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Liban

Repartir de zéro

Par Wissam SAADÉ, politologue et journaliste
OLJ
22/06/2015

Dix ans après l'assassinat de Georges Haoui, l'impunité perdure, le scandale aussi.
Le scandale bat même tous les records.
Le scandale d'un terrorisme qui opère depuis belle lurette. Accusé des crimes les plus sinistres – les assassinats d'intellectuels et d'hommes politiques, ainsi qu'une série d'attentats perpétrés contre des civils aux quatre coins du monde, il brandit le label « antiterroriste » dans sa lutte, tantôt contre les aspirations d'une partie du peuple syrien à l'émancipation, tantôt contre d'autres organisations terroristes, usant d'une surenchère d'anathèmes et de pressions pour hâter le dénouement dernier, et entraîner les siens dans une sanguinaire « eschatologie en acte ».
Le scandale d'un souverainisme jadis prometteur, il y a dix ans, assassiné en quelque sorte dans le tumulte des assassinats en série, et qui n'a pas su, depuis, reprendre son souffle, recouvrer son âme, et qui l'a même perdue à force de singer le derviche tourneur dans les labyrinthes d'une oligarchie « amatrice », d'une classe politique dévorée par la nonchalance, et d'un volontarisme sans rêve et sans réconciliation, sereine avec la dynamique des passions émancipatrices.
Le scandale d'un pays exposé aux politiques socio-économiques et sécuritaires les plus obsolètes, les plus éloignés des valeurs de gauche, mais aussi le scandale d'une gauche « communiste » qui revendique sa part minime, non plus dans le « Front national progressiste » guidé par le Baas arabe socialiste, mais désormais dans la martyrologie néokhomeyniste.
Dix ans après l'assassinat de Samir Kassir puis de Georges Haoui, la tradition libanaise de marxisme semble plus que jamais engloutie par les eaux perfides de l'axe dit de la « moumanaa ». Quant à la gauche libérale et indépendantiste, mieux vaut reconnaître son échec rapide, aussi bien sur le plan de « l'analyse concrète de la réalité concrète », que sur le plan de la régénération générationnelle, et de la reconnexion avec les aspirations des classes populaires.
À l'heure même où les Considérations sur le malheur arabe de Samir Kassir appellent des considérations sur le malheur du printemps arabe, la voix de Georges Haoui, son charisme, son aventurisme sans relâche, ses fautes politiques gigantesques et ses autocritiques les plus orphelines, nous donnent de quoi rêver d'une « liberalia » au sens romain du terme, à savoir un festival religieux en l'honneur du Dieu Liber Pater, Bacchus, où l'on assistait au rituel de la prise de la toge, le passage à la maturité.
Dix ans après l'assassinat de Georges Haoui et de Samir Kassir, il est temps de reprendre la toge, la toge de la maturité progressiste et indépendantiste dans ce pays gravement attaqué par une sclérose de Charcot qui entraîne la paralysie progressive de ses institutions et la destruction de plus en plus poussée de ses connexions nerveuses. En d'autres termes : repartir de zéro, tout recommencer.

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ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Les vestiges de ces Printanières s'évanouissent comme 1 fantasmagorie devant la gravité des événements. Les feux d’artifices de ces Printemps de paille, qui n’ont pas fait long feu, sont devenus les incendiaires fusées des despotes de toutes sortes ! La "fraternité" passé, son expression prosaïque, est la guerre civile pitoyable ; celle entre Sain et Malsain, entre Saine Syrie et l’aSSadique, entre ce héZébbb et la Cédraie, entre le despotisme et la démocratie ! Cette pseudo-fraternité flamboyait, alors que les Printanières allaient saigner. Elle dura le temps où l'intérêt des opportunistes était frère de celui des Sains. Pédants méthodistes d'1 tradition "moûmânaïste" de pacotille, mendiants auprès des despotiques qui leur permirent de faire des homélies afin d'endormir ces honorables Printanières. Opportunistes qui re-réclamaient l’Ordre Autocratique, moins les têtes de certains zaïîms : Tels étaient les "alliés" avec lesquels l’Arabe Printanier dût faire sa Révolution : Celle belle de la sympathie parce que les antagonismes qui y éclatèrent contre ces autoritaires sommeillaient embryonnaires, parce que la lutte qui formait son arrière plan n'avait acquis qu'1 existence vaporeuse, celle du mot, du verbe et de la phrase. Les futures Printanières prochaines seront les "haïssables", parce que la chose prendra la place de la phrase, parce que cette New Printanière Arabe mettra à nu la tête du noirci enturbanné en dégageant le moûmânaïste simili-laïc qui la dissimulait. Khâââï !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Les vestiges de ces Printanières s'évanouissent comme 1 fantasmagorie devant la gravité des événements. Les feux d’artifices de ces Printemps de paille, qui n’ont pas fait long feu, sont devenus les incendiaires fusées des despotes de toutes sortes ! La "fraternité" passé, son expression prosaïque, est la guerre civile pitoyable ; celle entre Sain et Malsain, entre Saine Syrie et l’aSSadique, entre ce héZébbb et la Cédraie, entre le despotisme et la démocratie ! Cette pseudo-fraternité flamboyait, alors que les Printanières allaient saigner. Elle dura le temps où l'intérêt des opportunistes était frère de celui des Sains. Pédants méthodistes d'1 tradition "arabiste" de pacotille, mendiants auprès des despotiques qui leur permirent de faire des homélies afin d'endormir ces honorables Printanières. Opportunistes qui re-réclamaient l’Ordre Autocratique, moins les têtes de certains "zaïîms" : Tels étaient les "alliés" avec lesquels l’Arabe Printanier dût faire sa Révolution : Celle belle de la sympathie parce que les antagonismes qui y éclatèrent contre ces autoritaires sommeillaient embryonnaires, parce que la lutte qui formait son arrière plan n'avait acquis qu'1 existence vaporeuse, celle du mot, du verbe et de la phrase. Les futures Printanières si prochaines seront les "haïssables", parce que la chose prendra la place de la phrase, parce que cette New Printanière Arabe mettra à nu la tête du Monstre enturbanné en abattant le simili-laïc qui la dissimulait. Khââï !

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