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Syrie : après les combats, Kobané meurtrie par les explosifs (Handicap)

AFP
27/05/2015

Kobané, ville du nord de la Syrie devenue le symbole de la résistance kurde contre les jihadistes du groupe État islamique (EI), vit un second cauchemar à cause des armes non explosées, annonce mercredi Handicap International.

"Ce que nous avons vu à Kobané dépasse les pires cauchemars: une grande partie de la ville est détruite et la contamination par les armes non explosées de toutes sortes a atteint une densité et une diversité rarement observées", explique dans un communiqué le responsable du développement des programmes actions mines de l'ONG, Frederic Maio.

Après quatre mois de combats, Kobané, qui comptait 60.000 habitants avant les affrontements, a été reprise aux jihadistes par les forces kurdes. La ville, qui s'étend sur 7 km2, est détruite à 80% et 90% des habitants ont fui vers la Turquie.

En avril, les experts de Handicap International, en mission d'évaluation à Kobané, ont découvert près de 1.000 cratères de bombes, dont certains de plus de 10 mètres de diamètre.

La ville a été l'objet pendant des mois de combats entre les jihadistes et les forces kurdes, appuyées par les raids aériens d'une coalition internationale. Elle a été visée par 700 frappes aériennes, avec des bombes de 250 kg à une tonne, au moins 40 voitures piégées ont explosé dans le centre-ville, et 20 attentats suicide ont été perpétrés.

Le centre de Kobané affiche une densité moyenne de 10 munitions au mètre carré, selon Handicap International, et, "conséquence de combats, de nombreux engins non explosés, industriels ou artisanaux, restent présents dans les décombres des bâtiments effondrés ou endommagés".

Les quartiers où se sont déroulés les combats les plus féroces regorgent encore de pièges, notamment de dispositifs explosifs cachés dans les cadavres - technique fréquemment mise en oeuvre par les jihadistes.

Pour Frederic Maio, "les engins non explosés et les pièges sont une menace quotidienne pour les personnes qui ont fui Kobané et tentent désormais de rentrer chez elles. Cette pollution due aux armes empêchera les gens de reconstruire leur vie, et rend impossible l'accès à plusieurs zones. Elle empêche aussi les organisations humanitaires de travailler et d'apporter l'aide nécessaire à cette population vulnérable".

Les dispositifs piégés et les mines antipersonnelles artisanales ont coûté la vie à plus de 40 personnes et fait de nombreux blessés dans les villages environnants depuis la libération de la ville.

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