Le député Marwan Hamadé s’adressant au patriarche maronite « au nom des députés qui répondent aux appels de Bkerké ». Photos Sami Ayad
Comme il est d'usage désormais, et à défaut de convaincre le Hezbollah et/ou le Courant patriotique libre de mettre un terme à leur boycottage de la présidentielle, les séances électorales reportées, place de l'Étoile, sont devenues un espace de débat sur la situation politique, auquel s'incorpore la nécessaire déclaration de principe sur l'urgence d'élire un chef de l'État. Le mérite des députés centristes et du 14 Mars est de continuer à se rendre à l'hémicycle, même si leur présence décroît – ils n'étaient que 48 hier – et d'appeler à un dénouement interlibanais de l'échéance, tout en sachant que le quorum renforcé des deux tiers des députés ne sera pas atteint de sitôt.
La séance électorale a été ainsi reportée hier, pour la 25e fois, au 15 juillet prochain.
Ce report a été marqué par des prises de position relativement nouvelles, comme le message que le député Marwan Hamadé a adressé, à partir de l'hémicycle, au patriarche maronite, lui demandant pour quelle raison il traite sur un même pied d'égalité les députés qui boycottent depuis plus d'un an l'élection présidentielle et les députés qui se rendent systématiquement au Parlement à chaque séance convoquée pour l'élection d'un chef de l'État (voir par ailleurs).
Mais ce sont surtout les efforts visant à contrer le blocage du Conseil des ministres, d'une part, et à relancer l'action du législatif, d'autre part, qui ont sous-tendu hier les échanges des députés.
Réunion Siniora-Adwan
Ainsi, le chef du bloc du Futur, le député Fouad Siniora, s'est réuni pendant plus d'une heure avec le député Georges Adwan, vice-président des Forces libanaises, en marge de la séance. L'entretien a porté sur les moyens de mettre en marche la « législation de nécessité », et sur les contacts menés actuellement à cette fin avec le président de la Chambre. Rappelons que les FL réclament l'insertion de la loi électorale et de la loi sur la récupération de la nationalité libanaise à l'ordre du jour, sous peine de ne pas prendre part aux éventuelles réunions parlementaires.
Lors d'un point de presse à l'issue de l'entretien, le député Fouad Siniora a répondu à une série de questions relatives à la polémique provoquée par les images de sévices corporels à Roumieh. « Ce qui s'est passé est inacceptable et contrevient à toutes les lois libanaises et à la Charte des droits de l'homme, a déclaré M. Siniora. C'est pourquoi, un durcissement s'impose au niveau de l'enquête afin que tous les responsables de ces actes soient sanctionnés. Il faudrait également permettre au Comité international de la Croix-Rouge d'enquêter sur des affaires similaires, non seulement dans les établissements carcéraux, mais dans tous les centres de détention et d'interrogatoire au Liban, où qu'ils se trouvent. L'objectif est de contrer toute violation des droits de l'homme. » M. Siniora a néanmoins estimé que « l'enregistrement et la fuite des images de torture sont intentionnels et visent à porter un coup à la modération au Liban et à discréditer les Forces de sécurité intérieure et les renseignements des FSI ».
Prié de commenter l'avis du ministre de la Justice, Achraf Rifi, selon lequel c'est le Hezbollah qui serait derrière la fuite des vidéos, M. Siniora a appelé à attendre les résultats de l'enquête. « Il se pourrait toutefois que le ministre Achraf Rifi détienne des données que je n'ai pas. Je ne suis pas au courant des détails », a-t-il dit.
En outre, l'ancien Premier ministre a démenti l'existence d'un quelconque lien entre les manifestations islamistes en réaction au scandale de Roumieh et le courant du Futur, « qui est un courant transcommunautaire, adepte de l'ouverture, celle-ci étant notre seule planche de salut ».
« En ces circonstances difficiles et délicates que traverse le pays, du fait des événements régionaux et de l'implication du Hezbollah en Syrie, je pense que nous devons œuvrer à l'apaisement, en nous concentrant sur nos affaires : à l'heure actuelle, la paralysie a atteint le Conseil des ministres, ce qui signifie que tout le pays est désormais paralysé, a souligné M. Siniora. Et ceux qui boycottent les séances électorales, c'est-à-dire le Courant patriotique libre et le Hezbollah, ainsi que leurs alliés, sont responsables de cette paralysie », a-t-il poursuivi.
