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Egypte: le parquet contredit la police sur le déroulé de l'attentat de Louxor

Le parquet et des témoins ont contredit jeudi le récit par la police égyptienne de l'attaque suicide déjouée la veille au temple de Karnak à Louxor, assurant que les assaillants étaient entrés librement sur le parking où les touristes débarquent des bus.

Des hauts responsables de la police ainsi que le ministère du Tourisme avaient assuré mercredi, quelques heures après l'attaque, que les assaillants avaient été stoppés dans un taxi avant d'entrer sur le parking du fameux site pharaonique. Ils avaient précisé que l'un d'eux avait déclenché sa veste bourrée d'explosifs en s'enfuyant, tandis que les policiers tuaient le deuxième agresseur et blessaient le troisième. Le président Abdel Fattah al-Sissi avait immédiatement "salué la performance des forces de sécurité qui ont déjoué cet attentat", alors que le ministre du Tourisme se félicitait de l'"héroïsme" et du "travail vigilant des policiers", qui ont "stoppé le taxi des assaillants alors qu'ils tentaient d'entrer sur le parking".

Mais jeudi, le parquet de Louxor comme de nombreux témoins ont contredit cette version des faits, accusant les policiers de ne pas avoir "fait correctement leur travail". Ils ont assuré que le massacre avait été évité grâce à la présence d'esprit du chauffeur du taxi qui a averti la police de l'attitude suspecte de ses clients, alors attablés à un café face à l'endroit où les bus débarquent leurs touristes. Plus de 600 visiteurs se trouvaient sur le site de Karnak au moment de l'attaque.

"Ils se sont fait passer pour des touristes et sont entrés sur le parking du temple parce qu'ils n'ont pas fait l'objet de fouilles de sécurité appropriées", a déclaré à l'AFP le procureur de Louxor Wael Abo Daif, qui supervise l'enquête. Selon lui, les assaillants, une fois leur taxi garé, se sont "attablés à une terrasse de café pour attendre un important groupe de touristes à attaquer". "Le chauffeur de leur taxi est allé voir un sergent de police pour lui dire qu'il trouvait leur attitude suspecte. Le sergent est allé leur dire au café d'ouvrir les sacs qu'ils avaient avec eux, l'un s'est fait exploser et les échanges de tirs ont commencé", a poursuivi le magistrat, en disant se référer aux premiers éléments et témoignages qu'il a recueillis.

La veille, de très haut responsables de la police avaient assuré à la presse que les sacs se trouvaient dans le coffre du taxi stoppé à l'entrée du parking et qu'ils avaient demandé aux passagers de l'ouvrir avant que l'un d'eux ne se fasse exploser. Jeudi matin, un journaliste de l'AFP a d'ailleurs pu voir, sur le parking de Karnak, le ministre de l'Intérieur Magdy Abdel Ghaffar s'en prendre avec rage à ces mêmes responsables policiers du site qui étaient encensés la veille par le gouvernement.

Les vendeurs à la sauvette et serveurs du café interrogés par l'AFP jeudi ont tous confirmé la version du procureur, accusant les policiers du site de Karnak de laxisme au quotidien. "Ils étaient sur la terrasse et ont commandé des jus de citron", se souvient Ekramy, le serveur du café El-Hussein. "Deux sont descendus de voiture et ont rejoint au café un troisième homme qui les attendait", poursuit-il. "Ils allaient payer l'addition quand la police est venu leur demander qui ils étaient et d'ouvrir leurs sacs, alors l'un s'est fait exploser et les coups de feu ont commencé", raconte Ekramy. Un haut responsable de la sécurité assure qu'un des assaillants a mitraillé un autocar vide sur lequel 60 à 70 impacts ont été relevés.

Le parquet et des témoins ont contredit jeudi le récit par la police égyptienne de l'attaque suicide déjouée la veille au temple de Karnak à Louxor, assurant que les assaillants étaient entrés librement sur le parking où les touristes débarquent des bus.Des hauts responsables de la police ainsi que le ministère du Tourisme avaient assuré mercredi, quelques heures après l'attaque, que les assaillants avaient été stoppés dans un taxi avant d'entrer sur le parking du fameux site pharaonique. Ils avaient précisé que l'un d'eux avait déclenché sa veste bourrée d'explosifs en s'enfuyant, tandis que les policiers tuaient le deuxième agresseur et blessaient le troisième. Le président Abdel Fattah al-Sissi avait immédiatement "salué la performance des forces de sécurité qui ont déjoué cet attentat", alors que le...