En l'absence de la superstar jamaïcaine Usain Bolt, forfait sur blessure, le meeting de Lausanne, étape de la Ligue de diamant, offre aujourd'hui un 100 m explosif avec les trois sprinteurs les plus rapides du moment : Justin Gatlin, Tyson Gay et Asafa Powell. Avant les championnats du monde fin août à Pékin, ce 100 m de Lausanne représente « certainement la plus grande course de la saison », a estimé l'athlète jamaïcain Powell, ancien détenteur du record du monde sur la distance en 9''74/100es.
Gatlin (33 ans), champion olympique en 2004 et vice-champion du monde en 2013, est invaincu depuis août 2013, soit 25 courses, et a réussi cette saison la meilleure performance mondiale sur 100 m (9''74 le 15 mai à Doha) et 200 m (19''57 le 28 juin à Eugene, aux États-Unis). L'Américain au sulfureux passé est devenu celui qui peut mettre fin au règne de Bolt, qui devait s'aligner sur le 200 m à Paris et à Lausanne, mais est forfait en raison d'un problème à la jambe gauche. « Tout le monde peut être battu et Gatlin est battable », s'est avancé Gay, l'athlète américain champion du monde en 2007, qui détient le 3e meilleur chrono de l'histoire (9''69). « Je ne sais pas pourquoi il (Gatlin) pense qu'il est imbattable, car il est battable », a renchéri Powell.
Pour son 40e anniversaire, le meeting Athletissima de Lausanne, 9e étape de la Ligue de diamant, offre donc un plateau de premier choix. Le sprint y a toujours occupé une place à part : c'est à Lausanne que Leroy Burrell avait battu le record du monde en 1994 (9''85).
Le retour de Mo Farah
Outre le 100 m, l'attention sera dirigée vers le double champion olympique Mo Farah, qui retrouve la compétition sur 5 000 m en pleine tourmente entourant son entraîneur Alberto Salazar pour des suspicions de dopage. Le Britannique, qui n'a que peu couru cette année, avait déclaré forfait le 7 juin pour la réunion de la Ligue de diamant de Birmingham, s'estimant « émotionnellement et physiquement vidé » par les dommages collatéraux de l'affaire Salazar.
Autre tête d'affiche, le perchiste français, recordman du monde, Renaud Lavillenie. Battu à Saint-Denis, le champion olympique, qui restait sur six victoires consécutives, retrouvera samedi le perchiste grec Konstadinos Filippidis qui s'est imposé avec 5,91 m. « Je répète depuis des mois que je ne suis pas imbattable, a expliqué Lavillenie. Avoir une compétition cinq jours plus tard, ça me permet de me remettre dedans et de comprendre les raisons de cet échec pour repartir de l'avant. Ça ne remet pas en cause les objectifs de la saison. »
Sur le 800 m, le Français Pierre-Ambroise Bosse trouvera face à lui le grand favori, le champion olympique kényan et recordman du monde David Rudisha, qui tentera de menacer le record de la piste établi par Wilson Kipketer en 1997 en 1'42''61/100es. « Pour s'attaquer au record de Kipketer, la météo devrait être bonne, a expliqué Rudisha. Nous sommes suffisamment en forme pour viser un temps autour de 1'42'', mais on a besoin d'une météo idéale. Même 1'42''50, c'est un objectif difficile, mais pourquoi pas ? »
Chez les femmes, sur le sprint, le 200 m offrira également un duel somptueux entre l'Américaine Allyson Felix (29 ans), championne olympique de la distance en 2012 à Londres, et la Néerlandaise Dafne Schippers, double championne d'Europe sur 100 et 200 m. En saut en hauteur, la Croate Blanka Vlasic, ancienne championne du monde, a déclaré forfait en raison d'un problème au tendon d'Achille droit, afin de se préserver pour les championnats du monde. Le concours devrait se jouer entre l'Espagnole Ruth Beitia, qui a sauté cette saison à 2 m, et la championne olympique de Londres, la Russe Anna Chicherova.
(Source : AFP)
Présidence de l'IAAF : Lavillenie « ne cache pas » son soutien à Bubka
L'athlète français Renaud Lavillenie, champion olympique de saut à la perche, pour qui l'athlétisme a besoin « d'idées fraîches », a indiqué hier qu'il apportait son soutien à l'ex-tsar de la perche Sergueï Bubka dans la course à la présidence de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF). « Je ne cache pas mon soutien à Sergueï, je suis très proche de lui », a déclaré Lavillenie, à la veille du meeting de Lausanne où il essaiera de renouer avec la victoire. « Je serais content que la famille de la perche l'emporte sur celle du demi-fond », a ajouté Lavillenie, alors que Bubka se présente face à un ex-champion de demi-fond, le Britannique Sebastian Coe, lors de l'élection à la présidence de l'IAAF qui se tiendra fin août à Pékin. « Mais mon soutien, ce n'est pas une prise de position clairement établie, a précisé le champion français. Les deux candidats sont deux très bons candidats. Les deux qui se présentent sont pour moi très bien et pourront l'un et l'autre apporter une nouvelle vague à l'athlétisme mondial, et c'est très positif. »

