À la fin de son match contre Radwanska, Muguruza, émue, est tombée à genoux sur le gazon londonien. Leon Neal/AFP
La n° 1 mondiale américaine Serena Williams, encore sans pitié avec sa rivale russe Maria Sharapova, a rejoint la joueuse espagnole Garbine Muguruza en finale de Wimbledon, où elle briguera demain une sixième couronne, la 21e en grand chelem.
Proche du record de Steffi Graf, lauréate de 22 trophées majeurs, la reine Serena est toujours en course pour réaliser le grand chelem sur une année calendaire, comme la star allemande l'avait fait en 1988. Elle a déjà fait la moitié du chemin en remportant l'Open d'Australie et Roland-Garros, après avoir achevé la saison 2014 avec un sixième US Open, le troisième d'affilée. Il lui reste donc huit matches à remporter pour égaler Graf : la finale demain sur le « Centre Court », pour la première fois depuis 2012, et sept autres rencontres lors de la compétition new-yorkaise (31 août-13 septembre). Elle pourrait alors se pencher sur un autre record – absolu – établi par l'Australienne Magaret Court, 24 fois titrée en « Majeurs » entre 1960 et 1973.
À bientôt 34 ans (le 26 septembre), la cadette des sœurs Williams, qui ne veut plus entendre parler de record, a déjà l'occasion de réaliser le grand chelem sur deux ans, une prouesse qu'elle a déjà réussie entre 2002 et 2003. Si elle réédite sa prestation de haut vol contre Sharapova, l'Américaine devrait y parvenir. Grâce à sa puissance incomparable et un service efficace (13 aces), elle a maté la tsarine pour la 17e fois d'affilée (18 succès à 2 au total). La Sibérienne de 28 ans, qui ne l'a plus battue depuis onze ans et ne lui a plus pris un set en six rencontres, a vite souffert de sa force de frappe. La n° 1 mondiale a plié l'affaire en 1 heure et 19 minutes, sans devoir défendre une seule balle de break.
La tsarine impuissante
Rapidement sous l'eau dans la première manche, Sharapova s'est accrochée. Mais à vouloir à tout prix tenir le bras de fer contre l'Américaine en fond de court, la lauréate de l'édition 2004 s'est brûlé les ailes.
À 2-2, la solidité de Williams dans l'échange et ses accélérations en coup droit ont encore fait la différence. L'Américaine, qui connaît par cœur la stratégie de la Russe, a inscrit deux jeux consécutifs. Menée 0-30 sur son service à 4-3, elle a catapulté quatre services puissants pour tuer dans l'œuf la rébellion de Sharapova, incapable de trouver des solutions. Les trois aces sur son dernier jeu ont fini par achever la tsarine.
Après cette démonstration de force, Serena aborde la finale avec une énorme confiance. Mais elle devra toutefois se méfier de l'athlétique Muguruza, qui l'avait surprise au deuxième tour de Roland-Garros l'an passé (6-2, 6-2).
Première pour Muguruza
La Barcelonaise d'origine vénézuélienne a apprivoisé le gazon et est en passe de devenir la seconde Espagnole, après Conchita Martinez en 1994, à soulever le Venus Rosewater Dish. La 20e mondiale – qui intégrera le top 10 pour la première fois lundi – a déjà mis fin à 19 ans d'attente dans son pays en marchant sur les traces de l'illustre Arantxa Sanchez, finaliste en 1995 et 1996.
Novice à ce niveau en grand chelem, la jeune femme (21 ans) a surmonté son manque d'expérience par sa fougue et sa puissance face à la joueuse polonaise Agnieszka Radwanska, finaliste en 2012. Victorieuse 6-2, 3-6, 6-3 de ce match accroché, l'Espagnole a multiplié les coups gagnants (39 contre 16). Sa nervosité l'a rattrapée lorsqu'elle a mené 3-1 dans la deuxième manche. Mais elle a réagi dans le dernier acte en mettant à mal la défense de Radwanska par sa puissance.
« J'ai travaillé toute ma vie pour ça. Je ne trouve pas les mots », a affirmé, émue, Muguruza. « C'était un match difficile. Agnieszka a tellement d'expérience, mais je n'ai jamais cessé de me battre », a ajouté la 20e mondiale.
(Source : AFP)

