À l'exemple des hirondelles, le premier globe-trotter, annonciateur de l'été, est arrivé, hier, à Beyrouth. C'est un Libanais de... Paris qui fait le tour de la Méditerranée en quête de photos inédites. « Je suis cinéaste d'abord, globe-trotter ensuite », nous dit Jean Varjabédian. Trapu, les cheveux aux vents, la barbiche en bataille, notre touriste a l'air d'un catcheur travesti en alpiniste. « J'ai découvert que le moyen de locomotion idéal était le scooter. C'est plus économique qu'une jeep et plus agréable qu'une bicyclette. De Paris à Beyrouth, en empruntant le chemin des écoliers, j'ai mis deux mois. Mes seuls ennuis : un pantalon fendu par un pick-pocket à Venise et un loup assommé à coup de bidon d'huile en Macédoine. (...) Mes deux meilleurs souvenirs : l'accueil chaleureux des Yougoslaves (...) et le sourire du douanier libanais de Arida. De joie, j'ai embrassé ce brave gabelou.... »
Varjabédian, qui est né à Beyrouth, quelque part rue de Syrie, retrouve le Liban en effet pour la première fois depuis 1945. Notre cinéaste en scooter passera dix jours au Liban (...). Il reprendra la route vers Amman, Aqaba, l'Égypte, l'Éthiopie puis l'Afrique du Nord française. L'année 1954 aura été marquée par un fait nouveau : l'apparition du scooter...

