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Liban - Décryptage

Vacances prolongées pour le gouvernement...

D'une semaine à l'autre, le gouvernement prolonge ses vacances forcées. Après des rumeurs sur une éventuelle réunion du Conseil des ministres la semaine prochaine, il est de plus en plus probable qu'il va falloir attendre encore un peu. Pourtant, les contacts se poursuivent pour tenter de trouver une issue à la crise actuelle. Ils sont essentiellement menés par le président de la Chambre, Nabih Berry, et le chef du PSP, Walid Joumblatt, avec le Premier ministre, Tammam Salam. Mais, jusqu'à présent, aucun indice ne permet de croire à un déblocage rapide de la crise dite des nominations militaires.

Le sujet a été toutefois évoqué lors de la treizième séance de dialogue entre les représentants du courant du Futur et ceux du Hezbollah, qui s'est tenue à Aïn el-Tiné le lundi 15 juin. Selon les participants à cette réunion, les discussions étaient calmes et ont porté sur des questions de fond, contrairement à la tension entre les deux formations véhiculée par les médias. Les représentants du Hezbollah ont ainsi évoqué avec ceux du courant du Futur le problème posé par les positions du général Michel Aoun. Les représentants du Hezb ont rappelé à leurs interlocuteurs que c'est le chef du courant du Futur, Saad Hariri, qui a, à deux reprises, fait au chef du CPL des promesses qu'il n'a pas tenues. Cela a commencé avec la rencontre de Rome entre les deux hommes, lorsqu'il a été question de la présidence de la République et de la présidence du Conseil.

L'idée était alors qu'il serait dans l'intérêt des deux parties et du Liban en général que le plus populaire au sein de la communauté chrétienne soit élu à la présidence de la République alors que le plus fort au sein de la communauté sunnite deviendrait président du Conseil, dans le cadre d'un accord global qui permettrait au Liban de souffler un peu et de faire baisser la tension, alors que la région est en train de brûler. Saad Hariri avait trouvé l'idée intéressante et il avait réclamé un peu de temps pour convaincre ses alliés. Il n'a plus ensuite donné de réponse claire, se contentant de conseiller au général Aoun d'obtenir l'accord des parties chrétiennes au sein du 14 Mars. Michel Aoun a suivi ce conseil et a entamé un dialogue avec les Forces libanaises qui a abouti à une déclaration d'intentions qui parle clairement de « l'élection d'un président fort », autrement dit populaire, au sein de sa communauté. Malgré cela, M. Hariri n'a plus donné signe de vie.

Même chose au cours du fameux dîner d'anniversaire qui a réuni à son domicile le chef du Futur et le leader du CPL. Là aussi, Saad Hariri a proposé au général Aoun un accord sur les nominations militaires et sécuritaires, suggérant de nommer le général Chamel Roukoz à la tête de l'armée et l'un des deux généraux, Osman ou Chéhadé, à la tête des FSI. Une fois de plus, l'ancien Premier ministre devait se rétracter par la suite. Les représentants du Hezbollah ont demandé à leurs interlocuteurs les raisons de ces rétractations et leur objectif, sachant qu'elles poussent les chrétiens à se radicaliser. La réponse du courant du Futur était un peu vague, et les représentants de ce courant se sont contentés de lancer que « le général veut tout. Il veut être président, et, en même temps, il veut le commandement de l'armée pour son candidat, et Dieu sait encore quels autres postes... Nous ne pouvons pas lui donner tout, car il y a d'autres composantes chrétiennes dans ce pays ».

Les représentants du Hezbollah ont ainsi eu le sentiment que leurs interlocuteurs souhaitaient ouvrir des négociations en prélude à une sorte de bazar politique. Ils se sont empressés de couper court à la conversation en disant que « s'il faut des négociations sur ces sujets pour aboutir à des concessions réciproques, il faut les mener avec le général Aoun lui-même ». L'ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui ne participe pas aux réunions de dialogue, en a profité pour mettre le chef du CPL devant le choix suivant : s'il veut que son candidat soit nommé au commandement de l'armée, il doit clairement renoncer à la présidence. Cette position était de nature à entraver toute possibilité de négociation avec le général Aoun, au moment où le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk avait pris le chemin de Rabieh dans ce but. Il s'agissait en quelque sorte de couper court à toute possibilité d'accord avec le chef du CPL et en même temps de placer le Hezbollah dans une situation difficile, en porte-à-faux avec son allié, d'une part, et ses interlocuteurs du courant du Futur, de l'autre. Surtout que le général Aoun avait menacé de pousser ses ministres à quitter le gouvernement. Ce qui aurait soulevé un tollé contre lui, sachant que le maintien de ce gouvernement est une nécessité à la fois interne, régionale et internationale.

