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Liban

De Londres à Beyrouth : l’écho de l’appel du 18-Juin résonne encore

L'Adalf a célébré au couvent Saint-Jean, à Beit Méry, le 75e anniversaire de l'appel du 18-Juin, lancé par le général Charles de Gaulle.

20/06/2015

« Les Libanais, libres et fiers, ont été le seul peuple dans l'histoire du monde, à travers les siècles, quels qu'aient été les péripéties, les malheurs, les bonheurs, les destins, le seul peuple dont jamais le cœur n'a cessé de battre au rythme du cœur de la France... » Charles de Gaulle qualifiait ainsi le lien qui unissait les deux pays le 27 juillet 1941, le lendemain de son arrivée à Beyrouth. L'Association pour le développement de l'amitié libano-française (Adalf) s'est donné pour mission de faire fructifier ce lien, encore fort, aujourd'hui.
Pour preuve de cette amitié, 400 personnes étaient rassemblées à Deir el-Qalaa, à Beit Méry, pour commémorer l'appel de Londres (l'appel du 18-Juin) et cultiver l'alliance entre la France et le Liban. Cette initiative de l'Adalf a attiré de nombreuses personnalités françaises, libanaises et franco-libanaises, présentes pour cette soirée aux lumières tricolores.

À cette occasion, un film De Gaulle au Liban : l'héritage, réalisé spécialement pour l'événement par Raymond Aftimos de l'Institut d'études scéniques, audiovisuelles et cinématographiques (Iesav) de l'Université Saint-Joseph, a été projeté. Mêlant images d'archives et témoignages récents, le film retraçait le séjour du général de Gaulle, alors commandant, et de sa famille à Beyrouth. Alexandre Najjar, auteur du livre De Gaulle et le Liban : vers l'Orient compliqué (1929-1931), a rappelé cette phrase qui courait sur bien des lèvres : « Si de Gaulle était encore là, la guerre n'aurait pas eu lieu ! »

 

(Lire aussi : Lorsque de Gaulle vivait au Liban...)


Si l'affection pour « le grand ami du Liban » demeure bien ancrée au pays du Cèdre, elle est réciproque : c'est cet arbre qui fut planté en premier par Yvonne de Gaulle dans leur jardin de Colombey-les-Deux-Églises, nous rapporte Nathalie de Gaulle, l'arrière-petite-fille du général. Elle a dit avoir connu son arrière-grand-père à travers son grand-père, l'amiral Philippe de Gaulle, qui allait en taxi à l'école chez les jésuites. Nathalie de Gaulle, conseillère consulaire près l'ambassade de France à Abou Dhabi, a loué le courage des Libanais, car elle a eu la chance de ne connaître « ni guerre ni oppression ».

Bruno Le Maire, député de l'Eure, s'est exprimé sur la situation actuelle, dénonçant « une guerre de civilisations absurde » opposant « chrétiens contre musulmans et musulmans contre chrétiens ». Il a raconté sa visite aux soldats français de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), soulignant que « leur courage, comme le courage des soldats libanais, force (son) admiration ». Il a ensuite lancé un appel « à résister contre la barbarie, résister contre Daech, résister contre tous ceux qui veulent fouler aux pieds les valeurs auxquelles nous sommes les plus attachés : liberté, respect des hommes, fraternité ».

L'ambassadeur du Royaume-Uni au Liban, Tom Fletcher, s'est exprimé en français pour évoquer avec humour la considération du général pour les diplomates. Selon le général, « les diplomates ne sont utiles que par beau temps. Dès qu'il pleut, ils se noient dans chaque goutte ». M. Fletcher a ensuite rappelé l'arrivée de Charles de Gaulle à Londres avec 100 £ dans sa poche et comment Winston Churchill, s'opposant au conseil de son cabinet, lui donna un bureau, près de Westminster. « Churchill et de Gaulle ont été les meilleurs des ennemis et les meilleurs des amis », a-t-il dit. Il a salué le travail de l'ambassadeur français qui quittera son poste « dans les semaines à venir ».

Patrice Paoli a quant à lui voulu partager quelques réflexions « qui restent pertinentes » du général. Alors que Paris est prise par les Allemands, le général de Gaulle avait, lui, « allumé une lumière ». Enfant philatéliste, l'appel du 18-Juin a d'abord été pour Patrice Paoli un timbre. Et d'autres timbres suivirent, marquant les succès des Forces françaises libres et des Forces françaises de l'intérieur. Pour lui, de Gaulle a montré que « l'homme a toujours le choix, que rien n'est jamais inéluctable ».

Le Chant des partisans, interprété par le baryton Fady Jeanbart, a clôturé cet hommage à la Résistance.
« Dans tout cœur de Français digne de ce nom, je puis dire que le nom seul du Liban fait remuer quelque chose de très particulier », assurait le général.
Cette soirée organisée par l'Adalf a montré que de 1940 à 2015, de Londres à Beyrouth en passant par Paris, plus qu'un discours, l'appel du 18-Juin du général de Gaulle est devenu un symbole qui résonne encore dans l'actualité de la région.

 

Pour mémoire
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ACE-AN-NAS

C'est mignon ces papys qui font (encore) de la résistance !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

FRANçAIS ET LIBANAIS... UN LIEN ÉTERNEL !

Le Faucon Pèlerin

- "Quand De Gaulle ne sera plus là, il sera là encore."
François Mauriac en 1970, peu de temps avant la mort du Général.
- "Les Français n'ont pas fini d'être gaullistes. Nous pouvons être sûrs que ceux qui ne le sont pas aujourd'hui le seront demain."
Philippe de Gaulle dans "De Gaulle mon père" II - Plon 2004.

Le Faucon Pèlerin

Ceci n'est pas un démenti mais plutôt une rectification. Non, Philippe de Gaulle, né le 28/12/1921, n'allait pas en taxi à l'école des Jésuites, ni sa soeur Elisabeth, née le 15/5/1924, non plus. Le Général avait engagé un chauffeur particulier Oshaya pour conduire ses deux enfants à leurs écoles respectives.
Avec tous les respects d'un gaulliste historique depuis 1940 à Nathalie de Gaulle.

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