Des responsables français et saoudiens se retrouvent demain à Paris pour examiner des projets représentant plusieurs dizaines de milliards de dollars, consacrant une lune de miel assumée sans états d'âme par Paris, malgré les critiques d'ONG sur le bilan saoudien en matière de droits de l'homme.
Présidée par le chef de la diplomatie française Laurent Fabius et le ministre saoudien de la Défense Mohammad ben Salmane, la première réunion de la « Commission conjointe franco-saoudienne » se tient dans le sillage d'un voyage en grande pompe début mai dans le Golfe du président François Hollande.
Laurent Fabius avait précisé en mai que les discussions entre les deux pays portaient sur « 20 projets représentant plusieurs dizaines de milliards d'euros s'ils sont menés intégralement à bien ». Ils touchent les investissements croisés, le secteur de l'armement, l'énergie dans les domaines solaire et nucléaire, la santé, l'aéronautique civile et les transports, avait-il précisé.
Ainsi, Aéroports de Paris (ADP) fait partie des candidats présélectionnés pour la concession de l'aéroport de Djeddah, a récemment annoncé un responsable saoudien lors du Salon du Bourget au cours duquel la compagnie aérienne Saudi Arabian a commandé pour un montant catalogue d'environ 7 milliards d'euros. En matière d'armements, la France, qui pousse spectaculairement ses pions dans la région (vente de Rafale au Qatar, à l'Égypte, de 24 hélicoptères Caracal au Koweït), pourrait vendre des patrouilleurs et des hélicoptères de type Puma à Riyad, selon des informations de presse.
Paris et Riyad ont par ailleurs conclu l'année dernière un contrat portant sur une vente d'armes françaises au Liban, financée par un don saoudien de 3 milliards de dollars. Les premières livraisons ont commencé en avril.
Le rapprochement franco-saoudien, initié avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir en 2012, a été favorisé par les tensions entre Riyad et son grand allié américain au sujet du régime syrien de Bachar el-Assad, que Washington a renoncé à frapper en 2013, et surtout à propos de l'Iran, avec qui les États-Unis veulent conclure un accord sur le nucléaire d'ici à la fin du mois.
Dans la négociation internationale sur ce dossier, Paris tient une ligne dure qui plaît aux monarchies sunnites, effrayées par l'influence grandissante de l'Iran chiite. Et la France assume sans complexe ce « partenariat stratégique » avec les monarchies du Golfe, et singulièrement avec l'Arabie saoudite, malgré les critiques des ONG et les interrogations de certains sur les risques d'une alliance avec un régime wahhabite prônant un islam ultrarigoriste.
Début mai, Amnesty International évoquait le « bilan épouvantable » de l'Arabie saoudite en matière de droits de l'homme, déplorant l'absence de progrès malgré l'arrivée au pouvoir en janvier du roi Salmane. « Les gouvernements occidentaux y réfléchissent à deux fois avant de plaider pour les droits de l'homme » en Arabie saoudite, qui sait montrer ses « muscles économiques », résume à l'AFP Adam Coogle, un responsable de Human Rights Watch (HRW) basé en Jordanie.
(Source : AFP)
Économie - Diplomatie Économique
France-Arabie saoudite : de juteux contrats en discussion demain à Paris
OLJ / le 23 juin 2015 à 00h00


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