans un geste à la fois esthétique et protestataire, Jana G. Younès photographie des danseurs faisant le grand jeté sur des sacs poubelle multicolores. Un cas réussi de « Revolutus sur detritus » qui fait le buzz.

Un amoncellement de détritus et un danseur qui prend son envol. Un tas de déchets et cinq « fantassins » en ballerines, executant des pointes. Des photos, parmis d'autres, mettant en scène des corps athlétiques faisant le grand jeté sur des sacs en plastique multicolores, défilent sur les réseaux sociaux, agrémentés d'une légende, toujours la même : « Because a revolution without dance is a revolution not worth having » (Une révolution sans danse est une révolution qui n'en vaut pas la peine).

L'auteure de cette campagne artistico-contestataire est une jeune photographe et danseuse, Jana Georges Younès. Ne voulant plus assister de manière passive aux événements, liés à la crise des déchets, qui agitent le pays depuis une dizaine de jours, la jeune fille (également metteuse en scène) décide d'entrer... dans la danse.
Elle a vite fait de contacter ses amis, pros ou amateurs de danse, pour une séance de shooting à Mar Mikhaël, à 6h du matin. Dès l'aurore, Anthony Nakhlé, Pierre Khadra, Amanda Abirached, Mike Poladian, Céline Saliba et Sandra Elia sont au rendez-vous. Mais, surprise, Sukleen a « volé » l'indispensable décor. L'amoncellement de poubelles a en effet malheureusement/miraculeusement disparu pendant la nuit... Peu importe, les ordures, en ce moment, cela court les rues. Jana Younès ne tarde pas à en trouver d'autres. La séance photo est bouclée en une heure. La photographe ayant plus d'une corde à son arc, le tempo de la danse résonnant dans ses veines, elle a pu rapidement saisir, au vol, les meilleurs instants aériens des mouvements chorégraphiés.

La danse est « un langage universel, qui n'appartient pas à la religion, ni à un parti politique, mais à tous. Comme la musique, c'est un moyen de communication international », explique à L'Orient-Le Jour la jeune femme qui croit très fort dans le pouvoir de la danse. « Lorsqu'on ne peut plus parler, on réagit avec le corps, le corps s'exprime quand les paroles n'ont plus de force », argumente l'artiste avec passion. Visuelle et expressive, la danse est en effet un langage immédiat, comme a pu le prouver l'impressionnant buzz occasionné par ses photographies sur Internet comme dans les médias. Sur quelques clichés, les visages des danseurs sont masqués « pour garder l'anonymat et pour signifier que tout le monde est concerné. Ce n'est pas l'appartenance à un parti politique qui compte, mais notre appartenance au pays », martèle Jana Younès.

Au-delà de ce geste unificateur, elle souhaitait également adresser un message au monde entier et faire savoir que « même dans des conditions extrêmes, politiques et sanitaires, les artistes arrivent toujours à affirmer leur art ». À rebondir sur l'actualité.
En faisant, comme ici, une danse des signes sur un lac de poubelles...

 

Pour mémoire, notre playlist
Pot (très) pourri


Un amoncellement de détritus et un danseur qui prend son envol. Un tas de déchets et cinq « fantassins » en ballerines, executant des pointes. Des photos, parmis d'autres, mettant en scène des corps athlétiques faisant le grand jeté sur des sacs en plastique multicolores, défilent sur les réseaux sociaux, agrémentés d'une légende, toujours la même : « Because a revolution...

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