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Culture - Exposition

Yolande Labaki offre ses mille et une nuits

Shéhérazade a combattu pour sa survie, Yolande Labaki aussi. En quelque sorte... L'artiste libanaise s'est donné le défi d'imaginer mille dessins, en noir et blanc, avec pour ligne directrice qu'aucun d'entre eux ne ressemble à l'autre. Un beau défi, un défi de taille, mais cela suffit-il à en faire une œuvre...

Yolande Labaki, octogénaire inspirée. Photo Brice Laemle

À bientôt 90 ans, Yolande Labaki voulait s'obliger à un périple de plusieurs mois. Un parcours du combattant pendant lequel elle devait, au quotidien, inventer une histoire en noir et blanc. Pour en fin de compte en arriver au chiffre, colossal, de mille dessins. L'installation A Thousand Nights to live, one night to dream à la galerie Minus 1 (Gemmayzé) les regroupe tous.
C'est le combat du personnage féminin de Shéhérazade qui l'a inspirée. « Elle aurait pu tenter de séduire cet homme qui voulait la tuer, mais c'est avec sa tête, sa ténacité et son intelligence qu'elle a souhaité trouver sa délivrance », souligne la peintre, elle-même vêtue de noir et blanc.
Pour Yolande Labaki, les mille dessins réunis constituent une seule et même œuvre. Ce n'est que récemment qu'elle a envisagé de départager le tout, par petits bouts, à cinquante dollars le dessin tout de même. Mais elle assure que ce n'était pas l'idée de départ et que son entourage l'a encouragée à le faire. « S'ils ont simplement envie de me piquer une nuit, pourquoi pas ! » se défend-elle.
Des visages, des variations lunaires, des touches de piano, un ballon, un escargot, ici tout est abstrait, il n'y a rien de figuratif. On reste un peu sceptiques devant certains dessins apparemment réalisés sans effort, mais l'artiste concède que ses mille dessins « ne se valent pas : certains sont de petites œuvres, d'autres sont nuls ! » avoue-t-elle. Deux ans et demi de travail qui sont autant de hauts et de bas. Très sombres parfois, ou alors enfantins et séminaux. Si elle ne devait en garder qu'un seul, cela serait son millième dessin, car il symbolise la fin de son travail.
Pour sortir de cette apnée de plus de 25 mois de travail, l'artiste voulait présenter un mille et unième dessin qui soit synonyme de fête. Incapable de réaliser un tableau jovial après autant de pressions quotidiennes, Yolande Labaki expose – dans un cocon confectionné avec un drap – une reproduction d'une partie du triptyque du Jardin des délices du peintre Jérôme Bosch. « Ce tableau du XVIe siècle symbolise toujours la débauche absolue. Dans aucun tableau, on ne se lâche autant, ici tout est permis », raconte l'artiste avec un sourire malicieux.
Sa prochaine exposition sera constituée d'immenses tableaux en... noir et blanc. « Je me suis véritablement plongée dans ces couleurs manichéennes. »
Dorénavant, il sera d'autant plus difficile pour elle de sortir de cette alliance des couleurs blanches et noires. Yolande Labaki le nie, mais on croit déceler, derrière son choix d'opposer la blancheur de la vie à la funeste couleur noire, un magistral bras d'honneur au temps qui passe.

À la galerie Minus 1 (Gemmayzé), jusqu'au 10 juin de 15h à 21h.

À bientôt 90 ans, Yolande Labaki voulait s'obliger à un périple de plusieurs mois. Un parcours du combattant pendant lequel elle devait, au quotidien, inventer une histoire en noir et blanc. Pour en fin de compte en arriver au chiffre, colossal, de mille dessins. L'installation A Thousand Nights to live, one night to dream à la galerie Minus 1 (Gemmayzé) les regroupe tous.C'est le combat du personnage féminin de Shéhérazade qui l'a inspirée. « Elle aurait pu tenter de séduire cet homme qui voulait la tuer, mais c'est avec sa tête, sa ténacité et son intelligence qu'elle a souhaité trouver sa délivrance », souligne la peintre, elle-même vêtue de noir et blanc.Pour Yolande Labaki, les mille dessins réunis constituent une seule et même œuvre. Ce n'est que récemment qu'elle a envisagé de départager le tout, par...
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