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Moyen Orient et Monde - États-Unis

Le tueur de Charleston inculpé pour assassinat

Dylann Roof (21 ans) était un solitaire sans relief, « obsédé par la ségrégation », qui voulait déclencher une guerre « civile et raciale ».

Des nonnes prient au mémorial pour les victimes de la fusillade dans une église de Charleston, tandis qu’un homme dépose une gerbe de fleurs. Chip Somodevilla/Getty Images/AFP

Dylann Roof (21 ans), décrit comme solitaire et sans relief, mais aussi nostalgique de l'apartheid prêt à la « guerre raciale », a comparu hier pour le massacre de neuf personnes dans une église fréquentée par des Noirs à Charleston. Le jeune homme a été présenté dans l'après-midi devant une cour de cette ville de l'État de Caroline du Sud pour une audience de pure forme : le juge lui a ainsi signifié son maintien en détention. Il avait été auparavant inculpé pour assassinat.
Arrêté jeudi, Dylann Roof a reconnu devant la police être l'auteur de la pire tuerie raciste aux États-Unis depuis des décennies, en ouvrant le feu avec un pistolet automatique, mercredi soir, lors d'une soirée de lecture biblique à l'Emanuel African Methodist Episcopal Church, la plus vieille église de la communauté noire de Charleston. Le pasteur de la paroisse, Clementa Pinckney, élu démocrate du Sénat local, a été tué ainsi que deux autres hommes et six femmes, âgés de 26 à 87 ans.
Le jeune homme avait passé une heure avec les victimes, et, selon NBC News, citant des sources anonymes, Dylann Roof aurait hésité avant de passer à l'acte parce que « tout le monde était tellement gentil avec lui ». Une survivante, Sylvia Johnson, a rapporté à CNN les propos qu'il a lancés à l'une de ses victimes qui tentait de le raisonner : « Vous avez violé des femmes et vous prenez le contrôle du pays. Je dois faire ce que j'ai à faire. » Il a déclaré ensuite aux policiers qui l'interrogaient qu'il voulait « déclarer une guerre raciale », selon la chaîne citant une source policière anonyme.

Nostalgie de l'apartheid
Les détails de la vie du jeune homme au regard clair et fixe, affublé d'une coupe au bol lui donnant un visage de petit garçon, émergeaient hier peu à peu. Vivant dans une petite ville rurale, il avait quitté l'école au niveau de la 3e et traînait, solitaire et apparemment sans faire de vagues, selon le Washington Post. Enjoint ces derniers temps par ses parents de trouver un travail, il était allé plusieurs fois au centre commercial local posant des questions « bizarres » aux gérants de boutique, ce qui lui avait valu d'être arrêté par la police. Il avait également été accusé de détention d'une drogue de substitution.
Mais c'est son apparente nostalgie de l'apartheid qui donnait de premières explications à son geste. Sur son profil Facebook, Dylann Roof apparaît vêtu d'un blouson où sont cousus l'ancien drapeau de l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid, symbole du régime ségrégationniste, et celui de la Rhodésie (devenue Zimbabwe), des régimes admirés par les groupuscules promouvant la suprématie des Blancs.
Selon un de ses amis, Joey Meek, qui a accordé une entrevue à ABC News, Dylan Roof « était obsédé par la ségrégation » et ruminait son coup, selon ce qu'il lui avait dit, depuis six mois. « Il voulait faire quelque chose de spectaculaire à la Trayvon Martin, quelque chose qui relance la guerre raciale », a indiqué Joey Meek, faisant référence au meurtre d'un jeune Noir en Floride qui avait indigné les États-Unis. Présenté aussi comme un ami, Dalton Tyler (21 ans) a expliqué à ABC News que Dylann Roof soutenait l'idée d'un retour à la ségrégation et « voulait provoquer une guerre civile ».

Des « meurtres insensés »
Hier, Nikki Haley, la gouverneure républicaine de Caroline du Sud, a estimé que Dylann Roof méritait la peine de mort, toujours en vigueur dans l'État. « C'est un crime raciste par excellence, a-t-elle dit à la chaîne NBC. Nous voulons absolument qu'il soit condamné à mort. » Le maire de Charleston, Joe Riley, en annonçant des hommages et des appels aux dons, a affirmé ne pas être en faveur de la peine de mort, « qui ne fait que rajouter à la violence ». Mais il s'est déclaré « reconnaissant » que le suspect soit « sous les verrous et ne sera jamais à nouveau libre ». L'oncle du suspect, Carson Cowles, interrogé par de nombreux médias, a affirmé : « Je pousserai le bouton (de l'exécution) s'il est déclaré coupable. »
Par ailleurs, Debbie Dills, une fleuriste de Caroline du Nord se rendant jeudi à son travail et ayant entendu les nouvelles, est devenue une héroïne en racontant comment elle avait repéré le jeune homme en voiture et l'avait suivi sur 50 km, alors que les autorités étaient prévenues, en pensant : « Pourvu qu'il ne voie pas que je le suis. »
L'horreur du crime de l'église et le symbolisme du lieu ont profondément marqué le pays et bouleversé Charleston. Le président Barack Obama a ainsi dénoncé jeudi soir des « meurtres insensés », appelant une nouvelle fois à mieux encadrer les ventes d'armes à feu. Évoquant sa « tristesse » et sa « colère », M. Obama a souligné qu'il était « particulièrement douloureux » d'assister à une fusillade « dans un lieu où nous cherchons le réconfort et la paix, un lieu de prière ». Il n'en reste pas moins que c'est un nouveau coup dur pour la communauté noire éprouvée, depuis l'été dernier, par la mort de plusieurs hommes – désarmés – tués par des policiers blancs.
(Source : AFP)

Dylann Roof (21 ans), décrit comme solitaire et sans relief, mais aussi nostalgique de l'apartheid prêt à la « guerre raciale », a comparu hier pour le massacre de neuf personnes dans une église fréquentée par des Noirs à Charleston. Le jeune homme a été présenté dans l'après-midi devant une cour de cette ville de l'État de Caroline du Sud pour une audience de pure forme : le juge lui a ainsi signifié son maintien en détention. Il avait été auparavant inculpé pour assassinat.Arrêté jeudi, Dylann Roof a reconnu devant la police être l'auteur de la pire tuerie raciste aux États-Unis depuis des décennies, en ouvrant le feu avec un pistolet automatique, mercredi soir, lors d'une soirée de lecture biblique à l'Emanuel African Methodist Episcopal Church, la plus vieille église de la communauté noire de...
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