Vingt ans après que la France a refusé un prolongement de votre titre de séjour, est-ce que cela vous est toujours douloureux ?
C'est une décision administrative qui ne représente pas la France. Je n'en garde aucune aigreur, cela m'a permis d'aller ailleurs et de m'installer à New York. Mais je ne suis pas fâché, mes meilleurs amis, mon fils et une grande partie de ma famille sont français. Être musicien, c'est parcourir le monde.
Pour vos albums, vous avez l'habitude de voyager et d'enregistrer à l'étranger. D'ou vient ce besoin ?
La musique enseigne la tolérance et permet de beaucoup mieux embrasser la différence. Surtout à l'étranger. À force de rencontrer ces différences, on devient davantage ouvert à autrui. Je n'ai pas de pays, je ne me considère pas plus américain qu'africain ou européen, j'appartiens à la Terre. C'est aussi pour cela que je voulais jouer à Baalbeck. Si nous, musiciens, ne venions pas jouer dans les lieux sous tension, qui le ferait ? Une partie de mon entourage m'a déconseillé de m'y produire, mais je suis ravi d'être ici. C'est un devoir citoyen, il faut détendre l'atmosphère, la musique apporte cette soupape d'aération et c'est pour cela que je voulais me produire ici.
Pourquoi l'école ne vous a jamais plu ? Peut-on tout apprendre par soi-même ?
Loin de moi l'idée de discréditer l'école, mais c'est un système qui rend la pensée uniforme, qui conditionne, et c'est cela que je n'apprécie pas. Ce système ne m'a jamais manqué, je trouve parfois les solutions plus vite que mes collègues et amis diplômés. J'ai appris à parler l'anglais et le français en autodidacte. Je me sers de mon ouïe pour mieux capter ce qui nous entoure. Sortir du cadre permet de changer de regard.
Vous étiez un enfant turbulent jusqu'au jour ou vous avez rencontré la musique. Que s'est-il passé ?
J'ai découvert la musique à l'âge de quatre ans, le balafon qu'on m'a construit m'a aidé à canaliser mon énergie et mon hyperactivité. Si je ne jouais pas de la musique, je n'aurais pas de raison d'être. Et je ne serais probablement plus en vie.
Pour vos albums, vous avez l'habitude de voyager et d'enregistrer à l'étranger. D'ou vient ce besoin ?La musique enseigne la tolérance et permet de beaucoup mieux embrasser la différence. Surtout à l'étranger. À force de rencontrer ces différences, on devient davantage ouvert à autrui. Je n'ai pas de pays, je ne me considère pas plus américain qu'africain ou européen, j'appartiens à la...

