Dix anciens ministres et responsables du gouvernement de l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad (2005-2013) ont créé un parti politique conservateur en vue des législatives de février 2016, rapportent mardi les médias iraniens. Ce nouveau parti a été baptisé Yekta (Unique), un acronyme de "Compagnons de la compétence et de l'évolution de l'Iran islamique".
"Nous n'avons pas de relations organisationnelles avec M. Ahmadinejad", a déclaré Kamran Daneshjoo, l'ex-ministre des Sciences, cité par l'agence Fars. "Nous avons des programmes dans tous les domaines et nous pouvons les mettre à la disposition du gouvernement pour l'aider. Mais nous faisons aussi des critiques justes et équitables", a-t-il ajouté.
L'ancien président, resté discret depuis son départ du pouvoir, a fait son retour sur la scène politique en février en créant un site internet officiel. Le gouvernement de M. Ahmadinejad a été accusé d'avoir dilapidé la manne pétrolière, principale source de revenus de l'Iran, alors que le pays était sous le coup de sanctions économiques occidentales en raison de son programme nucléaire controversé. Ses mandats ont aussi été marqués par des tensions diplomatiques avec l'Occident et la répression des grandes manifestations contre sa réélection en juin 2009, soupçonnée d'avoir été entachée de fraudes massives. Son ancien premier vice-président Mohammad Reza Rahimi a été condamné à cinq ans de prison pour crimes économiques et un autre vice-président, Hamid Baghai, a été arrêté début juin sur ordre de l'autorité judiciaire qui n'a pas dévoilé les charges qui pèsent contre lui.
Les prochaines élections législatives ont été fixées au 26 février 2016. Le scrutin est attendu par les réformateurs, qui avaient pratiquement disparu du Parlement en mars 2012, après avoir boycotté les élections pour protester contre la répression dont ils étaient victimes depuis 2009. Ils sont revenus dans le jeu politique en juin 2013 avec l'élection du président Hassan Rohani, un religieux modéré qui prône une plus grande liberté politique et culturelle, dans le respect des valeurs de la République islamique. Fin mai, M. Rohani avait souhaité des législatives "libres et saines", notamment en installant des urnes transparentes pour éviter toute accusation de fraude.
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Iran : des proches de l'ex-président Ahmadinejad créent un parti politique
AFP / le 16 juin 2015 à 10h26


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