Michel Aoun s'est ainsi trouvé devant trois choix : soit il demande à ses ministres et à leurs alliés de démissionner, soit il leur demande de boycotter les réunions du gouvernement, sans aller jusqu'à démissionner, soit ceux-ci assistent aux réunions mais entravent l'adoption des décisions, puisque, selon le mécanisme décidé par le Premier ministre à la suite de la vacance présidentielle, tous les ministres doivent être d'accord pour qu'une décision soit adoptée. Le général Aoun a choisi pour l'instant la dernière option, exigeant que le thème des nominations militaires figure en tête de l'ordre du jour de la prochaine réunion, faute de quoi ses ministres assisteront mais entraveront l'adoption des décisions. Les ministres Gebran Bassil et Mohammad Fneich se sont rendus ensemble au Sérail pour expliquer cette position au Premier ministre. Ce dernier se voit ainsi obligé de reporter la convocation d'une séance... jusqu'à nouvel ordre.

 

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D'une semaine à l'autre, le gouvernement prolonge ses vacances forcées. Après des rumeurs sur une éventuelle réunion du Conseil des ministres la semaine prochaine, il est de plus en plus probable qu'il va falloir attendre encore un peu. Pourtant, les contacts se poursuivent pour tenter de trouver une issue à la crise actuelle. Ils sont essentiellement menés par le président de la Chambre, Nabih Berry, et le chef du PSP, Walid Joumblatt, avec le Premier ministre, Tammam Salam. Mais, jusqu'à présent, aucun indice ne permet de croire à un déblocage rapide de la crise dite des nominations militaires.Le sujet a été toutefois évoqué lors de la treizième séance de dialogue entre les représentants du courant du Futur et ceux du Hezbollah, qui s'est tenue à Aïn el-Tiné le lundi 15 juin. Selon les participants à cette...
commentaires (6)

Un Décryptage tragi-comique. Comme la situation politique d'ailleurs.

Halim Abou Chacra

11 h 11, le 27 juin 2015

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Commentaires (6)

  • Un Décryptage tragi-comique. Comme la situation politique d'ailleurs.

    Halim Abou Chacra

    11 h 11, le 27 juin 2015

  • C'est une honte...................

    Beauchard Jacques

    09 h 52, le 27 juin 2015

  • ABRUTISSEMENT DES CRIMINELS BOYCOTTEURS... HÉBÉTUDE DES CRIMINELS NULLITÉS... ET LA DESCENTE AUX ENFERS SÉCURITAIRES ET ÉCONOMIQUES... MAIS AUSSI EXISTENTIELS CONTINUENT SANS POSSIBLE ARRÊT !!! TELLE, TRÈS CHÈRE MADAME SCARLETT HADDAD, EST LA VÉRITÉ QUE NOUS VIVONS!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 32, le 27 juin 2015

  • Bazar de chez bazar....entre-temps le navire coule..

    Tabet Karim

    09 h 17, le 27 juin 2015

  • "Les représentants du Hezbollah ont ainsi eu le sentiment que leurs interlocuteurs souhaitaient ouvrir des négociations en prélude à une sorte de bazar politique. Ils se sont empressés de couper court à la conversation en disant que s'il faut des négociations sur ces sujets pour aboutir à des concessions réciproques, il faut les mener avec le général Aoun lui-même ; woû bass." ! Woulak yâ äâmméh quelle "pureté" et quelle classe, yâââï, ces gens de ce héZébbb mahééék ? !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    08 h 29, le 27 juin 2015

  • "L'idée était alors qu'il serait dans l'intérêt des deux parties et du Liban en général que le plus populaire au sein de la communauté chrétienne soit élu à la présidence de la République alors que le plus fort au sein de la communauté sunnite deviendrait président du Conseil, dans le cadre d'un accord global qui permettrait au Liban de souffler un peu et de faire baisser la tension, alors que la région est en train de brûler." lol l'un est populaire et l'autre et le plus fort?! "qui a abouti à une déclaration d'intentions qui parle clairement de « l'élection d'un président fort », autrement dit populaire, au sein de sa communauté" ok j'ai compris .. maintenant il est dit que en grosso modo enfin ce qu'on veut qu'on retienne que a chaque fois que hariri et aoun arrive a un compromis apres avoir parler avec ces allies il se retracte... mais c'est la preuve d'un respect mutuel entre allies!! le pb c'est que certain n'arrive pas a digerer que c'est pas pareil en face ..

    Bery tus

    02 h 27, le 27 juin 2015

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