Comme deux « Diablo Rojo » sortis de leur boîte, à peine Rodrigo et Gabriela apparaissent-ils sur scène que jaillit, sous leurs doigts magiques, un rythme plus qu'entraînant, plus que tourbillonnant : carrément effréné et rapidement envoûtant.
Premier morceau de dextérité pure. Avec une entrée en matière percussive par excellence, qui va brusquement laisser place à un (The) Soundmaker (titre phare de leur dernier album 9 Dead Alive) qui monte crescendo soulevant, dès les toutes premières minutes du concert, un tonnerre d'applaudissements.
Rodrigo (Sanchez), barbe-bouc à la mexicaine et tee-shirt noir sur jeans du même ton, et Gabriela (Quintero) longs cheveux noirs de jais, tee-shirt noir sur petite jupe en corolle, vont rapidement affoler le public par l'aisance époustouflante de leur jeu à quatre mains.
Ce duo de « Mariachis rock », très rock même, joue de la guitare avec une agilité d'acrobates. Et si leurs mains grattent les cordes avec une vélocité affolante, cela n'empêche pas Gabriela d'alterner rythmiques et percussions directement sur le corps de sa guitare. Tandis que Rodrigo s'adonne lui avec une satisfaction non dissimulée aux trames mélodiques, aux riffs, au « bottlenecks » (avec une vraie bouteille de bière) et aux solos (dont un vocal forcément moins ébouriffant que son jeu).
Il faut dire que ces deux guitaristes complices ont abandonné le Trash Metal de leur ancien groupe (Tierra Acida) au Mexique pour se lancer, voilà une douzaine d'années, sur les chemins voyageurs d'une « World fusion » aux rythmes effrénés. Une musique instrumentale latino-rock, irriguée d'influences folk, flamenco, jazz et surtout metal qui fait fi de tous les clivages. « On n'appartient à aucun genre musical et même on enfreint toujours les règles de la musique », ne cessent-ils, d'ailleurs, de répéter en interview.
À Byblos, après un sympathique et balbutiant « Ana mabsout koun maakon », Rodrigo exprimera son manque d'habitude à se produire devant un « public aussi civilisé », avant de lancer : « Si certains d'entre vous pensaient que nous étions des guitaristes classiques, ils vont rapidement se rendre compte que ce n'est pas le cas. »
Belle façon d'introduire leur relecture latine, acoustique et instrumentale de quelques classiques du rock / metal. Ils offriront, ainsi, au cours de cette soirée leurs versions d' Orion et de Nothing else matters de Metallica, entre autres medley.
Gabriela, elle, appellera les jeunes à venir les rejoindre. Et ce sera la déferlante du fond des gradins vers la scène et la fosse à ses pieds. Entourés de leurs fans sautillants, les musiciens s'en donneront à cœur joie et joueront une bonne part de leur répertoire. Dont le fameux Tamacun (inspiré de la figure d'un Mexicain original qui prend soin des crocodiles) que l'auditoire leur réclame à cor et à cri...
Bref, 90 minutes de guitares rythmiques et percussives avec des morceaux qui se suivent et... finissent par se ressembler. Mais un concert de festival par excellence, fougueusement festif, avec des bis en finale qui feront se lever comme un seul homme les gradins. Muchas gracias Rodrigo y Gabriela !
Premier morceau de dextérité pure. Avec une entrée en matière percussive par excellence, qui va brusquement laisser place à un (The) Soundmaker (titre phare de leur dernier album 9 Dead Alive) qui monte crescendo soulevant, dès les toutes premières minutes du concert, un tonnerre d'applaudissements.Rodrigo (Sanchez), barbe-bouc à la mexicaine et tee-shirt noir sur jeans du même ton, et Gabriela (Quintero) longs cheveux noirs de jais, tee-shirt noir sur petite jupe en corolle, vont rapidement affoler le public par l'aisance époustouflante de leur jeu à quatre mains.Ce duo de...

