Le président iranien Hassan Rohani lors d’une rencontre avec le ministre allemand de l’Économie à Téhéran, le 20 juillet. Photo AFP
Accusé d'avoir été « plumé » et « embobiné » par l'Iran, le secrétaire d'État américain John Kerry a défendu sans faillir hier au Congrès l'accord sur le nucléaire iranien qui, à ses yeux, est « un bon compromis » qui mérite d'être approuvé par les élus, dont beaucoup y sont hostiles.
Les sanctions ne peuvent pas seules empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire, a fait valoir le chef de la diplomatie américaine devant la commission des Affaires étrangères du Sénat. « La vérité c'est que l'accord de Vienne apporte des moyens plus solides, plus complets et plus durables pour limiter le programme nucléaire iranien que toute autre alternative », a soutenu M. Kerry. Si l'accord est validé, il mettra l'Iran « sous surveillance intense pour toujours » et gardera le monde uni pour s'assurer que les activités nucléaires de Téhéran « restent entièrement pacifiques », a-t-il ajouté. « C'est un bon compromis pour le monde, un bon compromis pour l'Amérique, un bon compromis pour nos alliés et nos amis dans la région – et il mérite votre soutien », a-t-il martelé.
Le regard las derrière ses lunettes, John Kerry a dû faire face à un tsunami de critiques par les républicains membres de la commission, où il était entendu publiquement pour la première fois depuis la validation lundi de l'accord par le Conseil de sécurité de l'Onu. « On vous a plumés », a lancé le sénateur Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères, estimant que l'accord traçait « un chemin parfait » pour l'Iran vers la bombe nucléaire. « Avec tout le respect que je vous dois, vous avez été embobinés et le peuple américain va le payer », a renchéri le sénateur James Risch. « Tous ceux qui croient que c'est un bon compromis ont rejoint en fait les rangs des personnes les plus naïves de la terre », a-t-il estimé.
« À portée historique »
De son côté, le président iranien Hassan Rohani a déclaré hier que l'accord conclu entre l'Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire de la République islamique a une portée historique qui dépasse celle du débat sur ses infimes détails. Cet accord est vivement critiqué par la frange la plus conservatrice du pouvoir iranien, qui lui reproche d'empiéter sur la souveraineté du pays. Visant les opposants à l'accord, il a déclaré : « À présent, ils épluchent un à un les articles de l'accord trouvé à Vienne et la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. C'est bien, mais ce qui s'est passé a beaucoup plus de valeur et a beaucoup plus d'importance. » « Comment pourrait-on être iranien et ne pas applaudir notre équipe de négociateurs ? » a-t-il lancé lors d'un discours retransmis à la télévision. « L'accord reflète la volonté du peuple iranien, a-t-il déclaré, et le bloquer reviendrait à ignorer ce que le peuple réclamait lorsqu'il a été élu en 2013. C'est une nouvelle page de l'histoire. Elle ne s'est pas écrite lorsque nous avons trouvé l'accord le 14 juillet à Vienne, elle s'est écrite en août 2013 lorsque les Iraniens m'ont élu président. »
Hassan Rohani doit encore convaincre pour que l'accord de Vienne puisse produire ses effets. Le président iranien doit obtenir le feu vert du Conseil national de sécurité et celui du guide suprême de la révolution, la plus haute autorité du pays.
Par ailleurs, le président François Hollande s'est entretenu avec le président iranien, avec qui il a examiné « les conditions de la mise en œuvre » de l'accord sur le nucléaire iranien, a indiqué la présidence française hier.
(Source : agences)


BEC = PAROLES ! ONGLES = DÉCHIRURES ! ET PUIS... IL Y A DEUX SONS DE CLOCHE ! DEUX "FRANCHES" VERSIONS CONTRADICTOIRES ! QUI S'EST DÉCULOTTÉ LE PLUS ?
13 h 47, le 24 juillet 2015