Le numéro un mondial du secteur parapétrolier, le franco-américain Schlumberger, a annoncé hier l'acquisition de l'équipementier américain Cameron pour près de 13 milliards d'euros (14,82 milliards de dollars), dernière fusion en date dans un secteur bousculé par la chute du cours du brut.
Schlumberger versera 0,716 action et 14,44 dollars pour chaque action Cameron, ce qui valorise la transaction à 14,8 milliards de dollars.
Cameron est essentiellement un groupe industriel, qui fabrique des vannes et des systèmes de contrôle des flux pour l'industrie pétrolière, alors que Schlumberger est surtout présent dans les services, avec des technologies destinées au forage de puits pétrolier ou à la construction de puits et plates-formes.
L'opération créera ainsi une société présente sur l'ensemble des systèmes de forage et de production d'hydrocarbures, affirment les deux groupes dans un communiqué commun. « Avec le niveau plus faible des prix du pétrole, les sociétés de services pétroliers qui proposent des technologies innovantes et une plus grande intégration, tout en améliorant l'efficacité – une demande croissante de la part de nos clients –, auront une performance meilleure que la moyenne du marché », a analysé Paal Kibsgaard, PDG de Schlumberger, cité dans le communiqué.
Confrontées depuis la fin 2014 à la chute du cours du pétrole, les compagnies pétrolières taillent dans leurs investissements, en reportant ou en annulant le lancement de nombreux projets d'exploration. Elles cherchent aussi à réduire les prix de leurs fournisseurs dans la phase de production. Ceux-ci s'étaient envolés ces dernières années, en particulier dans le secteur du forage offshore.
Les cours du pétrole, qui avaient perdu près de 60 % entre juin 2014 et janvier 2015, se sont ensuite quelque peu redressés au cours des premiers mois de l'année. Mais depuis le mois de juillet, ils chutent à nouveau, plombés par une situation d'offre surabondante et par les craintes concernant la croissance des économies émergentes, et en particulier de la Chine. Hier en début d'après-midi, le baril de WTI coté à New York s'échangeait à 39,45 dollars et celui du Brent de la mer du Nord, à 43,36 dollars, des niveaux jamais vus depuis début 2009.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs du secteur parapétrolier ont déjà procédé à des opérations de fusion ou à des acquisitions. Halliburton a notamment annoncé en novembre 2014 le rachat de Baker Hughes pour 35 milliards de dollars, et en janvier, Schlumberger avait déjà annoncé l'acquisition de 45,6 % du spécialiste russe du forage EDC pour 1,7 milliard de dollars.
L'opération, qui devrait être finalisée « au premier trimestre 2016 », aura un effet positif sur le bénéfice par action de Schlumberger dès la première année après la finalisation et devrait permettre de réaliser environ 300 millions de dollars de synergies avant impôts la première année et 600 millions la suivante, grâce à la réduction des coûts opérationnels et à l'amélioration des chaînes d'approvisionnement et des processus de fabrication, estime le groupe.
En avril, Schlumberger avait annoncé la suppression de 11 000 emplois supplémentaires, portant à 20 000 les réductions de postes annoncées depuis le début de l'année, soit 15 % de ses effectifs, afin d'éviter une détérioration accélérée de sa rentabilité.
L'acquisition de Cameron, société basée à Houston (Texas) et cotée à New York, « a été approuvée à l'unanimité par les conseils d'administration des deux entreprises », a souligné hier Schlumberger, société fondée par les frères Conrad et Marcel Schlumberger en 1926.
Les deux groupes possédaient déjà une coentreprise, OneSubsea, qui regroupe depuis 2013 leurs activités sous-marines et est détenue à 40 % par Schlumberger et à 60 % par Cameron.
L'action Schlumberger a clôturé mardi à 64,67 euros (73,71 dollars) à Paris et à 72,57 dollars à New York tandis que l'action Cameron a terminé à 42,45 dollars. La transaction valorise l'action Cameron à 66,36 dollars, ce qui représente une prime de 37 % par rapport à son cours moyen des vingt derniers jours, précise le communiqué. À l'issue de la transaction, « les actionnaires de Cameron détiendront environ 10 % des actions Schlumberger », ajoute-t-il.
Après l'annonce, l'action Schlumberger perdait 4,44 % à 61,80 euros (70,45 dollars) à la Bourse de Paris, mais la transaction entraînait à la hausse le reste du secteur : Technip gagnait ainsi 4,84 % à 47,04 euros (53,64 dollars) et CGG s'envolait de 11,08 % à 4,029 euros (4,59 dollars).
(Source : AFP)
Les stocks de brut US diminuent alors que les réserves d'essence augmentent
Les stocks de pétrole brut ont enregistré une forte baisse inattendue la semaine dernière aux États-Unis, mais les réserves d'essence ont augmenté de façon tout aussi imprévue, selon des chiffres publiés hier par le département américain de l'Énergie (DoE).
Lors de la semaine achevée le 21 août, les réserves commerciales de brut ont baissé de 5,5 millions de barils, alors que les experts interrogés par l'agence Bloomberg s'attendaient à une hausse de 1,45 million. Les réserves d'essence ont, elles, augmenté de 1,7 million de barils, alors que les analystes de Bloomberg annonçaient un déclin de 950 000 barils.
Les stocks de produits distillés (dont le gazole et le fioul de chauffage) ont progressé de 1,4 million de barils, soit un peu plus que la hausse de 1,02 million que prévoyaient les analystes de Bloomberg.

