Les places financières mondiales retrouvaient de l'allant hier après-midi, bénéficiant d'un soutien significatif des banques centrales à travers le monde, ce qui permettait d'apaiser les inquiétudes nourries par le ralentissement chinois.
Les « banques centrales viennent en aide » aux marchés, résume Jasper Lawler, analyste de CMC Markets. Selon des rumeurs, la Banque centrale chinoise, en rachetant des titres, « est intervenue directement sur les marchés ce qui a permis à Shanghai d'effacer ses pertes et de finir sur un gain de 5,3 % », indique-t-il. Ces spéculations s'ajoutent, selon l'analyste, à des commentaires rassurants de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE), l'économiste en chef de cette dernière, Peter Praet, ayant ainsi prévenu que la BCE pourrait en faire plus si nécessaire.
La Bourse de New York confirmait son rebond avec un début de séance en forte hausse, alors que les Bourses de Paris, Francfort et Londres étaient également très bien orientées, avec des hausses supérieures à 3 %.
La publication d'indicateurs aux États-Unis a dans le même temps rassuré sur la vigueur de la première économie mondiale. Les investisseurs se raccrochaient également à des propos du président de la Réserve fédérale de New York, William Dudley, pour repartir de l'avant. Il a affirmé mercredi que le besoin de relever les taux d'intérêt américains dès septembre lui apparaissait « moins impérieux » qu'il y a quelques mois, à trois semaines d'une réunion très attendue de l'institution monétaire américaine. Il a reconnu que « les développements internationaux » dont le ralentissement en Chine pourraient conduire « à un ralentissement de la croissance mondiale et à moins de demande » pour l'économie américaine.
Les investisseurs s'interrogent de longue date sur le calendrier qu'adoptera la Fed pour remonter ses taux directeurs. Cette inflexion dans les perspectives de la Fed a permis à Wall Sreet de signer un net rebond qui s'est répercuté sur les Bourses asiatiques hier matin, dans un marché qui reste cependant hanté par les risques liés à l'essoufflement de l'économie chinoise.
Après s'être effondrée d'environ 8 % lundi puis mardi, faisant décrocher les places mondiales dans son sillage, Shanghai s'est ressaisie et a terminé sur une nette hausse de 5,34 %. Sydney, Séoul et Tokyo ont grimpé à l'unisson tandis que Hong Kong a fini en hausse de 3,60 %.
Les investisseurs restent néanmoins hantés par l'essoufflement de la deuxième économie mondiale et les risques de contagion, la Chine comptant pour 13 % du PIB mondial. Malgré les mesures de soutien répétées, les indicateurs en berne se succèdent dans le pays et c'est cet assombrissement persistant de la conjoncture qui a attisé la débâcle des marchés financiers à travers le monde.
Désireuse de calmer l'affolement général, la Banque centrale chinoise (PBOC) avait dévoilé mardi une nouvelle baisse de ses taux d'intérêt, la cinquième depuis novembre 2014. De l'avis général, ces nouveaux assouplissements monétaires resteront toutefois insuffisants pour ranimer durablement l'activité, les investissements et la consommation.
Le géant asiatique a enregistré l'an dernier une croissance de 7,4 %, au plus bas depuis près d'un quart de siècle, et Pékin s'est fixé pour 2015 un objectif de 7 %. Certes, les analystes estiment que l'éclatement de la bulle des marchés boursiers chinois (qui ont plongé de plus de 40 % depuis mi-juin après s'être envolés de 150 % en un an) est déconnecté de l'état de l'économie réelle. Mais au-delà du marché shanghaïen, les interrogations perdurent sur la capacité de la Chine à continuer de jouer son rôle de locomotive pour la croissance mondiale.
Après des décennies de croissance à deux chiffres, dopées par les exportations et des dépenses publiques massives dans les infrastructures, les moteurs chinois calent : production industrielle en sévère ralentissement, contraction du secteur manufacturier, plongeon des exportations et retournement de l'immobilier. La Chine est le premier pays importateur de biens et de nombre de matières premières, de quoi plomber aussi bien les groupes industriels occidentaux que les pays exportateurs de métaux ou de pétrole.
(Source : AFP)


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