Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Réuni après trois semaines de crise, le gouvernement reste divisé

Aoun agite la menace d'une "explosion".

Après trois semaines sans réunions, le Conseil des ministres s'est tenu jeudi pendant près de trois heures. Photo an-Nahar.

Après trois semaines sans réunions, le Conseil des ministres s'est tenu jeudi pendant près de trois heures. 

Le communiqué publié à l'issue de la réunion indique que le Premier ministre Tammam Salam a invité les ministres présents à "adopter une attitude positive afin de faciliter le travail du gouvernement". Il a également réitéré "la nécessité de donner la priorité au consensus, sans que ce dernier n'aboutisse au blocage".

Le communiqué ajoute que "les ministres ont donné leur avis sur les raisons de l'absence de réunions pendant trois semaines. Un débat approfondi a ensuite porté sur la question de l'ordre du jour des réunions du cabinet et de ses prérogatives constitutionnelles". 

Aucune mention de l'ouverture d'une séance parlementaire extraordinaire n'est faite dans le texte. M. Salam avait estimé mardi que l'ouverture d'une telle session, en vue d'adopter "les lois qui ne peuvent attendre", était devenue urgente. Le président de la Chambre Nabih Berry avait pour sa part estimé mercredi que "le contexte actuel impose à tout le monde de réactiver les institutions et non pas de les paralyser".

 

Consensus et non blocage
Contacté par L'Orient-Le Jour, le ministre d’État, Nabil de Freige, a affirmé que la question d'ouvrir ou non une séance parlementaire extraordinaire n'a pas été évoquée lors du Conseil des ministres. "Le décret a simplement circulé entre les ministres afin qu'ils le signent", a-t-il souligné. Les ministres des Kataëb et du Courant patriotique libre n'ont pas signé, selon lui. M. de Freige a affirmé avoir, lui, signé le décret "car certaines lois doivent être adoptées immédiatement".

Il s'agit de lois portant sur des projets financés par des prêts bonifiés de la Banque mondiale, a-t-il expliqué. "La semaine dernière, la BM était sur le point de ne plus financer de projets au Liban, mais elle a reporté sa décision au 18 juillet", a noté M. de Freige affirmant que le total des prêts que le Liban devait recevoir dépasse le milliard de dollars. "La BM nous a prévenus que si l'on ne vote pas les lois, l'argent ne sera plus à notre disposition", a-t-il ajouté estimant que "la situation économique et financière du pays est en régression et que ce n'est pas le moment de s'abstenir de légiférer".

Le ministre du Travail, Sejaan Azzi, a de son côté indiqué à L'Orient-Le Jour que les ministres du CPL, les huit ministres indépendants et lui-même n'ont pas signé le décret. "Nous considérons que le Parlement n'est pas une instance de législation lors de la vacance présidentielle mais une instance électorale qui a pour seul rôle d'élire un président de la République", a-t-il affirmé.


Concernant les discussions qui ont eu lieu sur le mécanisme de prise de décisions au sein du cabinet, le ministre Kataëb a précisé : "Le parti tient toujours au mécanisme élaboré après la vacance présidentielle : les décisions doivent être prises dans une ambiance consensuelle". Il a toutefois ajouté que "consensus n'implique pas unanimité ou blocage". "Mais, a-t-il noté, les ministres du CPL ont continué à soulever la question des nominations (aux postes sécuritaires), celle du rôle du Premier ministre et celle enfin du mécanisme de prises de décision, tout cela pour empêcher le cabinet de passer à l'ordre du jour".


"Il y aura une explosion"
Le chef du CPL, Michel Aoun, a d'ailleurs exprimé son mécontentement peu après la réunion du Conseil des ministres, agitant la menace d'une escalade.  "Le gouvernement est passé outre le principe du partenariat et se comporte désormais en gouvernement putschiste, a martelé le leader chrétien, à l'issue d'une réunion extraordinaire de son bloc parlementaire et de ses ministres à Rabieh. Si la situation reste inchangée, le gouvernement sera considéré comme illégal (...)".

"Il y aura une explosion si une décision est prise au sein du gouvernement, malgré notre désaccord", a prévenu M. Aoun, sans plus de précision. Il faisait probablement allusion au mécanisme de vote au sein du gouvernement. A l'ombre de la vacance à la présidence, il a été convenu de prendre toutes les décisions en Conseil des ministres à l'unanimité. Toutefois, certaines parties réclament le vote à la majorité absolue ou aux deux-tiers. M. Aoun a ainsi critiqué les tergiversations à ce sujet : "Tantôt on évoque la moitié plus un, tantôt neufs moins deux... s'agit-il d'un jeu de Monopoly ?", a-t-il ironisé.