S'exprimant enfin sur la présidentielle, le chef du bloc du Futur a estimé que « nous devons nous entendre sur un candidat réel, convenu par tous les Libanais ». « Or, jusqu'à présent, a-t-il précisé, nous n'avons toujours pas assimilé une vérité fondamentale : la présidence de la République n'est ni la présidence de la Chambre ni celle du Conseil des ministres. C'est un pouvoir rassembleur qui incarne l'unité des Libanais et du pays. Cela veut dire qu'un président doit être capable, par sa sagesse, son ouverture, son éthique et son leadership, de réunir les Libanais. Autrement dit, nous ne pouvons dire que tel président relève d'une catégorie, et s'est retourné contre elle, par exemple. »
Un même critère de « nécessité »
Pour sa part, le député Michel Pharaon a tenu une conférence de presse au Parlement, en présence de son collègue Serge Tor Sarkissian, au cours de laquelle il a mis l'accent sur la nécessité de contrer le blocage du gouvernement. « Après la présidence, la paralysie a atteint le Parlement, et risque aujourd'hui d'atteindre le Conseil des ministres, a déclaré M. Pharaon. Cette situation impose de maintenir un filet de sécurité, à travers les clauses dites de nécessité, ou les projets de loi obéissant à la législation de nécessité. L'objectif est de sécuriser les intérêts des citoyens. Les pertes des agriculteurs, provoquées par la destruction de leurs produits à cause de l'interdiction des exports, ou encore l'échéance du 17 juillet prochain, relative à la gestion des déchets, et qui risque de tourner au désastre, n'imposent-elles pas une réunion de nécessité du gouvernement ? » a-t-il demandé. Dénonçant « l'absence d'un accord, même minimal, pour faciliter l'examen des dossiers qui intéressent les citoyens », que ce soit au niveau de l'exécutif ou du législatif, Michel Pharaon a estimé que « le gouvernement peut être puni par certains sur certaines clauses, mais il est des clauses urgentes insusceptibles de report ».
Hier, les visites se sont multipliées, du Grand Sérail à Aïn el-Tiné, présageant d'un dénouement prochain de la crise ministérielle. Ce qui est sûr, c'est que ce dénouement est prévu. C'est ce que le président Siniora aurait assuré au député Adwan. La date de la prochaine réunion du gouvernement que devrait convoquer le Premier ministre reste toutefois incertaine. Des sources ministérielles citées par l'agence al-Markaziya ont révélé que ce dernier avait prévu de convoquer à une réunion le 2 juillet prochain, mais a décidé de reporter cette date au 7 juillet, à cause des récents développements intérieurs.
Proposition vaine de Berry à Bassil
Parmi les principaux visiteurs du président de la Chambre, Nabih Berry, hier, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, accompagné de ses homologues tunisien, égyptien, maghrébin, algérien, luxembourgeois et latvien, ainsi que le vice-président du Parlement européen, qui participent à la Conférence des ministres arabes sur la Politique européenne de voisinage. Ce que le ministre Gebran Bassil a dit à son interlocuteur ne montre aucun assouplissement de la position aouniste sur les nominations sécuritaires, pour l'instant. « Nous représentons le chef de l'État et sommes partenaires au sein du gouvernement. Aucun ordre du jour ne peut être fixé sans notre avis préalable », a-t-il dit. Il aurait ainsi répondu à une proposition avancée par le président de la Chambre de reporter la résolution du dossier des nominations sécuritaires à septembre prochain. M. Bassil a insisté sur ce plan sur la nécessité d'inscrire le dossier des nominations sécuritaires en tête de l'ordre du jour du prochain Conseil des ministres.
Le député Ibrahim Kanaan a également exprimé une intransigeance aouniste sur la question. « La tenue d'un Conseil des ministres qui ne respecte pas ce que nous considérons comme un dû et comme fondamental, au niveau des nominations, serait assimilable à une fraude », a-t-il estimé, lors d'un entretien à la OTV mardi soir.
