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Liban - Décryptage

Le gouvernement se dirige vers une gestion des affaires courantes

Entre la phrase du numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, au 14 Mars : « Soit vous élisez Michel Aoun, soit c'est la vacance », et celle du chef druze Walid Joumblatt : « Soit un président d'entente, soit la vacance », il y a un point commun, le vide à la tête de la République qui est en train de se banaliser.
Même le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk a déclaré dans un entretien télévisé dimanche soir qu'il ne pense pas que le Liban aura un président en 2015. Il faut ajouter à ces déclarations internes les propos de Susan Rice, la conseillère du président américain en matière de sécurité nationale, à l'ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, David Hale, et qui ont été rapportés par certains médias libanais. Selon ces médias, elle lui aurait dit de donner la priorité à la stabilité sécuritaire libanaise, sans entreprendre la moindre initiative au sujet de la présidentielle, car ce dossier attend les développements régionaux, pour comprendre qu'en dépit des déclarations politiques parfois incendiaires, et des initiatives européennes, qu'il s'agisse du Vatican ou de la France, il n'y a aucun élément nouveau dans ce dossier.

Le palais présidentiel de Baabda doit donc s'enfoncer dans une léthargie prolongée, puisque son heure n'a pas encore sonné. Par contre, c'est au sein du gouvernement que les remous se multiplient, avec, au cœur de la confrontation, l'affaire des nominations militaires et sécuritaires. Selon des sources gouvernementales, il est clair que la délégation présidée par le Premier ministre Tammam Salam est revenue de Riyad avec un mot d'ordre : l'heure d'un compromis avec le général Aoun et son allié le Hezbollah n'a pas sonné, et pour l'instant, il ne faut rien céder. Cela aurait mis en difficulté l'ancien Premier ministre Saad Hariri et son cousin Nader qui étaient favorables à la nomination d'un nouveau commandant en chef de l'armée, en l'occurrence le général Chamel Roukoz, en contrepartie de la nomination du général Imad Osman à la tête des FSI, face au camp dit des faucons au sein du courant du Futur, mené par l'ancien Premier ministre Fouad Siniora.
D'ailleurs, ce durcissement des positions sur la scène interne ne s'est pas limité aux dossiers gouvernementaux, puisque le congrès annuel du Rassemblement des ulémas musulmans qui s'est tenu il y a quelques jours à Beyrouth a ouvertement donné la priorité à la lutte contre l'Iran et le Hezbollah, et à l'unification des rangs sunnites face à la menace chiite.
Il est donc clair que le Liban, comme le reste de la région, est en train de vivre une période de tensions extrêmes entre principalement l'Iran et l'Arabie saoudite qui rejaillissent pratiquement sur toutes les composantes de la région.

Dans ce contexte explosif, le Premier ministre Tammam Salam se trouve face à une mission quasi impossible : préserver le gouvernement « de l'intérêt national », alors que chacun des deux camps n'est pas prêt à faire la moindre concession à l'autre. Dans la petite marge de manœuvre qui lui reste, Tammam Salam a essayé de se montrer à l'écoute des différentes parties et c'est dans l'idée de montrer qu'il tient compte des positions des ministres du bloc du Changement et de la Réforme qu'il a reporté la séance du Conseil des ministres qui était prévue demain jeudi.
En principe, il s'agit de laisser une possibilité aux ultimes tentatives de trouver des compromis, mais nul ne se fait trop d'illusions. Il est donc probable que le général Michel Aoun continuera à exiger la nomination d'un nouveau commandant en chef de l'armée, sous prétexte qu'il n'y a aucune raison de ne pas le faire, le mandat du général Jean Kahwagi ayant été déjà prorogé, et ce d'autant que les prorogations bloquent le système de promotions au sein de l'armée et démotivent les officiers.
De son côté, le 14 Mars continuera à prétendre qu'on ne change pas de cheval en pleine bataille et que dans les circonstances actuelles particulièrement délicates, la troupe ne supporterait pas de faire l'objet de tiraillements politiques. De plus, selon le 14 Mars, il serait plus logique d'élire d'abord un président qui se chargerait, lui, de nommer le commandant en chef de l'armée. Sauf que depuis Taëf, les commandants en chef de l'armée n'ont jamais été nommés par le chef de l'État. Au contraire, il y avait une certaine rivalité entre les présidents successifs (Élias Hraoui, Émile Lahoud et Michel Sleiman) et les commandants en chef de l'armée (Émile Lahoud, Michel Sleiman et Jean Kahwagi). Mais aujourd'hui, tous les arguments sont bons pour alimenter la polémique. Même celui qui repose sur le fait que le mandat prorogé du général Kahwagi se termine en septembre et qu'il faudrait donc attendre ce mois-là pour lui nommer un remplaçant, sachant que d'ici à septembre, s'il n'y a pas de changements majeurs dans la région, le scénario le plus probable sera de procéder à une nouvelle prorogation, face à l'incapacité des parties politiques à s'entendre sur un nouveau nom.
En dépit donc des tentatives de conciliation menées par le Premier ministre Tammam Salam, le gouvernement se dirige vers un surplus de blocage, voire une sorte de gestion des affaires courantes non déclarée...

