L'ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne a été "invité" jeudi à la chancellerie pour s'expliquer sur les révélations de Wikileaks selon lesquelles l'agence de renseignement américaine NSA a espionné plusieurs ministres allemands, selon une source gouvernementale.
Confirmant l'invitation faite à John Emerson, révélée jeudi après-midi par le Frankfurter Allgemeine Zeitung, cette source n'a pas précisé si l'entretien avait déjà eu lieu, ni avec qui.
Selon les documents révélés par Wikileaks et cités mercredi par le quotidien Süddeutsche Zeitung, la NSA a non seulement écouté un portable de la chancelière Angela Merkel mais s'est aussi intéressée aux activités des ministères des Finances, de l'Economie et de l'Agriculture.
"L'actuel ministre de l'Economie et vice-chancelier Sigmar Gabriel était à l'époque dans l'opposition mais on peut néanmoins estimer qu'il a été ou est écouté", a estimé le journal de Munich, faisant état d'une liste de numéros écoutés remontant aux années 2010-2012.
Le parquet fédéral de Karlsruhe (sud-ouest), qui avait classé mi-juin l'enquête sur l'écoute présumée d'un portable d'Angela Merkel, a annoncé jeudi dans un communiqué qu'il examinait les nouvelles révélations "dans le cadre de son rôle de poursuite" pour décider d'une éventuelle reprise des investigations.
Par ailleurs, dans la liste en possession de la NSA se trouve le numéro de l'ancien ministre des Finances Oskar Lafontaine qui a quitté son poste en 1999. Ce numéro est " toujours actif, celui qui le compose atterrit au secrétariat du ministre des Finances, Wolfgang Schäuble", souligne le Süddeutsche Zeitung.
Les Allemands, très sensibles aux questions de données privées notamment à cause de leur expérience des dictatures nazie et communiste, avaient été choqués par les révélations de l'ancien consultant de la NSA, Edward Snowden, sur un vaste système de surveillance électronique du pays et ce, pendant plusieurs années.
Selon ces premières révélations, un portable de la chancelière avait également été écouté, ce qui avait affecté la relation entre l'Allemagne et les États-Unis, traditionnellement très étroite.
"L'espionnage entre amis, cela ne va pas du tout", avait alors déclaré Mme Merkel. De son côté, le président américain Barack Obama avait exclu de futures opérations d'espionnage de Mme Merkel, laissant de facto entendre qu'elle avaient eu lieu dans le passé.
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Espionnage : l'ambassadeur des USA "invité" à s'expliquer chez Merkel
AFP / le 02 juillet 2015 à 16h38


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