Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a approuvé dimanche le renvoi devant la justice militaire de commandants de l'armée qui avaient ordonné le retrait de la ville clé de Ramadi contrairement à ses instructions, selon un communiqué officiel.
Le recours à la justice militaire a été recommandé par une commission d'enquête sur la perte de Ramadi, chef-lieu de la province occidentale d'Al-Anbar tombé aux mains des jihadistes de l'Etat islamique (EI) le 17 mai.
M. Abadi a "approuvé les recommandations de la commission d'enquête sur le renvoi devant la justice militaire d'un certain nombre de commandants pour avoir abandonné leurs positions (...) malgré plusieurs ordres leur enjoignant de ne pas se retirer", a précisé le texte publié sur le site officiel du Premier ministre.
La commission a entendu les dépositions de plus de 100 officiers et commandants sur les circonstances de la chute de Ramadi, a ajouté le communiqué sans préciser si ces militaires seraient jugés directement par des tribunaux militaires ou s'ils seraient soumis à de nouveaux interrogatoires devant la justice militaire.
Fin juin, le Premier ministre, qui est aussi commandant en chef des forces armées, avait estimé que "les soldats auraient dû résister. S'ils l'avaient fait, nous n'aurions pas perdu Ramadi".
Si ces commandants sont renvoyés devant la justice militaire, il s'agira d'une première pour des officiers ayant fui leurs positions depuis le lancement de l'offensive de l'EI en juin 2014.
Devant la progression fulgurante des jihadistes, un grand nombre des membres des forces irakiennes avaient abandonné leurs positions ou postes et pris la fuite, permettant à l'EI de conquérir de larges pans de territoire au nord et à l'ouest de Bagdad.
L'armée irakienne leur a depuis repris du terrain mais la majorité de la province d'Al-Anbar reste sous le contrôle des jihadistes.
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Irak/perte de Ramadi : feu vert pour un recours à la justice militaire
Reuters / le 16 août 2015 à 09h38


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