Le chef du Courant patriotique libre (CPL), le député Michel Aoun, a orienté samedi ses foudres contre le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Jean Kahwagi, après l'incident survenu jeudi devant le Grand Sérail entre les manifestants et des soldats de l'armée autour du siège du gouvernement.
S'exprimant devant un groupe de partisans de la région de Aley venus lui exprimer leur soutien à Rabieh, le général Aoun a estimé que « l'agression » contre ses partisans jeudi dernier, devant le Grand Sérail, dans le centre-ville de Beyrouth, était « préméditée ».
Les manifestants avaient « pour instructions de ne pas affronter les soldats », a-t-il indiqué. « Les manifestations était pacifiques », a-t-il ajouté. Il a également indiqué que des convois de manifestants ont parcouru « tout le Liban sans causer de troubles sécuritaires ». « Les manifestants ont pourtant été violemment agressés et frappés à la tête. Les agressions étaient préméditées. L'intention était-elle de tuer (les manifestants) ? » a-t-il encore demandé, rejetant la responsabilité sur le chef de l'armée.
Et d'ajouter : « Nous suivons l'histoire de l'agression, disposons de tous les enregistrements et photos, et les noms des agresseurs seront divulgués dans les prochains jours. (...) Beaucoup de militaires se sont comportés selon l'esprit militaire, mais certains ont eu une mauvaise attitude. (...) Ce qui s'est produit dans la prison de Roumieh comme ratonnade des prisonniers était moins rude que ce qu'ont subi les jeunes du CPL. (...) Ce qu'ont commis certains soldats est une preuve de l'adoption d'une politique revancharde contre tous ceux qui s'opposent au chef, pas à l'armée. Il s'agit d'une agression préméditée, voire d'une tentative de meurtre. »
« Le communiqué de l'armée après l'incident était lamentable », a noté Michel Aoun. « À entendre ce communiqué, on s'imaginerait que le CPL a forcé le Grand Sérail et détruit les rues de Beyrouth. (...) Je déplore ce genre de comportement de la part du commandement (de l'armée) », a-t-il indiqué, qualifiant le communiqué de « propagande visant à couvrir un crime qui a été commis ». « Un militaire n'agit pas sans les ordres de son commandement. (...) Politiser l'armée et en faire une partie contre un groupe de citoyens est un péché impardonnable, surtout dans les circonstances actuelles », a ajouté le député du Kesrouan.
Le général Aoun a par ailleurs estimé que les propos qu'il avait tenus concernant le fédéralisme avaient été « sortis de leur contexte et déformés par la presse ». Selon lui, « le fédéralisme est une solution, mais elle doit bénéficier d'un consensus entre tous les Libanais ».
Il s'est aussi défendu contre les accusations de confessionnalisme portées contre lui. « On m'a injustement accusé de confessionnalisme, c'est honteux ! Nous voulons être des partenaires à part entière dans ce pays et je défends les droits de toutes les communautés », a-t-il ajouté.
Le chef du CPL a enfin réaffirmé que la Chambre actuelle était « illégitime », faisant valoir que l'élection d'un nouveau président de la République doit être le résultat « d'un compromis au niveau national, dans le cadre duquel nous sommes les mieux placés pour l'élection d'un chef de l'État ». Aussi a-t-il appelé à l'élaboration d'une nouvelle loi électorale et à des élections législatives, avant l'élection présidentielle.



Jalousie, quand tu nous tiens!
02 h 36, le 14 juillet 2015