Le chef du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l'opposition turque, a estimé hier que la responsabilité de former le futur gouvernement devrait échoir aux trois formations de l'opposition, majoritaires au Parlement.
Kemal Kilicdaroglu, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse, a également jugé « inacceptable » que le président Recep Tayyip Erdogan continue d'être au centre du jeu politique alors que se poursuivent des discussions en vue de former une coalition et l'a appelé à rester dans les limites de sa fonction telles que fixées par la Constitution.
Le parti de la Justice et du Développement (AKP) d'Erdogan est arrivé en tête des élections législatives du 7 juin mais avec 41 % des suffrages et 258 députés, perdant ainsi sa majorité absolue. Les trois autres partis représentés au Parlement disposent, ensemble, de 292 des 550 sièges de députés – le CHP en compte 132, le Parti d'action nationaliste (MHP) 80 et le Parti démocratique des peuples (HDP, issu du mouvement prokurde) 80 également.
« La tâche principale de former un gouvernement échoit au bloc qui représente 60 % (des voix) », a ajouté M. Kilicdaroglu.
Depuis le scrutin et dans l'attente de la session inaugurale du nouveau Parlement, M. Erdogan a indiqué pour sa part qu'il entendait demander à l'AKP d'essayer de former le futur gouvernement. Il a ajouté ce week-end que des élections anticipées seraient « inévitables » si l'AKP ne parvenait pas à s'entendre avec un partenaire de coalition dans le délai de 45 jours imparti par la Constitution. Le Premier ministre sortant, Ahmet Davutoglu, a, de son côté, déclaré que le parti islamo-conservateur épuiserait toutes les options de coalition envisageables tout en estimant que l'exemple des années 1970 et 1990 démontre que « les coalitions ne conviennent pas à la Turquie ».
Les nationalistes du MHP semblent le partenaire de coalition le plus probable, mais sa base rejette catégoriquement le processus de paix lancé par le président Erdogan avec les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Quant à une coalition avec le CHP laïque et kémaliste (Parti républicain du peuple), elle représenterait un grand écart idéologique.
Les divergences entre les trois partis de l'opposition rendent également peu probable la formation d'une « grande coalition » telle que la réclame Kemal Kilicdaroglu.
Dans un sondage publié hier, l'institut Mak avance que dans l'éventualité d'un nouveau scrutin, l'AKP pourrait regagner sa majorité absolue au Parlement.
(Source : Reuters)
Moyen Orient et Monde
L’opposition revendique le droit de gouverner
OLJ / le 16 juin 2015 à 00h00

