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Le « monde parfait » d’Élias Khabsa

Élias Khabsa lors de la présentation de son mémoire, le 15 juin, à la NDU.

L'Utopie, un rêve ou un mythe ?  : tel est le thème du mémoire en licence de photographie d'un jeune étudiant de l'Université Notre-Dame de Louaizé (NDU), Élias Khabsa, qui, à travers la photo, a voulu se pencher sur cette réflexion d'ordre philosophique, « l'Utopie », telle qu'elle fut exprimée en premier lieu par sir Thomas More.
En se tournant vers la photographie, ce jeune homme de 21 ans visait surtout une formation en design pour travailler à la bijouterie et dans l'atelier de création de son père. Mais il découvre l'étendue de cette branche nouvellement introduite à la NDU et « toutes les choses intéressantes et belles qu'elle offre. Surtout dans la section artistique et conceptuelle vers laquelle je me suis finalement orienté », confie le jeune étudiant qui fait partie de la première promotion de diplômés dans cette filière.
Pour sa licence, il a choisi un sujet de mémoire qui correspond à ses propres aspirations : essayer de s'éloigner autant que possible de la société et de tout le stress qu'elle engendre. Il s'interroge : « Le monde parfait est-il un mythe ou une réalité ? » pour découvrir, en fin de parcours, que ce « monde n'existe pas, qu'on ne peut pas l'atteindre, qu'il est virtuel, et que c'est l'art qui rapproche le plus du beau et du parfait ».

Pour concrétiser l'idée
Dans sa recherche, il se rapporte aux écrits de sir Thomas More (1478-1535) et notamment à son célèbre ouvrage Utopie, dans lequel ce grand philosophe, juriste, humaniste et théologien anglais crée un monde imaginaire, avec des lois et des normes, un régime politique idéal et une société parfaite, où les individus vivent heureux, en harmonie. Le jeune étudiant se base aussi sur La République de Platon, où le philosophe grec développe une conception originale de la vie sociale à l'intérieur d'une cité idéale, qui est très proche de l'utopie. Il se réfère aussi au mythe de la caverne de Platon et à la célèbre mythologie de la boîte de Pandore dans laquelle se trouvaient tous les maux de l'humanité. Mais pour concrétiser le thème de son mémoire, Élias Khabsa conçoit une grande chambre noire de cinq mètres par deux qui permet aux utilisateurs qui s'y trouvent et qui regardent à l'extérieur de la boîte d'avoir un aperçu du monde parfait.
« Cette boîte noire est en totale opposition avec la boîte de Pandore. Elle représente le monde où nous vivons, avec ses maux et ses imperfections, et de laquelle nous cherchons à regarder vers l'extérieur, vers ce monde parfait. » En cliquant sur des numéros qui cachent chacun une photographie, les gens peuvent voir une seule photo. Élias Khabsa a voulu ainsi faire allusion à la société d'aujourd'hui, caractérisée par un excès de spécialisations. Les photographies réalisées par le jeune étudiant montrent des maquettes qui représentent une nature encore intacte, mais virtuelle. L'image est projetée sur un écran avec un effet virtuel en trois dimensions. Elle apparaît enveloppée par une fumée envoyée par une machine intégrée à l'installation. La personne qui regarde l'image est quelque peu éblouie par les fuseaux lumineux qui passent derrière l'écran. Un peu comme dans le mythe de la caverne.
Élias Khabsa reconnaît « avoir expérimenté de multiples techniques de photo pour arriver à concrétiser son idée » et ses deux directeurs de thèse, Myriam Dalal et Noël Nasr, l'ont vivement encouragé dans sa recherche. Son envie de s'éloigner du brouhaha de la société remonte à loin. Le jeune artiste raconte qu'à la fin de ses études secondaires complétées au Collège de Aintoura, il s'est éloigné pour un temps du quotidien, du matérialisme qui est à l'opposé de l'idéalisme auquel il aspire, et a passé un mois loin de la ville, aux Cèdres et dans les hauteurs du Kesrouan, dormant parfois à la belle étoile, dans sa voiture ou chez l'habitant. « Cette expérience m'a montré à quel point l'être humain se sent en paix et en harmonie avec lui-même quand il s'éloigne de la société. Mais je sais qu'en même temps, on est obligé d'y vivre », admet-il avant de poursuivre : « On peut toutefois s'organiser de manière à ne pas se laisser bouffer et engloutir totalement. J'ai mis déjà des limites, et avec un groupe d'amis, nous en discutons souvent. »
Élias Khabsa habite, en ce moment, seul, dans la maison ancestrale à Sarba. Il fait de la photographie, réalise des photos artistiques telles les peintures abstraites qui transmettent un message, et a participé à une expo collective l'an dernier à l'ambassade d'Italie. Il affirme vouloir travailler aux côtés de son père à la bijouterie et dans l'atelier de création « sans lâcher pour autant la photo » qui le fascine.

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