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Lifestyle - Beyrouth Insight

Randa Ghossoub, pas si « Fragile » que ça...

La chanteuse vient de sortir un nouvel album, « Subtle thrills ». Émotions, en toute subtilité. Rencontre.

La couverture de l’album, dans les bacs libanais.

La voix chaude, profonde, trempée dans la mélancolie des choses de la vie. Par moments légèrement cassée, sensuelle, par d'autres plus piquante, Randa Ghossoub navigue sur des airs de jazz, entre Montréal et Beyrouth, où elle partage son temps et sa carrière. « Fille de jazz », comme elle se qualifie, elle est surtout heureuse d'être revenue, pour ce quatrième opus, à une ambiance plus feutrée, composée de reprises dont elle prend possession, lentement, musicalement et dans un plaisir pleinement savouré.

Après Pillow Talk (2002), I belong (2006) et Moon Breeze (2010), et des ballades entre musique du monde parfois orientalisée et jazz, Randa (tout court, car c'est ainsi qu'elle signe ses albums) imprime sa voix sur Subtle thrills, un album où elle s'entoure à nouveau de sa bande de musiciens, tous célèbres dans le monde du jazz. Cyrus Chestnut, au piano, claviers et (très beaux) arrangements, complice de ses états d'âme également, Dezron Douglas à la basse, Lewis Nash à la batterie, le quatuor qui se comprend à demi-notes est reformé.

« J'étais dans une introspection personnelle, confie-t-elle, j'avais besoin de faire un retour aux sources. En chantant Caravan ou My Funny Valentine en arabe, on a fait des écarts. C'est bien, c'est de cette façon qu'on se découvre et qu'on s'assure de ses amours. » Ses amours actuelles s'appellent, sur cet album où elle chante en plusieurs langues, La belle dame sans regrets (Sting & Dominic Miller), Get out of town (Cole Porter), Fragile (Sting), So in love (Cole Porter) ou encore Blue Moon (Richard Rogers & Lorenz Hart). « J'ai voulu revisiter ces chansons. Après un échange avec Cyrus, concernant surtout le mood, les tonalités et le rythme, nous avons abouti à ce résultat. »

Intimité partagée
Les titres, comme tous ceux qui figurent sur Subtile Thrills, flottent dans une ambiance ouatée de nuit blanche entre amis. Cette nuit particulière de février 2014 durant laquelle a été enregistré l'album au Alleycat studio de New Jersey, avec, comme invités, Antonio Hart au saxophone, Freddie Hendrix au bugle et à la trompette et Roger Squitero aux percussions. « Après avoir eu toutes les peines du monde à réunir les musiciens, pris dans des engagements personnels, nous avons réussi à fixer une date, raconte-t-elle. Ce jour-là, New York vivait la tempête du siècle ! Les routes étaient bloquées par la neige et il était impossible d'arriver au studio. » La session va donc démarrer à 19 heures et durer jusqu'au crépuscule. Les titres seront enregistrés en accord avec l'humeur du groupe et au gré d'une fatigue grandissante. « Lorsque j'ai attaqué Fragile, je l'étais réellement. J'étais épuisée... » Le nom de l'album viendra des frissons ressentis lorsque les musiciens quitteront le studio le lendemain.

Visiblement confortable, peut-être un peu trop, dans ces douces mélodies qui rassurent, Randa confirme : « Cet album, assez doux, fait un clin d'œil à Pillow Talk. Je voulais revenir à un style puriste, simple, où ma voix est bien posée et les instruments la reçoivent avec ce molleton. De plus, poursuit-elle, je suis avec des musiciens qui sont des âmes. C'est ça le vrai jazz. Une âme à part entière. Et c'est là où ils me retrouvent. Où ils retrouvent ma personnalité, ce caractère un peu écorché, dans une grande authenticité émotionnelle. »
Un peu « têtue », comme elle aime à se qualifier, et « peu opportuniste », la chanteuse s'est engagée dans un parcours atypique, parfois difficile, mais libre. « Je n'ai pas voulu égratigner ma passion. J'ai préféré rester maîtresse de ma carrière, dans une intégrité totale. » Regrettant de ne pas faire assez de scènes au Liban, contrairement à Montréal ou New York où elle se produit dans des boîtes de jazz, ces lieux qu'elle aime, elle précise : « J'ai travaillé d'arrache-pied pour en arriver là. »

En le disant, Randa Ghossoub, pas si Fragile qu'elle n'en a l'air, nous sert un peu de cette passion retenue. Une espèce de colère très féminine qu'on aimerait, par moment, retrouver sur ses chansons, pour, justement, partager encore plus ses subtle thrills qu'elle chante si bien.

 

Pour mémoire
Au clair des lunes de Randa

Parenthèse « smooth » avec Randa Ghossoub

Randa Ghossoub, tout subtilement

La voix chaude, profonde, trempée dans la mélancolie des choses de la vie. Par moments légèrement cassée, sensuelle, par d'autres plus piquante, Randa Ghossoub navigue sur des airs de jazz, entre Montréal et Beyrouth, où elle partage son temps et sa carrière. « Fille de jazz », comme elle se qualifie, elle est surtout heureuse d'être revenue, pour ce quatrième opus, à une ambiance plus feutrée, composée de reprises dont elle prend possession, lentement, musicalement et dans un plaisir pleinement savouré.Après Pillow Talk (2002), I belong (2006) et Moon Breeze (2010), et des ballades entre musique du monde parfois orientalisée et jazz, Randa (tout court, car c'est ainsi qu'elle signe ses albums) imprime sa voix sur Subtle thrills, un album où elle s'entoure à nouveau de sa bande de musiciens, tous célèbres dans le...
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