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Campus - Malgré La Libération De Samaha Et Waked

On craint une épreuve de force à l’USJ entre PNL et Kataëb

Les deux étudiants de l'USJ Michel Samaha et Élias Waked – arrêtés pour les besoins de l'enquête menée sur l'affaire du « passage à tabac » de l'un de leurs camarades, Nabil Tyan – ont été libérés à midi, hier, par les autorités judiciaires. Ils avaient été arrêtés et gardés au dépôt du quartier général des FSI, 24 heures auparavant, après avoir comparu devant le premier juge d'instruction de Beyrouth, M. Georges Abou Mrad.
La demande d'élargissement a été présentée par Mes Joseph Chader, Karim Pakradouni, Roger Salhab et Sélim Kaddoura.
L'affaire avait été déclenchée il y a deux semaines, lorsque, au cours des élections du Conseil représentatif, rue Huvelin, Nabil Tyan avait été pris à partie par des inconnus qui l'avaient frappé à la tête. Tyan, qui est membre du PNL, avait alors porté plainte contre inconnu et accusé les responsables des « Kataëb » à l'USJ « d'être les instigateurs ».
Cet incident, qui est venu se greffer sur des antagonismes d'ordre électoral, a considérablement élargi le fossé, à la faculté de la rue Huvelin, entre les nationalistes libéraux (PNL) et les Kataëb.

L'enjeu : la présidence de l'Union
L'enjeu de la lutte entre les représentants, sur le campus, de ces deux formations est en effet constitué par la bataille pour la présidence de l'Union des étudiants. Deux candidats – l'un Kataëb, Michel Samaha, et l'autre PNL, Georges Adwan – briguent cette fonction. Au cours des dix derniers jours, une tentative de formation d'une liste de compromis (au sein de laquelle le mandat de président aurait été confié à un membre du Bloc national) avait été entreprise. Elle devait cependant échouer devant la détermination de Nabil Tyan de maintenir la plainte qu'il avait déposée contre les « Kataëb » et en dépit des consultations entreprises entre les députés Joseph Chader et Joseph Moghabghab sur la question (on apprenait à ce sujet que M. Tyan avait finalement retiré sa plainte dans la journée d'hier).
L'imbroglio a été rendu plus confus encore à la suite de « la prise de position implicite », affirment les « Kataëb », de la chancellerie de l'USJ lors de la tentative – avortée – aux premières heures de cours de déclencher un mouvement de grève en faveur de la libération des deux étudiants détenus. Selon les observateurs, sur le campus, l'échec de cette entreprise serait dû à la fois aux rumeurs circulant tôt le matin sur la libération imminente des deux jeunes gens et à l'intervention de l'administration par l'intermédiaire d'une circulaire menaçant « tout étudiant qui empêchera ses camarades de suivre les cours d'être traduit en Conseil de discipline ».

Que vont décider les états-majors ?
Aux yeux de nombreux étudiants, cette intervention pourrait envenimer les relations à la fois entre les différentes fractions étudiantes ainsi qu'entre ces dernières et les autorités universitaires elles-mêmes.
Les rumeurs circulant, par ailleurs, sur l'éventualité d'un « ultimatum » qui aurait été lancé par l'administration au Conseil représentatif ne laissent pas présager d'une solution prochaine rue Huvelin. Selon ces rumeurs, le chancelier aurait annoncé à certains étudiants son intention de dissoudre le Conseil représentatif élu en décembre dernier et de reconduire l'ancien bureau de l'Union (présidé par Fady Boustany) si ce Conseil ne procédait pas à la désignation des membres du nouveau comité exécutif avant demain vendredi 7 décembre.
Interrogé par L'Orient-Le Jour sur la question, le chancelier Ducruet a catégoriquement démenti les déclarations qui lui ont été attribuées : « Ce sont les membres du Conseil représentatif, a indiqué le P. Ducruet, qui, lors d'une réunion tenue lundi dernier, ont eux-mêmes fixé à vendredi la date pour l'élection du comité exécutif. De toute façon, même publiée, ma prétendue décision aurait constitué une démarche totalement
illégale. »
Il reste à savoir désormais ce qui sera décidé par les représentants des fractions étudiantes sur le campus et par les états-majors des partis dont elles relèvent : compromis et dégel, ou probablement épreuve de force ?

6 janvier 1972

Les deux étudiants de l'USJ Michel Samaha et Élias Waked – arrêtés pour les besoins de l'enquête menée sur l'affaire du « passage à tabac » de l'un de leurs camarades, Nabil Tyan – ont été libérés à midi, hier, par les autorités judiciaires. Ils avaient été arrêtés et gardés au dépôt du quartier général des FSI, 24 heures auparavant, après avoir comparu devant le premier juge d'instruction de Beyrouth, M. Georges Abou Mrad.La demande d'élargissement a été présentée par Mes Joseph Chader, Karim Pakradouni, Roger Salhab et Sélim Kaddoura.L'affaire avait été déclenchée il y a deux semaines, lorsque, au cours des élections du Conseil représentatif, rue Huvelin, Nabil Tyan avait été pris à partie par des inconnus qui l'avaient frappé à la tête. Tyan, qui est membre du PNL, avait alors porté...
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