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Moyen Orient et Monde

Seif el-Islam Kadhafi condamné à mort

Libye

L'Onu, à l'instar d'autres ONG, déplore le verdict, estimant que « les normes en matière de procès équitables n'ont clairement pas été atteintes ».

OLJ
29/07/2015

Seif el-Islam Kadhafi, le fils le plus en vue du défunt dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, et huit proches de ce dernier ont été condamnés à mort, hier à Tripoli, un verdict réprouvé par l'Onu, le Conseil de l'Europe et plusieurs ONG de défense des droits de l'homme.
Après un procès de 16 mois éclipsé par les violences et les divisions politiques qui ravagent la Libye, les accusés, vêtus de l'habit bleu des prisonniers, la barbe rasée et pour certains la tête aussi, ont assisté à la dernière audience, l'air impassible, assis en silence dans une cage noire. À l'annonce du verdict, l'un d'eux a crié « criminels, voyous, tyrans », avant d'être renvoyé de la salle.
Seif el-Islam et 36 autres prévenus étaient jugés pour leur rôle dans la répression meurtrière de la révolte ayant mis fin à l'ancien régime, en 2011. Ils étaient poursuivis pour assassinats, pillages et sabotages, actes portant atteinte à l'union nationale, complicité dans l'incitation au viol et au recrutement de mercenaires africains. Sur les 37 accusés, 29 étaient présents dans la salle du tribunal du centre de Tripoli. Souvent présenté comme le successeur potentiel de l'ex-dictateur, Seif el-Islam était lui absent à l'audience. Depuis son arrestation en novembre 2011, il est détenu à Zenten, aux mains de groupes aujourd'hui opposés aux autorités contrôlant Tripoli.

Procédure « entachée »
Le tribunal a également condamné à mort le dernier Premier ministre de Kadhafi, Baghdadi al-Mahmoudi, et son ex-chef des services de renseignements, Abdallah Senoussi, présents à l'audience. Au total, neuf accusés ont été condamnés à mort par peloton d'exécution, et huit à la prison à perpétuité. Quatre ont été acquittés et les poursuites ont été abandonnées pour un accusé qui sera transféré dans un hôpital psychiatrique. Les autres prévenus ont été condamnés à des peines allant de un
à 12 ans de prison.
Le procès, ouvert en avril 2014, a été marqué par un différend toujours en cours avec la Cour pénale internationale (CPI), qui souhaite juger Seif el-Islam.
Après l'énoncé du verdict, l'Onu a déploré les condamnations à mort, estimant que « les normes en matière de procès équitables n'ont clairement pas été atteintes » et que le tribunal libyen n'était pas parvenu « à établir la responsabilité pénale individuelle ». La procédure « est entachée de sérieux vices qui mettent en évidence l'incapacité de la Libye à rendre justice efficacement », a estimé Amnesty International. Human Rights Watch a rapporté que de nombreux accusés n'avaient pu bénéficier d'une défense digne de ce nom et a appelé à un « réexamen approfondi et indépendant du verdict » par la Cour suprême, saisie en cas d'appel. Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjorn Jagland, a estimé que l'affaire aurait dû être portée « devant la Cour pénale internationale de La Haye pour un procès équitable ».
(Source : AFP)

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