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Moyen Orient et Monde - Algérie

L’armée à la rescousse pour mettre fin aux violences entre Arabes et Berbères

Le président Bouteflika a tenu une réunion d'urgence avec le Premier ministre et le chef de l'état-major de l'armée pour résoudre la crise intercommunautaire à Ghardaïa.

Des Algériens évaluent les dégâts dans un bâtiment endommagé après les violences intercommunautaires entre Arabes et Berbères. Farouk Batiche/AFP

Le gouvernement algérien a chargé l'armée et la justice de mettre fin aux violences entre Arabes et Berbères dans la région de Ghardaïa, dans le Sud, qui ont fait plus de 20 morts et des dizaines de blessés ces derniers jours.
À l'issue d'une réunion extraordinaire, M. Bouteflika a chargé le commandant de la 4e région militaire de superviser les opérations « pour le rétablissement et la préservation de l'ordre public à travers la wilaya de Ghardaïa ». Il a également demandé que la justice « prenne en charge, avec diligence et sévérité, toutes les violations de la loi (...) et notamment l'atteinte à la sécurité des personnes et des biens », selon un communiqué de la présidence.
Barricades de pneus, de brouettes et d'objets divers, locaux commerciaux, maisons et véhicules incendiés : la ville de Guerara portait hier matin les stigmates des affrontements des jours précédents, a constaté un photographe de l'AFP. Aucun déploiement de soldats n'était toutefois visible dans cette localité où 19 personnes sont mortes dans la nuit de mardi à mercredi, le plus lourd bilan depuis le début de la crise communautaire en décembre 2013. Au moins trois autres ont été tuées ailleurs dans la région de Mzab, à environ 500 km au sud d'Alger. La brusque flambée de violences a été déclenchée mardi peu avant minuit lorsque des hommes au visage masqué et armés de fusils de chasse ont ouvert le feu sur des habitants, selon une version des faits non confirmée du quotidien el-Khabar. Les corps ont été difficilement évacués par les familles, faute de sécurité pouvant permettre aux pompiers d'intervenir, selon le journal. Le journal el-Watan évoque la présence de « hordes encagoulées » à bord de motos qui ont obligé les habitants à quitter leurs maisons, ensuite incendiées, et face auxquelles les policiers ont paru impuissants.

Plan d'asphyxie
Majoritaires dans la région, les mozabites, dont le fief de Ghardaïa est un joyau touristique classé au patrimoine mondial de l'Unesco, continuent de vivre selon un modèle social propre. Ils habitent des quartiers spécifiques et se différencient par leur tenue traditionnelle, calotte et pantalon bouffant surmonté d'une chemise ou d'une djellaba, qu'ils portent souvent même loin de leur région d'origine.
Forte solidarité, contrôle social, modes de vie et d'habitat propres caractérisent leur modèle perçu parfois comme un « empêchement à l'adhésion à la nation » dans un pays dirigé par un pouvoir politique centralisé, souligne la sociologue Fatima Oussedik.
Issu de la communauté mozabite, l'universitaire Rostom el-Djazaïria dénonce dans el-Watan « un plan d'asphyxie de toute une population, doublé d'une démarche calomnieuse et machiavélique bien struturée visant l'isolement moral, politique et médiatique de celle-ci ». Pour le pouvoir, la voie consisterait à dicter à la communauté mozabite, sous la menace et la terreur savamment dosés, distillés et sous-traités, les termes de sa soumission, du renoncement à sa différenciation, de l'application du processus de désintégration et l'extinction de sa civilisation, analyse-t-il. La « solution policière » n'a rien apporté, constatait hier le quotidien La Tribune. « La crise est une des expressions de la crise de l'État national qui, loin de valoriser la spécificité des régions, a ignoré les formes d'auto-organisation ancestrales », juge son éditorialiste
(Source : AFP)

Le gouvernement algérien a chargé l'armée et la justice de mettre fin aux violences entre Arabes et Berbères dans la région de Ghardaïa, dans le Sud, qui ont fait plus de 20 morts et des dizaines de blessés ces derniers jours.À l'issue d'une réunion extraordinaire, M. Bouteflika a chargé le commandant de la 4e région militaire de superviser les opérations « pour le rétablissement et la préservation de l'ordre public à travers la wilaya de Ghardaïa ». Il a également demandé que la justice « prenne en charge, avec diligence et sévérité, toutes les violations de la loi (...) et notamment l'atteinte à la sécurité des personnes et des biens », selon un communiqué de la présidence.Barricades de pneus, de brouettes et d'objets divers, locaux commerciaux, maisons et véhicules incendiés : la ville de Guerara...
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