La loi améliorant la situation des travailleurs immigrés au Qatar devant entrer en application mardi a été repoussée à novembre. Marwan Naamani / AFP
Une loi garantissant aux travailleurs immigrés du Qatar d'être payés dans les temps et qui devait entrer en application mardi a été repoussée à novembre, ont affirmé des médias locaux et un avocat.
Le nouveau « système de protection des salaires » (WPS), présenté par les autorités comme une réforme « significative », devait entrer en vigueur le 18 août, après une période de six mois accordée aux employeurs pour s'y préparer. Mais sa date d'entrée en vigueur a été repoussée au 2 novembre, indique le quotidien The Peninsula. Il précise que le Qatar, qui accueille la Coupe du monde de football en 2022, avait décidé le report, des sociétés privées n'étant pas encore prêtes. Plus de 50 000 compagnies sont concernées par cette nouvelle réglementation, selon The Peninsula. Un autre journal qatari, al-Sharq, fait également état de la date du 2 novembre pour l'application de la loi.
Malgré des demandes répétées, le gouvernement a refusé de confirmer ou démentir l'information de presse. Michael T. Palmer, un avocat représentant des sociétés internationales au Qatar, a indiqué que des responsables du ministère du Travail avaient informé le secteur privé du report. « La date d'application a été confirmée verbalement comme étant le 2 novembre », a-t-il dit.
Le WPS a été conçu pour garantir aux plus de 250 000 travailleurs immigrés, largement employés dans les projets de construction liés à la Coupe du monde, le paiement de leur salaire en temps et heure. Le retard des paiements de salaire, particulièrement pour les ouvriers, est l'un des plus grands griefs exprimés de longue date par les ONG contre le Qatar. En vertu de la nouvelle règlementation, les entreprises qui ne paient pas leurs ouvriers à temps pourront être condamnées à payer une amende allant jusqu'à 6 000 riyals (1 642 dollars) et leurs patrons risquent des peines de prison.
Le WPS est chapeauté par le ministère du Travail qui a présenté l'introduction de ce nouveau système comme une mesure allant dans le sens des engagements pris par le Qatar pour améliorer les conditions de travail des immigrés.
Dans un rapport publié en mai, Amnesty International accusait le Qatar d'avoir failli à son engagement, pris en 2014, d'introduire des réformes dans des domaines cruciaux, dont le versement des salaires. Le ministère du Travail avait alors affirmé que le WPS était l'illustration « des changements significatifs » introduits dans le pays.
Amnesty s'est félicité du nouveau système prévu, appelant Doha à s'assurer que le WPS sera appliqué avec rigueur.
(Source : AFP)