 

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Entre la phrase du numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, au 14 Mars : « Soit vous élisez Michel Aoun, soit c'est la vacance », et celle du chef druze Walid Joumblatt : « Soit un président d'entente, soit la vacance », il y a un point commun, le vide à la tête de la République qui est en train de se banaliser.Même le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk a déclaré dans un entretien télévisé dimanche soir qu'il ne pense pas que le Liban aura un président en 2015. Il faut ajouter à ces déclarations internes les propos de Susan Rice, la conseillère du président américain en matière de sécurité nationale, à l'ambassadeur des États-Unis à Beyrouth, David Hale, et qui ont été rapportés par certains médias libanais. Selon ces médias, elle lui aurait dit de donner la priorité à la stabilité...
commentaires (4)

Naïm Qassem dit, redit et reredit : Ou Michel Aoun ou personne. Ce dernier est connu pour être un "derviche retourneur". Naïm Qassem est-il sûr que Michel Aoun ne retournerait pas sa veste encore une fois après son éventuelle élection ?

Annie

14 h 58, le 10 juin 2015

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Commentaires (4)

  • Naïm Qassem dit, redit et reredit : Ou Michel Aoun ou personne. Ce dernier est connu pour être un "derviche retourneur". Naïm Qassem est-il sûr que Michel Aoun ne retournerait pas sa veste encore une fois après son éventuelle élection ?

    Annie

    14 h 58, le 10 juin 2015

  • Entre la phrase du cave numéro deux au 14 Mars : "Soit Äoûn, soit la vacance" et celle du druzizte de Siblîne : "Soit un président d'entente, soit la vacance", il y a un point commun, le vide dans leurs deux têtes qui est du plus banal. Même le Machnoûü est du même bête avis. Faut ajouter à ces niaiseries indigènes les propos de la Rice dégueulasse, comme quoi nullement il ne faudrait entreprendre la moindre initiative au sujet de la présidentielle car il n'y a et il n’y aura aucun élément nouveau dans ce dossier. Bääbdâh doit rester léthargique, car c'est au sein du gouvernement que le cinéma va se multiplier, avec la pseudo-affaire des nominations militaires. Selon des sources hyper- Per(s)cées, il est clair que le mot d'ordre de Qôm est : l'heure d'un compromis avec le Président bien-aimé Sääd Rafîk HARIRI n'a pas sonné, et pour l'instant, il ne faut rien céder. Cela aurait mis en difficulté le bigaradier oranginé et son beauf boutronais qui sont favorables à la nomination d'un nouveau commandant en chef de l'armée, Chamel Roukoz ; en contrepartie de la nomination de Salim Osman à la tête des FSI, face au camp dit des fau cons autour du courant d’air orangé mené par le fabuleux Abi-One-Ttison. D'ailleurs, ce durcissement des positions ne s'est pas limité à ces bêtes dossiers, puisque les mollâhs Per(s)cés ont ouvertement donné la priorité à la grande lutte contre l'Arabie et le Futur, et à l'unification des rangs takfiristes chïïtiques face à la pseudo-menace sunnite !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    14 h 42, le 10 juin 2015

  • 1 - GRANDE DIFFÉRENCE ENTRE CE QUE DIT WALID JOUMBLATT "SOIT UN CHEF D'ETAT CONSENSUEL SOIT LA VACANCE" ET CE QUE DIT LE NUMÉRO DEUX DU CLAN DES BOYCOTTEURS "SOIT MICHEL AOUN SOIT LA VACANCE"... QUE VOUS NOUS SERVEZ COMME SI C'ÉTAIT UNE PROPOSITION DÉMOCRATIQUE OU PLUTÔT LOGIQUE ! 2 - UNIFICATION DES RANGS SUNNITES FACE À LA MENACE CHIITE... CONTRAIRE À TOUT CE QUE VOUS NOUS DISIEZ, TRÈS CHÈRE MADAME SCARLETT HADDAD JUSQU'HIER ENCORE, QUE LES DIFFÉRENCES SONT UNIQUEMENT POLITIQUES ET NON COMMUNAUTAIRES !!! AUTREMENT, L'ARTICLE EST OBJECTIF. BONNE JOURNÉE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 13, le 10 juin 2015

  • Blocage + reblocage + "surplus de blocage" ! Le Liban est saturé de vos blocages depuis tant d'années, M Blocage. Bloquez-vous un peu vous-même. Le Liban bloqué vous en saura gré.

    Halim Abou Chacra

    04 h 47, le 10 juin 2015

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