Toutes les séries pour enfants du monde entier ne peuvent suffire à les préparer à confronter la société, aux chocs des cultures et au danger de la disparition actuelle des valeurs diffusées jadis sur le petit écran et inculquées par la famille et l'école. Au contraire: les programmes pour enfants contribuent à amplifier la déception des tout-petits une fois confrontés pour la première fois au vrai monde, celui «des grands», notamment à l'école.
Les adultes d'aujourd'hui, c'est la génération Goldorak, celle des superhéros qui défendaient la Terre contre les méchants extraterrestres et les monstres mécaniques. C'est la génération Tom qui, inlassablement, poursuivait Jerry dans chaque épisode, ou Road Runner, qui échappe in extremis aux manigances du coyote et son indéniable talent d'architecte et de grand dessinateur. Sans oublier Maya/Zeina l'abeille, intrépide et courageuse, Popeye le macho, Bugs Bunny le paresseux, ou Heidi qui confronte la détresse de l'orphelinat... Des aventures qui nous ont réjouis, fait pleurer et rire aux éclats : de véritables condensés d'émotions, alors que nous étions sous les bombes, noyés dans les flashs d'information sur fond de musique Shaft – réjouis juste de ces quelques heures de courant électrique avant qu'il ne soit à nouveau coupé ! En réalité, c'était surtout la génération des superhéros humains sauvant la planète chacun dans sa propre histoire, à sa façon et à une heure bien précise sur une seule chaîne télévisée.
Pas les mêmes valeurs...
Aujourd'hui, ce sont des séries imaginaires aux couleurs de l'arc-en-ciel qui protègent les tout-petits dans une bulle sécurisée et ouatée d'histoires fictives... Sauf que les chaînes se sont multipliées par cent, monde satellitaire oblige, et chacune affiche une affinité différente de l'autre. Le monde de nos petits francophones est dominé par les elfes du royaume de Ben et Holly, la famille de cochons de Peppa Pig, Dora l'exploratrice avec Babouche et Diego, ou la Pat Patrouille, une troupe de chiens prêts à partir à la rescousse... Beaucoup moins de superhéros humains, davantage d'animaux en mini-héros, et surtout moins de monstres, de belles-mères machiavéliques et de grands méchants loups, d'orphelins, de mort et de larmes : des histoires beaucoup plus simples, moins héroïques et plus pacifiques. Les scénarios sérieux relatant les vrais problèmes des « grands » sont évités, en faveur d'un divertissement plus superficiel demandant moins d'effort ou de réflexion de la part de l'enfant.
Sur Télé-Lumière, les séries réservées aux enfants sont fondées sur des passages de l'Évangile avec pour compagnons les disciples de Jésus, tandis que sur al-Manar al-Saghir, c'est le concept de la Résistance et des versets coraniques qui sont inculqués aux plus jeunes dès leur tendre enfance.
Un monde des petits qui se veut innocent et naïf pour la plupart des producteurs est un monde idéal pour d'autres, idéal pour concocter soigneusement une formation laïque, ou matérialiste, ou religieuse, ou militante, pour les futures générations.
Dans un proche avenir, nos jeunes ne pourront pas se souvenir ensemble d'un superhéros qui avait fait l'unanimité dans leur enfance. Chacun aura le sien, éventuellement, et ils ne partageront pas forcément les mêmes idéaux ni les mêmes valeurs, et ils n'auront définitivement pas les mêmes ennemis...
Faut-il vraiment s'en réjouir?


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non pas du tout car de plus en plus de jeunes se delaissent de l'important, de l'entraide que nous inculquaient les DA d'avant et surtout commencent a devenir individualiste !!!
01 h 19, le 17 août 2015