La neurochirurgie libanaise est orpheline. Elle vient de perdre un père. Le Pr Gédéon Mohasseb s'est éteint.
Gédéon Mohasseb, c'est bien évidemment ce géant de la neurochirurgie, discipline qu'il a introduite au Liban, au côté de son fidèle ami, le Pr Fouad Haddad, dans les années 50.
À cette époque, il n'y avait ni scanner, ni IRM, ni microscope : seules les personnes dotées d'un sens clinique exquis et d'un courage titanesque étaient capables de s'aventurer dans le cerveau humain.
En fondant le service de neurochirurgie à l'Hôtel-Dieu, il a cherché à transmettre son savoir à ses fidèles disciples. Je suis fier d'en avoir été le dernier.
Doté d'un calme, d'une intelligence curieuse s'abreuvant à toutes les sources, d'un humour et d'une finesse d'esprit qui faisaient de lui un homme unanimement apprécié, le Pr Mohasseb nous a appris beaucoup de choses : de l'art d'opérer à la compassion avec les malades, au respect des confrères, et j'en passe.
La veille de son grand départ, je lui ai lu un petit mot écrit par ma fille de 12 ans : « Je sais que vous êtes et que vous resterez toujours un homme d'exception pour mon père et pour tout le Liban. » Elle savait qu'en cessant de vivre, vous rendrez tout un peuple orphelin.
Comme le disait Aragon : « Quand il faudra fermer le livre, ce sera sans regretter rien, j'ai vu tant de gens si mal vivre et tant de gens mourir si bien. » Eh bien, sachez, cher Maître, que le livre peut se refermer. Mais ne craignez rien, car notre combat continuera au nom des grandes valeurs que vous nous avez transmises.
Vous allez manquer à votre épouse Leila, à Sabine, Claudine, Georges et Élie.
Vous allez aussi bien nous manquer.
Dr Ronald MOUSSA
Agenda - Dr Ronald Moussa
Hommage au professeur Gédéon Mohasseb
OLJ / le 11 juillet 2015 à 00h18


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