Le chef du Rassemblement démocratique, le député Walid Joumblatt, a violemment critiqué le poète syrien Adonis pour ses positions « justifiant » les massacres commis par le régime Assad en Syrie.
« Le poète et intellectuel qui aspire au Nobel, Adonis, n'en finit pas de tourner en rond dans sa dialectique pour trouver toutes les excuses permettant de dénoncer l'aspiration fondamentale du peuple syrien en faveur de la liberté et de la dignité », a indiqué M. Joumblatt sur son compte Twitter.
« Le poète oublie – ou feint d'oublier – que le peuple syrien, durant six mois, a mené une révolte pacifique à travers la Syrie, et qu'en réponse, le régime a ouvert le feu sur les civils, avant de les arrêter et de les torturer sans distinction aucune. C'est plus tard que la révolution s'est armée – et comment ferait-elle autrement –, compte tenu de la criminalité paroxystique du régime », a-t-il poursuivi.
« Le "grand poète" ne voit pas les barils d'explosifs qui tuent des innocents. Son imagination débordante pourrait le conduire à justifier les exactions du régime en raison de l'existence de Daech. Qui sait, peut-être qu'Adonis est un grand philosophe comme Nietzsche et Heidegger, dont Hitler s'était inspiré pour fonder sa conception fasciste criminelle », a ajouté Walid Joumblatt.
« Lui et ceux comme lui qui se font appeler intellectuels, surhumains, (...) ont le complexe du pouvoir. L'être humain ne peut que vomir de dégoût face à leurs théories creuses », a-t-il noté.
« À ceux qui vont me critiquer, je dis d'ores et déjà : je n'ai jamais prétendu être un ange au cours de mon parcours politique. Je me suis livré à plusieurs reprises à des autocritiques et des révisions, même si cela ne justifie guère ce que j'ai fait et ne m'exempte pas de mes responsabilités », a par ailleurs indiqué M. Joumblatt.
« Je laisse aux historiens et à l'histoire le soin de me juger. Je n'écrirai pas mes Mémoires. Je laisse à d'autres le soin de le faire. Et je ne postulerai pas pour le Nobel de la paix que notre poète Adonis crève d'envie d'obtenir », a-t-il ajouté.
Et Walid Joumblatt de conclure : « Mahmoud Darwiche, tu es grand et tu le resteras. »


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Bravo Walid !
14 h 22, le 20 juin 2015