Henri Proglio a renoncé hier à la présidence non exécutive de Thales, à la veille de l'assemblée générale qui devait le désigner à ce poste, après six mois de psychodrame entre les principaux actionnaires, l'État et l'avionneur Dassault, autour de la gouvernance du groupe de défense.
L'ancien patron d'EDF et de Veolia a fait cette annonce fracassante dans un entretien au journal Le Monde, en dénonçant une « campagne » de Bercy contre lui « pour des considérations politiciennes ». « Il faut arrêter de me prendre pour un guignol, un espion, un goinfre, un traître... », a déclaré M. Proglio. Il répondait ainsi au ministère de l'Économie, qui juge que ses relations notamment avec l'agence publique russe de l'énergie atomique Rosatom sont de nature à créer des « conflits d'intérêts ».
« Il était normal que nous demandions à Henri Proglio de choisir entre des fonctions éminentes de dirigeant même non exécutif à la tête de Thales et des engagements réels, rémunérés auprès de grands acteurs du secteur militaire et civil, en particulier nucléaire, russe », a déclaré Emmanuel Macron, en marge d'une signature dans le cadre du plan d'investissement Juncker. « Cela ne nous paraissait pas compatible. C'est un problème d'éthique et de conflit d'intérêt », a-t-il ajouté.
Quoi qu'il en soit, cette décision signifie que l'actuel PDG de Thales, Patrice Caine, qui devait céder son poste de président du groupe à M. Proglio tout en demeurant directeur général exécutif, pourrait conserver pour l'heure ses fonctions actuelles à la tête du groupe d'électronique de défense.
L'État et Dassault se sont accordés à la mi-avril pour désigner chacun un membre supplémentaire au conseil d'administration, soit 6 pour le gouvernement, 5 pour Dassault Aviation sur un total passant de 16 à 18.
(Source : AFP)
Économie - France
Thales : se sentant acculé, Proglio jette l’éponge
OLJ / le 13 mai 2015 à 00h00