Pourtant, l'avis défendu par le président de la Chambre devant ses visiteurs hier prône le maintien de la marche des institutions. « Les circonstances actuelles exigent de tous d'assumer leurs responsabilités en immunisant la scène intérieure, d'une part, et en s'unifiant pour l'intérêt général, et les doléances socio-économiques des citoyens, d'autre part. »
Hamadé à Raï : « Pourquoi sommes-nous placés sur le même pied d'égalité que les boycotteurs ? »
En marge du report, hier, de la 25e séance parlementaire pour l'élection d'un président de la République, le député Marwan Hamadé a tenu une conférence de presse à l'hémicycle, afin d'adresser un message direct au patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. « Au terme de la 25e séance électorale mutilée, j'aimerais adresser, en toute affection, un mot issu droit du cœur, au patriarche maronite, a déclaré Marwan Hamadé. Qu'un député druze adresse un mot au patriarche maronite pourrait vous sembler étonnant. C'est au nom de tous mes collègues que je pose cette question au patriarche qui m'est cher et que j'avais été le premier à féliciter : pourquoi sommes-nous visés (par les accusations de mise en échec de la présidentielle, NDLR), alors que cela fait 25 fois que nous nous rendons à la séance électorale, que nous nous levons et attendons la lecture du communiqué du report ? Pourquoi sommes-nous donc visés par les homélies, les déclarations et tous les propos (émanant de Bkerké, NDLR) qui mettent sur un pied d'égalité les boycotteurs, d'une part, et ceux qui répondent aux appels de Bkerké, de l'autre ? Je souhaiterais qu'au moins, le patriarche nous différencie, ne serait-ce qu'un petit peu, des boycotteurs et de ceux qui interdisent l'élection d'un président de la République », a déclaré Marwan Hamadé.
« Le patriarche avait raison au sujet du vide présidentiel », souligne Hareth Chéhab
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a reçu hier à Bkerké l'émir Hareth Chéhab, membre du comité de dialogue islamo-chrétien, qui a mis l'accent à l'issue de la rencontre sur la nécessité du dialogue et du vivre-ensemble islamo-chrétien. « C'est ce que prône le patriarche, et c'est ce qu'il considère comme l'épine dorsale du Liban », a noté M. Chéhab, qui a souligné que la rencontre avait porté notamment sur l'élection présidentielle. « Les événements ont prouvé la justesse de ce contre quoi le patriarche avait mis en garde, en l'occurrence que le vide présidentiel ne s'étende inéluctablement à toutes les autres institutions. Nous y sommes », a-t-il noté.
« Un président établirait la stabilité dans le pays », affirme le Courant indépendant
Le bureau politique du Courant indépendant a stigmatisé « les actes de torture de prisonniers commis par des forces sécuritaires régulières », demandant la reddition de comptes de leurs auteurs, ainsi que l'accélération des procès des prisonniers salafistes.
Ces revendications figurent dans le communiqué publié, hier, à l'issue de la réunion du bureau politique que présidait l'ancien vice-président du Conseil, Issam Abou Jamra, à Baabda.
Le Courant indépendant a par ailleurs insisté sur la nécessité de hâter l'élection présidentielle, critiquant, sans le nommer, le Courant patriotique libre pour le torpillage de cette échéance, et affirmant que « l'avènement d'un président de la République établirait une uniformité, une stabilité, et une tranquillité dans le pays ».
Les participants à la réunion ont en outre fait part de leur inquiétude au sujet « des obsessions de fédéralisme, de décentralisation et de partition, qui rappellent le climat de la révolution palestinienne à la fin des années 70 », affirmant, sur ce plan, leur attachement au Liban des 10 452 km2.
Enfin, le Courant indépendant a insisté sur les qualités du futur commandant en chef de l'armée, « qui devrait être doté de morale et de probité, ainsi que de sagesse et de courage dans la prise et l'exécution des décisions ». Il a ajouté que « le prochain candidat devrait également être indépendant de toute partie et de tout axe, afin de ne pas aboutir à la division de l'institution qu'il commande et donc à la destruction du Liban ».
Harb après un entretien avec Salam : « Cela ne peut plus continuer »
Le ministre des Télécommunications, Boutros Harb, est de plus en plus excédé par le comportement du Courant patriotique libre (CPL) « qui non seulement bloque la présidentielle, le Parlement et le gouvernement, mais qui nous donne des leçons pour nous expliquer qu'il gère les affaires du pays alors qu'il les bloque », s'est-il indigné.
