Le numéro deux de la Commission européenne, Frans Timmermans, et la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, ont présenté hier à Bruxelles un plan d’action pour l’immigration et l’asile.
Le gouvernement du conservateur britannique David Cameron a déclaré la guerre hier au plan d'action pour l'immigration et l'asile présenté par la Commission européenne, avec l'objectif de fédérer les nombreuses critiques.
L'occasion était en effet trop belle pour David Cameron de faire entendre sa différence, après une campagne centrée sur la lutte contre l'immigration et la « réforme » des relations avec l'UE. « Les migrants qui tentent de gagner l'Union européenne en traversant la Méditerranée devraient être renvoyés », a donc affirmé dans les médias britanniques la ministre de l'Intérieur, Theresa May, reconduite dans ses fonctions par David Cameron après sa victoire aux législatives. Les accueillir « ne peut qu'encourager plus de gens à risquer leur vie », a-t-elle soutenu.
« Le pire serait de ne rien faire, de maintenir le système actuel », lui a rétorqué le numéro deux de la Commission européenne, Frans Timmermans, au cours de la conférence de presse organisée pour la présentation de ce plan, qui sera discuté par les ministres de l'Intérieur le 15 juin à Luxembourg, puis soumis aux dirigeants lors du sommet de Bruxelles le 30 juin.
La mesure phare du plan vise à forcer les États à être solidaires pour l'accueil des réfugiés, via la mise en place d'un mécanisme de quotas obligatoires prenant en compte population et PIB, ainsi que le taux de chômage et le nombre de réfugiés déjà accueillis. Ce plan « suscite des critiques (...) mais c'est un tout ». Le président de la Commission, « Jean-Claude Juncker, prend des risques, même s'il n'est pas certain d'être soutenu par le conseil », qui représente les États, a souligné M. Timmermans. De fait, la famille politique de M. Juncker, le Parti populaire européen (PPE-droite) est déjà monté au créneau contre sa volonté de relancer l'immigration économique. Et dans les capitales, « personne ne veut des quotas obligatoires », a déploré une source interne. « Ces réactions sont désespérantes », a confié un haut responsable de l'exécutif bruxellois sous le couvert de l'anonymat.
Le plan prévoit aussi un renforcement de la lutte contre les passeurs pour éviter les embarquements. « Une mission navale doit être lancée pour perturber les activités des passeurs », a expliqué la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, qui soumettra lundi prochain cette mesure aux ministres des Affaires étrangères et de la Défense. « Mais il n'est pas question d'opérations militaires en Libye », a-t-elle réaffirmé.
Budgets et moyens doivent aussi être accrus pour renforcer la surveillance et le sauvetage en Méditerranée, une mission assignée aux opérations Triton en Italie et Poséidon en Grèce. En contrepartie, la Commission insiste sur l'accélération des renvois des migrants non autorisés à rester dans l'UE. Plus de 360 000 demandes d'asile ont été traitées en 2014. La moitié seulement,185 000, ont été acceptées et six pays ont assumé l'essentiel de l'effort : Allemagne, Suède, France, Italie, Royaume-Uni et Pays-Bas. L'instauration de quotas doit permettre une distribution plus équitable. La mesure concerne les réfugiés protégés par le Haut-Commissariat des Nations unies, qui a demandé à l'UE d'accueillir chaque année 20 000 Syriens.
(Source : AFP)


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