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Campus - Les Premiers Avaient Voulu Exclure Les Seconds D’Une Manifestation Dirigée Contre Les Autorités Égyptiennes

Étudiants de gauche et PPS se sont battus furieusement à l’AUB

Dans la soirée de lundi et la matinée d'hier, l'AUB a été une fois de plus le théâtre d'affrontements sanglants entre les organisations étudiantes antagonistes. Membres du Front des forces révolutionnaires et PPS se sont battus furieusement.

On a relevé plusieurs blessés. Comme d'habitude, des dispositions de sécurité ont été prises autour de l'AUB. Deux escouades de la brigade 16 ont été dépêchées dans la matinée d'hier rue Bliss, mais n'ont pas pénétré dans l'enceinte universitaire. Elles sont restées en état d'alerte aux différentes issues.
La tension couvait depuis lundi, après que le Front des forces révolutionnaires eut annoncé son intention d'organiser mardi une manifestation en signe de solidarité avec les étudiants égyptiens.
Les représentants des mouvements qui font partie du Front (section étudiante du FPLP, section étudiante du parti de l'Action socialiste arabe, Organisation de la lutte étudiante, Comités de défense des libertés démocratiques) tenaient une réunion commune, lundi soir, pour adopter un plan de soutien aux étudiants égyptiens. Ils décidaient d'organiser une manifestation dans l'enceinte de l'AUB au cours de la matinée du lendemain et diffusaient un tract reprenant les arguments développés ces derniers jours par leurs camarades du Caire et critiquant sévèrement les autorités égyptiennes pour leur attitude.

« Non progressistes »
Les représentants de la section étudiante du PPS n'avaient pas été admis à la réunion et avaient été taxés d'être « non progressistes ». Lorsque la réunion a pris fin, vers 19h30, des PPS ont attaqué et malmené, devant le West-Hall, Tarek Mitri du CDLD. Les membres de cette organisation paraissaient, hier matin, décidés à se venger. Vers 10 heures, à la cafétéria, une très violente bagarre éclate entre les deux organisations. Joseph Chouéri et Alfred Tarabay, considérés comme étant les agresseurs de Tarek Mitri, sont pris à partie d'abord. Puis, tous les membres présents des deux organisations en viennent aux mains. Ils se battent à coups de poing, de chaises, de tables, d'assiettes, de couteaux, de fourchettes. Certains, ne trouvant plus d'instruments en bon état, font irruption dans la cuisine et en reviennent armés de louches ou de marmites.
Une fois le calme revenu, la manifestation prévue par le « Front » a lieu. Vers 11 heures, 500 étudiants défilent brandissant des écriteaux stigmatisant l'attitude des autorités égyptiennes.
Mais les esprits n'étaient pas calmés encore. Lorsque la manifestation se termine, des PPS font irruption dans la cafétéria et attaquent les membres du CDLD qui s'y trouvaient. Les deux bagarres ont fait dans les deux camps plusieurs blessés.

Le « Fath » s'est tenu à l'écart
Le « Fath », qui était resté à l'écart des événements tout en faisant paraître un tract proclamant son appui total aux étudiants égyptiens, intervient alors et parvient à calmer les esprits. Le FPLP et le CDLD annoncent qu'ils publieront les noms des membres de la milice PPS qui ont participé aux bagarres.
Dans la soirée, le Front diffuse un tract attaquant violemment le PPS et son idéologie, et le taxant notamment d'être une organisation fasciste.

26 janvier 1972

On a relevé plusieurs blessés. Comme d'habitude, des dispositions de sécurité ont été prises autour de l'AUB. Deux escouades de la brigade 16 ont été dépêchées dans la matinée d'hier rue Bliss, mais n'ont pas pénétré dans l'enceinte universitaire. Elles sont restées en état d'alerte aux différentes issues.La tension couvait depuis lundi, après que le Front des forces révolutionnaires eut annoncé son intention d'organiser mardi une manifestation en signe de solidarité avec les étudiants égyptiens.Les représentants des mouvements qui font partie du Front (section étudiante du FPLP, section étudiante du parti de l'Action socialiste arabe, Organisation de la lutte étudiante, Comités de défense des libertés démocratiques) tenaient une réunion commune, lundi soir, pour adopter un plan de soutien aux étudiants...
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