Le président de la Chambre des représentants américaine, le républicain John Boehner, a dénoncé mardi l'accord nucléaire conclu avec l'Iran, et nombre de ses collègues parlementaires ont promis de tout faire pour tenter de le bloquer.
Cet accord "donnera à l'Iran des milliards en allégement de sanctions tout en lui donnant le temps et l'espace pour atteindre le seuil de capacité de production d'une bombe nucléaire, sans tricher", a déclaré John Boehner dans un communiqué. "Au lieu d'arrêter la propagation des armes nucléaires au Moyen-Orient, cet accord va probablement lancer une course aux armes nucléaires dans le monde".
Le Congrès n'a pas à approuver l'accord mais il a le pouvoir d'en bloquer un élément central: la suspension des sanctions américaines, contrepartie des engagements iraniens.
Débat et auditions doivent s'étaler sur les deux prochains mois, mais l'un des hommes-clés du dossier, le républicain Bob Corker, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat, a d'ores et déjà fait part de son "profond scepticisme sur la capacité de l'accord à empêcher l'Iran d'obtenir une arme nucléaire".
Pour son homologue de la Chambre des représentants, Ed Royce, le texte va être "difficile à vendre".
Des républicains ne prenaient pas les mêmes précautions et ont critiqué immédiatement l'accord, avant même de l'avoir lu en détails.
"Cette étape est la plus dangereuse et irresponsable que j'ai jamais vue dans l'histoire du Moyen-Orient", a déclaré Lindsey Graham, sénateur conservateur et candidat à la présidentielle, sur MSNBC, en y voyant une "possible peine capitale pour Israël".
Les élus reprochent à Barack Obama de légitimer la filière d'enrichissement nucléaire iranienne, de ne pas avoir créé de mécanisme d'inspection à leurs yeux suffisants, et d'aliéner les alliés sunnites régionaux des Etats-Unis, ainsi qu'Israël.
Beaucoup citent le précédent de l'accord conclu par Bill Clinton avec la Corée du Nord en 1994.
"Les Américains vont répudier cet accord, et je pense que le Congrès tuera cet accord", a assuré le sénateur républicain Tom Cotton, qui qualifie Téhéran de "régime malfaiteur, anti-américain et soutenant le terrorisme".
L'administration Obama a cinq jours pour soumettre au Congrès l'accord nucléaire. S'ouvrira ensuite une période de 60 jours, pendant laquelle les élus auront trois possibilités:
- ne rien faire;
- adopter une "résolution d'accord", de portée symbolique;
- adopter une "résolution de désaccord", qui interdirait à Barack Obama de suspendre la plupart des sanctions contre l'Iran.
Barack Obama a promis d'opposer son veto à une résolution qui l'empêcherait d'appliquer l'accord nucléaire, et les républicains auront besoin du soutien de deux tiers de chacune des chambres du Congrès pour surmonter ce veto. In fine, le président américain a donc besoin de convaincre au moins un tiers du Congrès de le soutenir.
Il pourra compter sur la coopération de ses alliés démocrates, dont beaucoup, mais pas tous, se disaient "fiers" mardi matin des efforts diplomatiques de Barack Obama.
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USA: les républicains défient Obama sur le nucléaire iranien
AFP / le 14 juillet 2015 à 15h56


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