Le président russe recevant Saad Hariri. Photo Dalati et Nohra
Le président russe Vladimir Poutine a reçu hier après-midi l'ancien Premier ministre Saad Hariri dans la station balnéaire de Sotchi, sur la mer Noire. La réunion a porté sur les derniers développements au Liban et dans la région, notamment en Syrie, en Irak et au Yémen.
La rencontre s'est déroulée en présence, côté libanais, du chef de cabinet du président Hariri, Nader Hariri, de son conseiller pour les affaires russes, Georges Chaabane, et, côté russe, du principal conseiller du président Poutine pour la politique extérieure Youri Ushakov et de son représentant spécial pour le Moyen-Orient, le ministre adjoint des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.
Auparavant dans la journée, l'ancien Premier ministre, accompagné des anciens députés Bassem Sabeh et Ghattas Khoury, avait rencontré au Parlement russe, la Douma, le président de la commission des Affaires étrangères Alexei Pouchkov.
À l'issue de la réunion, M. Pouchkov avait déclaré : « La Russie a été quelque peu absente de la région au cours des vingt dernières années, parce qu'elle était préoccupée par des problèmes internes, notamment économiques. Nous avons donc laissé les États-Unis trouver des solutions aux conflits, mais les résultats ont été très décevants. Nous n'avons rien vu de nouveau concernant la cause palestinienne. Par contre, nous avons vu que l'Irak a été occupé et divisé, sans compter la création de l'État islamique qui est né suite à certaines politiques américaines. Nous avons également constaté une nette augmentation de l'instabilité en Libye, au Yémen et en Syrie. »
« De tout temps, a enchaîné le responsable russe, la Russie a eu d'étroites relations avec le Liban. J'ai eu de nombreuses rencontres avec beaucoup de responsables libanais représentant divers partis politiques. J'espère pouvoir me rendre au Liban bientôt. J'estime que le Liban est un exemple unique de coexistence entre les différentes confessions et ethnies sur des bases raisonnables. Le Liban peut donc être un exemple à suivre pour d'autres pays, notamment au Moyen-Orient, où plusieurs pays connaissent des affrontements entre leurs différentes composantes. »
« Le Liban n'est pas le plus grand pays de la région, mais il en est l'un des plus importants », a encore dit le président de la commission des AE de la Douma. « C'est pour cette raison que nous avons toujours accordé de l'importance à nos relations bilatérales et que nous nous sommes tenus aux côtés du peuple libanais face à divers types d'interventions, comme cela est arrivé lors des attaques israéliennes. Nous sommes attachés à sa stabilité et son développement. La rencontre entre le président Poutine et l'ancien Premier ministre Hariri est une preuve claire de l'importance que nous attachons à votre pays », a-t-il ajouté.
Rôle régional accru
Sur les questions régionales, le responsable russe a déclaré : « La Russie a l'intention de jouer un rôle plus important dans la région. Dans ce cadre, le président russe s'est rendu en Égypte et le président Abdel Fattah al-Sissi est venu à Moscou. Cette ouverture va contribuer à l'établissement de nouvelles relations entre les deux pays, et je pense que ces relations vont se développer rapidement. »
Et de poursuivre : « Quant à la question syrienne, elle est très complexe. Lorsque je me suis rendu en Syrie, j'ai remarqué que même ceux qui, dans la population de Damas, n'aiment pas Assad craignent ceux qui se battent dans le nord du pays. Je sais également qu'une grande partie du peuple syrien réclame le départ du président syrien. Il y a une grande division au sein du pays sur l'avenir du pouvoir en Syrie. La condition indispensable pour parvenir à un accord sur la Syrie est que les forces de l'extrémisme islamique, telles que le Front al-Nosra et Daech, ne participent pas au pouvoir en Syrie. Cela nous semble inacceptable. »
« Quant à la façon de former un nouveau gouvernement en Syrie capable d'assurer la stabilité dans le pays et la coexistence entre les différents groupes, j'estime qu'aujourd'hui personne n'est en mesure d'apporter une solution (...). Nous avons accueilli plusieurs réunions du régime et de l'opposition syrienne parce que nous croyons dans le dialogue national sans lequel il est impossible de parvenir à une solution. »
En soirée, M. Hariri devait prendre l'avion pour l'Arabie saoudite, salué à son départ par M. Bogdanov.


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