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Nos lecteurs ont la parole - Lamia Sfeir Darouni

Des lois qui durent ce que durent les roses !

Et encore une nouvelle loi sur le code de la route applicable à partir du 22 avril ! Et une de plus, qui viendra s'ajouter à la longue liste de ces lois « qui ne durent que ce que durent les roses ! Le temps d'un printemps ». Car ces lois fantômes et éphémères, qui se modifient et changent au gré des humeurs et des intérêts de nos gouvernements, le citoyen n'en tient plus compte, habitué, hélas, au laxisme de ceux qui les appliquent. En effet, la liste est bien longue de ces lois qui ne font pas long feu : loi antitabac, partie en fumée six mois plus tard ; port obligatoire de la ceinture de sécurité, relégué aux oubliettes depuis belle lurette ; loi contre l'excès de vitesse au volant et l'utilisation du portable, qui vont et reviennent généralement toutes les fins de mois, selon l'humeur du jour et les besoins des caisses de l'État; loi contre la corruption, applicable dans certaines régions mais pas dans d'autres; loi contre la discrimination envers certains mais pas envers d'autres, etc. Car nos lois libanaises sont sélectives. On l'aura compris ! Elles dépendent de l'importance et la hiérarchie des personnes dans la société et répondent à la formule des « deux poids, deux mesures », spécialité de notre pays et de notre gouvernement.
Cette nouvelle loi sur le code de la route concernera certainement les automobilistes, mais pas les motards, sanctionnera les voitures privées, mais pas les « taxis-service », ne s'adressera absolument pas aux piétons et encore moins aux motards (les vrais dangers de la route), ne concernera pas les cars et les motos des agents de police qui, eux, grilleront les feux de signalisation sans aucun scrupule, et ne sera certainement pas applicable dans toutes les régions du Liban, chacun créant sa propre loi et son propre code de survie. Pire, ce nouveau code de la route, à l'instar de la loi antitabac et des autres lois, ne s'adressera certainement pas à nos ministres, députés, présidents, « zou3ama » et leurs convois de voitures roulant à tombeau ouvert, sirènes hurlantes, à contre-sens à plus de 150 à l'heure et qui seront, eux, bien évidemment, exemptés d'amendes ou de contraventions en cas d'excès de vitesse, ces lois ne s'adressant qu'au petit peuple uniquement ! Mais d'un autre côté, messieurs, avant de s'occuper de la sécurité du citoyen sur les routes, chose excessivement louable et que l'on attend tous, avant de le sanctionner pour mieux le protéger, il est de votre devoir de commencer par vous occuper de l'état honteux de nos routes, d'établir un minimum de sécurité sur ces « chaussées-gruyère » dévastées par des asphaltages mal conçus, construire des garde-fous sur les bords des routes pour éviter de se retrouver au fond des ravins; signaliser, éclairer, délimiter ces foutus parpaings en béton, placés au milieu des voies sans aucune indication et qui sont, eux, de vrais dangers de mort pour les conducteurs, pour nos enfants et pour notre vie. Sanctionner le peuple et lui imposer des lois (initiation louable, je le re-précise), oui, mais des lois justes, sur des routes sécurisées, et qui s'adressent à tous sans discrimination et ne dureront pas « le temps que durent les roses ! »

Lamia SFEIR DAROUNI

Et encore une nouvelle loi sur le code de la route applicable à partir du 22 avril ! Et une de plus, qui viendra s'ajouter à la longue liste de ces lois « qui ne durent que ce que durent les roses ! Le temps d'un printemps ». Car ces lois fantômes et éphémères, qui se modifient et changent au gré des humeurs et des intérêts de nos gouvernements, le citoyen n'en tient plus compte, habitué, hélas, au laxisme de ceux qui les appliquent. En effet, la liste est bien longue de ces lois qui ne font pas long feu : loi antitabac, partie en fumée six mois plus tard ; port obligatoire de la ceinture de sécurité, relégué aux oubliettes depuis belle lurette ; loi contre l'excès de vitesse au volant et l'utilisation du portable, qui vont et reviennent généralement toutes les fins de mois, selon l'humeur du jour et les besoins...
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