Après la réunion parlementaire électorale (en vue de l'élection d'un président) qui s'est terminée comme les vingt-cinq autres qui l'avaient précédée, le ministre s'est rendu auprès du chef du gouvernement, Tammam Salam, pour discuter avec lui « de questions socio-économiques en rapport avec les intérêts des gens, dont les salaires des fonctionnaires ».
Au cours d'une conférence de presse, il a fulminé contre le CPL sans le nommer. « Nous étions d'accord, le Premier ministre et moi, sur le fait que cette situation ne peut plus durer », a-t-il martelé avant de poursuivre : « S'ils ont pris la décision de porter un coup au pays et de faire chuter pour cela les institutions constitutionnelles, qu'ils nous le disent. Mais s'ils veulent le préserver, le moyen qu'ils ont choisi n'est vraiment pas le bon. »
« Il n'est pas possible de bloquer la présidentielle, le Parlement et le gouvernement. Ils doivent assumer la responsabilité de ce blocage », s'est indigné Boutros Harb qui a affirmé avoir demandé au Premier ministre de trouver une issue au dossier des nominations sécuritaires « pour lequel le gouvernement a été paralysé ». « Au lieu qu'ils ne contribuent à un règlement, les contacts entrepris ont débouché sur une escalade, a déclaré Boutros Harb. Il y a quelques jours, le bloc parlementaire du Changement et de la Réforme nous a accusés de bloquer le gouvernement et dit vouloir qu'un Conseil des ministres se tienne. Tout le monde sait que cela n'est pas vrai. Et pas plus tard qu'hier, le général Aoun a mis en garde contre une réunion-piège du gouvernement. Il est évident que le dossier des nominations sécuritaires ou d'une rallonge des mandats des chefs militaires n'est pas à l'ordre du jour. Ce qui doit être discuté, ce sont des questions en rapport avec la vie des gens au quotidien, l'économie et les problèmes des agriculteurs », a déclaré M. Harb, qui a confirmé de nouveau la volonté du chef du gouvernement de convoquer un Conseil des ministres la semaine prochaine. « Plus des deux tiers des membres du gouvernement souhaitent que celui-ci se réunisse. Il n'est pas permis de mettre en péril l'intérêt des gens et les institutions du pays, parce qu'une partie campe sur ses positions. (...) Le pays ne peut pas être géré de la sorte. Il est temps de mettre fin à ces caprices et à ce chantage politique », a encore dit Boutros Harb.


Bon, l’heure étant grave, il est inopportun d’adopter 1 ton 1 peu vif, sous peine de compromettre la bonne marche des "pourparlers présidentiels interchréti(e)ns des Sains avec les oranginés Malsains. Someone même druzizte devait donc en aviser ce caporal, qui paraît bénéficier d’1 tolérance batrakale particulière dès lors qu’il s’agit d’outrager ses interlocuteurs Sains. A-t-il levé 1 gros "d(r)oit" d’honneur pour ponctuer ses outrances ? Il n’y a pas que des druziztes pour renifler le chéééwîch de ce courant d’air orangé avec circonspection, et pour se permettre alors d’exprimer à son endroit some réticence et rejet. Like ce boSSfér à Rien de la même trempe, Abi One Tttison, qui déclare tout uniment que l’aisance étonnante avec laquelle ce bigaradier rompt ses serments est mortelle pour tout dialogue interchréti(e)n. On avouera qu’avec de tels certificats, la morosité de l’opinion même druzizte s’explique. En sus du climat délétère. Jamais les chréti(e)ns de l’obédience oranginée Malsaine n’ont éprouvé envers ceux Sains such antipathies larvées. Ou qu’ils les regardent même en real Hmars de faïence, alors que naguère ils se plaisaient de souligner que, nonobstant leurs algarades, subsistaient assez de connivences phénicisto-libanîstes pour que le pire ne soit pas si sûr. Ou, qu’ils envisagent alors le bête divorce, non + certes comme 1 probabilité, mais comme surely 1 possibilité : ce qui ne s’apparente en Rien, naturally, à 1 révolution dans leurs chréti(en)nes mentalités.
14 h 52, le 25 juin 2015