Se disant inquiet pour les "droits des chrétiens", M. Aoun a menacé : "On nous pousse à l'explosion. Soit ! Nous n'avons pas peur de l'affrontement car ce sont nos droits qui sont bafoués. Pourquoi devons-nous accepter un président de la République qui ne représente pas les chrétiens ?".

Michel Aoun a par ailleurs insisté qu'en l'absence d'un chef de l'Etat (depuis le 25 mai 2014), c'est le gouvernement qui le représente, "à titre intérimaire. "Que personne ne s'avise de violer la Constitution et nos droits", a-t-il insisté.

Interrogé par les journalistes sur les mesures concrètes que son parti compte prendre, M. Aoun a affirmé que "nous nous concerterons au sein de notre formation pour décider des mesures à venir", refusant d'en dire plus. "Nous prendrons une décision d'ici la prochaine séance du Conseil des ministres", a-t-il conclu. La date du prochain Conseil des ministres n'a pas été fixée au terme de la réunion d'aujourd'hui.


Jeudi, une seule décision a été prise par le gouvernement qui, suite à la demande du ministre de l'Agriculture de soutenir les exportations libanaises, a décidé de consacrer 21 millions de dollars permettant de faciliter l'exportation dans le domaine de l'agriculture et de l'industrie. Dans une déclaration faite à la LBCI, le ministre de l'Environnement Mohammad Machnouk a indiqué que "les ministres du CPL et du Tachnag ont contesté cette décision".

En marge de la réunion, un petit incident a en outre eu lieu. Au moment où le ministre de l’Éducation, Elias Bou Saab, faisait une déclaration à la presse, la retransmission aurait été coupée. M. Bou Saab a alors estimé qu'il s'agit "d'une répression que nous n'avions pas vécue à l'époque de Rustom Ghazalé. C'est une preuve du refus du partenariat".

Lors de sa conférence de presse M. Bou Saab avait déclaré : "Nous avons différents points de vue (...) et il est clair qu'aujourd'hui nous n'avons pas pu nous mettre d'accord". "Celui qui est responsable du boycott est celui qui entrave le véritable partenariat et il ne peut y avoir de solution sans ce partenariat", avait-il également souligné.

 

Lire aussi
Salam et Berry en maîtres-tacticiens..., l’éclairage de Philippe Abi-Akl

Par-delà les propositions de solution, le retour à la réalité du consensus s'impose

Berry : Oui à la dynamisation des institutions, non à la paralysie

Après trois semaines sans réunions, le Conseil des ministres s'est tenu jeudi pendant près de trois heures. 
Le communiqué publié à l'issue de la réunion indique que le Premier ministre Tammam Salam a invité les ministres présents à "adopter une attitude positive afin de faciliter le travail du gouvernement". Il a également réitéré "la nécessité de donner la priorité au consensus, sans que ce dernier n'aboutisse au blocage".
Le communiqué ajoute que "les ministres ont donné leur avis sur les raisons de l'absence de réunions pendant trois semaines. Un débat approfondi a ensuite porté sur la question de l'ordre du jour des réunions du cabinet et de ses prérogatives constitutionnelles". 
Aucune mention de l'ouverture d'une séance parlementaire extraordinaire n'est faite dans le texte. M. Salam avait estimé...
commentaires (4)

Ce n'est pas à Michel Aoun, simple député comme tous les autres, de désigner qui est le Président qui représente les chrétiens ou pas. Afin de justifier son passage tous les fins de mois pour encaisser indûment son salaire, il ferait mieux de se déplacer au Parlement pour participer, comme tout un chacun, au scrutin présidentiel. C'est le Parlement qui élit le Président et non pas n'importe quel quidam.

Annie

20 h 27, le 02 juillet 2015

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Ce n'est pas à Michel Aoun, simple député comme tous les autres, de désigner qui est le Président qui représente les chrétiens ou pas. Afin de justifier son passage tous les fins de mois pour encaisser indûment son salaire, il ferait mieux de se déplacer au Parlement pour participer, comme tout un chacun, au scrutin présidentiel. C'est le Parlement qui élit le Président et non pas n'importe quel quidam.

    Annie

    20 h 27, le 02 juillet 2015

  • Tous SANS EXCEPTION à la poubelle.....mais meme la poubelle ne veut plus d'eux.

    Tabet Karim

    19 h 09, le 02 juillet 2015

  • Obsession + explosion + sans pudeur, ça a l'effet d'une bombe atomique, mon ami. Comme s'il y avait encore quelque chose à détruire dans "leur" pays de mmmmmmmmmmmm !!.....

    Halim Abou Chacra

    18 h 34, le 02 juillet 2015

  • PAUVRE PAYS ! PAUVRE ATOLL ! MÊME PAS UNE RÉPUBLIQUE BANANNIÈRE ! DES VAURIENS... CONTRE D'AUTRES VAURIENS...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 42, le 02 juillet 2015

Retour en haut