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Nos lecteurs ont la parole - Élie Michel Nasard

Liban, pays des paradoxes et des extrêmes

Dans tous les pays du monde, on trouve toute sorte de gens, des personnes de grande probité morale et des scélérats, des gens honnêtes et des malhonnêtes, d'autres très cultivés et des ignorants, des personnes surdouées ou brillantes d'intelligence et des simplets, des gens raffinés et des vulgaires, des propres et des sales, des gentils et des grossiers, des personnes fières et des terre à terre, des patriotes et des traîtres, des courageux et des lâches, des responsables et des irresponsables, des riches à centaines de millions et parfois à milliards de dollars et des pauvres, etc. N'empêche que la plupart de ces sociétés demeurent plus ou moins homogènes, tant que les chiffres ne dépassent pas les tolérances admises.
Il y a aussi les sympathisants ou adhérents aux partis authentiquement laïcs, démocratiques et rassembleurs, et, de l'autre côté (chez nous surtout), la masse qui suit le chef du clan communautaire du patelin, comme s'il était un demi-dieu, ou son successeur biologique. S'il arrive à celui-ci de s'offusquer de quelqu'un pour avoir osé lui désobéir, vous verrez alors des masses par milliers ou dizaines de milliers de ses partisans, mues uniquement par leurs instincts primaires (dont l'intérêt et/ou le fanatisme), manifester en colère pour réclamer justice. Mais que nos rues soient inondées de détritus, comme c'était le cas tout récemment, à cause d'une clique de politiciens irresponsables, pourris et criminels, ou pour toute autre noble cause d'intérêt public et non sectaire, et vous n'en verrez pas plus qu'une centaine descendre dans la rue !?
Le Liban fait partie de ce monde, bien entendu, mais il faut remarquer que, chez nous, il y a beaucoup de disparités sociales et peu d'homogénéité, les écarts et les proportions dépassant le raisonnable, dans ce sens que, si nous prenons, comme exemple, la moyenne des pays de l'Europe occidentale, et nous la comparons à celle du Liban, nous pourrions aboutir à un résultat ahurissant.
Par exemple, par rapport au côté positif des comparaisons, je suis certain que le pourcentage des Libanais dépasse la moyenne ouest-européenne, et cela nous l'avons toujours prouvé. L'élite morale et intellectuelle libanaise (qui n'est généralement pas riche) n'a jamais cessé de briller sur tous les continents. Le très sympathique et cultivé ambassadeur britannique Tom Fletcher, cet amoureux du Liban (qui nous quittera bientôt, hélas), ne l'a-t-il pas affirmé à plus d'une occasion ?
Quant au côté négatif, alors là le bilan est catastrophique. On ne dirait pas qu'il s'agit du même peuple, parce que les pourcentages dépassent l'entendement. Ainsi, les indicateurs respectifs de chacune de ces classifications négatives dépassent considérablement les ratios courants dans une société civilisée et normale. En voici un exemple courant : la presque première et (hélas) dernière manifestation libanaise de masse, transcommunautaire et transrégionale (malgré certains slogans regrettables), a eu lieu à Beyrouth un certain 14 mars 2005, avant que ne vole en éclats ce si bel et subit élan de fraternisation interlibanaise, parce qu'il a été très mal exploité plus tard par certaines de ses composantes, comme si la malédiction de la mésentente nous frappait de nouveau. Pourquoi ? Eh bien simplement parce que plusieurs des leaders politiques impliqués sont des corrompus qui reçoivent leurs ordres de l'extérieur, et par conséquent, ils travaillent naturellement pour l'intérêt de leurs commanditaires, au détriment de celui de leur pays. Les autres, ou le peu qui reste, sont les authentiques indépendants, et ils sont connus.
C'est pour cela qu'il est très difficile de trouver une liste appropriée (comme celles que les Nations unies émettent régulièrement) répertoriant les différentes nations du monde, à laquelle devrait appartenir le Liban, car, dans les catégories dont on peut être fier, nous faisons définitivement partie des pays les plus avancés ou les plus civilisés, alors que, pour le reste, nous sommes non seulement un pays tiers-mondiste, mais parmi les derniers du tiers-monde.
Ainsi, réussir à gouverner ce pays serait une gageure, ou relèverait même de l'utopie. Pauvre Liban !
N'a-t-on pas une fois posé cette question à un certain (ir)responsable gouvernemental : Le peuple n'étant pas satisfait du gouvernement, que faudrait-il faire ? Réponse : changer le peuple.

Élie Michel NASARD

Dans tous les pays du monde, on trouve toute sorte de gens, des personnes de grande probité morale et des scélérats, des gens honnêtes et des malhonnêtes, d'autres très cultivés et des ignorants, des personnes surdouées ou brillantes d'intelligence et des simplets, des gens raffinés et des vulgaires, des propres et des sales, des gentils et des grossiers, des personnes fières et des terre à terre, des patriotes et des traîtres, des courageux et des lâches, des responsables et des irresponsables, des riches à centaines de millions et parfois à milliards de dollars et des pauvres, etc. N'empêche que la plupart de ces sociétés demeurent plus ou moins homogènes, tant que les chiffres ne dépassent pas les tolérances admises.Il y a aussi les sympathisants ou adhérents aux partis authentiquement laïcs, démocratiques et...
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