L'écoulement des stocks qui se trouvaient dans l'usine de compostage des restes animaux, connue aussi sous le nom d'usine de broyage des os, sera terminé cette semaine, a indiqué hier à L'Orient-Le Jour Ziad Abichaker, l'un des propriétaires de Cedar Environmental, l'organisation industrielle et environnementale qui a créé le concept et gère l'usine depuis 2005. Cette usine, sous contrat avec la municipalité de Beyrouth, est officiellement close depuis la fermeture de l'abattoir de Beyrouth, en novembre 2014. « Il ne reste qu'à empaqueter le compost et le transporter hors du site », a précisé M. Abichaker.
La reprise de l'activité dans cette usine du quartier de la Quarantaine a provoqué l'ire de son voisinage, notamment des poissonniers (voir L'Orient-Le Jour du 12 juin). Le mohafez de Beyrouth Ziad Chbib avait précisé à L'Orient-Le Jour que cette activité n'était que temporaire, pour l'écoulement d'un stock qui demeurait sur place depuis la fermeture. Yasser Zebiane, conseiller du ministre de la Santé Waël Bou Faour et directeur des souks de consommation, institution publique de laquelle dépend le marché de poissons, s'était dit convaincu que l'usine avait rouvert ses portes et recevait de la matière première venue d'ailleurs.
C'est à ce dernier que Ziad Abichaker réserve une réponse incisive : « S'il était vrai que nous recevions des abats venus d'ailleurs pour refaire fonctionner l'usine, ne se serait-il pas trouvé sur place une quelconque personne avec un téléphone portable pour filmer la scène? La vérité, c'est que M. Zebiane n'a aucune preuve de ce qu'il avance. »
M. Abichaker explique que le processus mis en place par son organisation pour le compostage des restes animaux (pour en faire un enrichisseur de sol utilisé dans l'agriculture) nécessite deux étapes : la fermentation après le broyage des déchets (à 75 degrés), puis la maturation pendant trois mois à 65 degrés. « Les stocks que nous écoulons actuellement sont ceux qui demeuraient dans l'usine à l'étape de maturation, explique-t-il. Nous n'avons pu mener à bien cette opération avant que la saison des pluies ne soit terminée. »
Il ajoute : « Avant l'établissement de cette usine, les déchets d'abattoirs étaient jetés tels quels dans le fleuve. Depuis sa création, tous ces restes sont traités, et le produit obtenu a été certifié bio de 2009 à 2013 par l'organisme de certification Libancert. Notre méthode consiste à composter ces restes, sachant que dans les pays industrialisés, on les traite à la vapeur, une méthode bien plus coûteuse. »
Ziad Abichaker s'étonne des plaintes concernant l'odeur découlant du traitement. « D'une part, l'origine des odeurs est multiple dans ce secteur, dit-il. D'autre part, nous n'avons jamais entendu parler de pareilles plaintes depuis 2005. Enfin, il faut savoir qu'en 2009, nous avons demandé l'autorisation à l'ancien mohafez de Beyrouth Nassif Kalouche de créer un espace fermé et d'installer un biofiltre, ce qui aurait grandement réduit les odeurs. Il n'a jamais répondu à notre requête. »
Il indique que son organisation a présenté un projet de développement de cette usine afin qu'elle soit en mesure de traiter, outre les déchets d'abattoirs, ceux des jardins publics, du marché de poissons, du marché de fruits et légumes, ainsi que les stocks périmés que les autorités veulent détruire (ils sont aujourd'hui simplement enfouis dans le sol). Selon lui, ce projet est actuellement dans les coulisses de la bureaucratie et ne sera opérationnel que quand il sera signé par le mohafez.
S. B.

