La délégation du bloc du Futur, hier, au Sérail (photo Dalati et Nohra).
L'affaire Samaha a été au cœur hier d'une rencontre au Sérail entre le Premier ministre Tammam Salam et une délégation du bloc du Futur formée des députés Ahmad Fatfat, Amine Wehbé, Jean Oghassabian et Atef Majdalani, et du ministre Nabil de Freige.
À l'issue de la réunion, M. Fatfat a dénoncé les propos qui ont cherché à atténuer la gravité de l'affaire en prétendant que Michel Samaha n'avait commis aucun crime et n'avait fait qu'aspirer à semer la discorde. « Pour nous, la discorde est pire que le meurtre », a-t-il souligné.
Le député de Denniyé a ensuite fait la révélation suivante : « Nous nous posons beaucoup de questions face à ce qui s'est produit au tribunal : (...) au moment où les quatre officiers et la juge discutaient de l'affaire Samaha, le commandant Chédid est entré avec un téléphone et a transmis une communication aux quatre officiers pour recevoir des directives de quelqu'un, mais je ne sais pas de qui. S'agit-il d'une personnalité militaire ou d'un responsable politique du Hezbollah, par exemple ? »
« Est-il envisageable que celui qui a mené l'enquête dans l'affaire Samer Hanna soit aujourd'hui président du tribunal militaire ? » s'est-il interrogé.
Ahmad Fatfat a estimé
qu'« il faut réformer le tribunal militaire sans l'abolir, de manière à ce qu'il cesse de s'ingérer dans les affaires civiles et ne s'occupe plus que des questions militaires ». « Le ministre de la Justice fait ce qui est requis. Nous souhaitons que le cabinet interagisse positivement avec lui. S'il ne le fait pas, nous ferons nous-mêmes une proposition de loi dans ce sens à la Chambre », a-t-il noté.
M. Fatfat a ajouté que la délégation poursuivra sa tournée auprès des différentes instances politiques, militaires et judiciaires pour faire campagne à ce niveau, appelant toutes les parties à adopter une position claire à ce sujet, parce que « le sentiment d'injustice mène à des révolutions ».


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